‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 260 sur 267 · Voir plus haut · texte numérisé non relu

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2. Parmi les fondations purement bénédictines , qui devenaient plus rares, en France, à mesure que se développaient les ordres nouveaux émanés de la règle primitive, il faut signaler Maurigny, prés d'Etampes, doté en 1106 par Anseau fils, Arembert et llaimon de la Ferté-Baudouin, aux moines de Flavy, et bientôt comblé des donations de Philippe I" et de Louis VI : parmi ses bienfaiteurs, elle compte Ermanric, bourgeois d'Etampes. La chronique de Muorigny est une des sources les plus importantes dans l'histoire de celte période : elle est dans les Scriptores de Duchesne, t. IV.

elle-inème, d'accord avec son premier époux, Loich enSouabeSpuis, avec le second, cette «grande abbaye de Kloster Neuburg, qui a échappé, jusqu'à présent, à la sécularisation, et forme encore l'un des plus nobles monuments des rives du Danube.

xVgnès se remaria dans la suite avec le margrave Léopold d'Autriche, qui a été depuis canonisé et iuiquel elle donna dix-huit enfants. Comme un jour ces deux époux, devisant ensemble sur l'opportunité de fonder un monastère en l'honneur de Marie et pour le salut des âmes, demandaient à Dieu de les éclairer sur le choix du site, un vent léger vint enlever le voile de la princesse et le porta au loin. Or, neuf ans plus tard, le margrave ayant, un jour à la chasse, retrouvé le voile de sa femme accroché à un arbre, n'hésita pas plus qu'elle à voir dans ce fait un indice de volonté divine; et tous deux fondèrent en cet endroit la Sfrande abbaye de Kloster Fomiaiion

• ,1 , *'6 l'abbaye

Neuburo^ qui, située aux portes de Vienne, a échappe de

,, , , , V. . Kloster-Nmihur!.

jusqu a présent a la confiscation, et compte encore pn's do vionne. cent paroisses sous son obéissance ^

1 . Vers 1 100, au diocèse d'Augsbourg ; ne doit pas être confondu avec l'abbaye de Lorsch beaucoup plus ancienne, au diocèse de AVorms.

2. De l'ordre des chanoines réguliers en 1114. Concordes animi et uno spiritu arbilrati leni gratain Altissimo fore.... B. Marirc templum condere.-.. ob lionoreni Dei et anirnaruin salutem ... et cuni de loco îcdis construendfc cogitarent, divina quasi volunlate venlus coercitus (lammeolum Agnetis capite leviter sublatuin.... Elapsis novem annis, marchio venationis acluin exercens, llammeolum.... .«^uper frutice sambuci invenit integrum. Oratio de S. Leopoldi et Sunimar Canonizal. S. Lcopold. ap. I'az, Script, rer. Austriac.,t. I, p. 579 et 010.

Le comte palatin Sigefroy, avant de tomber sous les coups d'Henri Y, et la comtesse Iledwige d'Altenalir, installèrent une colonie d'Afflighem à Laach\ dont l'église à six tours, au bord d'un lac solitaire et pittoresque, forme encore un des monuments les plus précieux de l'arcbitecture romane dans les contrées du Piliin.

Les comtes d'Andechis et de Spanheim fondaient l'un et l'autre, à la porte de leurs châteaux, des monastères qui ont perpétué leur nom jusqu'à nos jours\ Le comte Wiprecht de Svoitsels, l'un des plus redoutables adversaires de l'empereur, dota en Saxe, Pagau et Reinersderf, avec le concours et d'après les conseils d'Othon, évoque de Bamberg\ Ce saint prélat, l'un des hommes les plus vénérés de cette époque et que se disputaient à l'envi les deux partis ennemis, portait à l'Ordre Monastique ralTection la plus dévouée et la plus active. Il voulut lui-même devenir moine à l'abbaye de Saint-Michel dans sa ville épiscopale; mais, après y avoir fait

1. Celte admirable église, commencée en 1093, par Henri, comte de Laacli, fut terminée en 1112 : quand je l'ai visitée en 1853, elle servait de grange à un fonctionnaire prussien nommé Delius. On peut en voir une lithographie exacte dans l'ouvrage de M. Sulpice Boisserée, intitulé : Monmnents du Bas-Rhin. V. pour les détails de la fondation BnouwEB, Aiin. Trevir., lib. Xlil. p. 7 et Wab., Ckron. Bened., 1. 72, p. 47.

2. Andulu, non loin de Munich, 1 120, et Spanheim, près de Kreuznac, en 1 12i.

5. Mabill., Ami. Ben., 1. 71, n. 90. Vito Wipraciit, c. vi-x, ap. Gtiv- VAis. I. 88.

LES PRÉDÉCESSEiiKS DE CALIXTE II. COU vœu (rubéissaiice, il lut contraint par l'abbé, en vertu de cette obéissance nieine, de reprendre ses fonctions épiscopales. 11 s'en dédommagea en fou- ouion. .v(-,|uo

... «le Baniher?,

dant ou en restaurant qunrze abbayes et six pneu- ipstauiaicui

et foinJateiir

rés, tant dans son propre diocèse (jue dans les .rnhbay.s

contrées voisines. Et à ceux qui lui reprochaient de

consacrer à cet usage tous ses revenus, et de

n'en rien réserver pour le service de l'empereur, il

répondait : « Ce sont des hôtelleries dont nous

« n'avons que trop besoin, dans cet exil du monde,

a où nous voyageons loin de Dieu. Le monde n'est

« qu'un exil, et la vie qu'un voyage, où ceux qui

« sont encore éloignés de Dieu ne sauraient ren-

« contrer trop d'hôtelleries. »

Othon avait confié la principale de ses fondations, Prùfening\ à un moine de Hirschau, Ermenold'', non moins charitable que zélé. Or, dans une grande disette, le saint homme, ayant vidé les caves et celliers de sa maison pour nourrir les pauvres des

1. Micliclsberg, Pharis, Bantz,.Vai'au, Michelwend, Entzders, Priifening, Gengenbacii, Sentauer, Stein, Uegentsters, Arnolsteiii, Clunick, Biljurg, Ilosterhof. Mabill., Ann., 1. c.

2. Près Katisbonne. 11 y a un ouvrage spécial sur ce monastère : Fonlilef/iiini sacrum sivc fundatio uisignis monast. S. Georgii marbjris Ord. S. Bencd. vidgo Prufening dicli, etc. II. P. F. MELCiuonEWE.\ER, ejusdern tnunaslcrii scniore. Ingalstadii, IG'iO.

5. Il avait été d'abord abbé de Lorch, fondé par la sœur do rempereur Henri V; mais, apprenant que celui-ci se vantait de lui avoir fait un beau cadeau en lui donnant cette abbaye et qu'il en espérait un retour, il eut horreur du soupgon de simonie, et s'en retouina à Hirschau avec quarante de ses moines. Mabill., 1. 71, c. 24.

environs, eut à souffrir lui-môme, avec ses frères, d'une cruelle famine, jusqu'au jour où un seigneur (lu voisinage le vint secourir. Cependant, si les portes de Prufening restaient toujours ouvertes aux pauvres du Christ, l'abbé savait les fermer à la majesté impériale. Lorsque Henri V vint visiter l'abbaye, Ermenold ne voulut pas communiquer avec un excommunié*, il refusa, malgré les prières de l'évêque Othon lui-même, et malgré les menaces du cortège impérial, de recevoir le monarque. L'empe reur eut le mérite de respecter ce noble courage, qui devait valoir au vénérable religieux la palme du martyre.

En Angleterre, Henri P' fonda plusieurs monastères, entre autres celui de Reading, qu'il soumit à Cluny et où il choisit sa sépulture. Cette abbaye, située au point de jonction des principales routes du royaume, et munie d'un hôpital et d'une léproserie, devint comme la plus grande hôtellerie d'Angleterre, et compta toujours, grâce, à son infatigable hospitalité, plus d'hôtes que d'habitants^ Croyland, qui avait été, du temps des Saxons, le plus vénéré

1. Venerobilis Otto se interponens ; neminem, ait, devitare debemuset tenemur, de cujus nobis excommunicatione non constat. Quo contra vir Dei.... ne gratise fundatoris nec imperatorise déferons majestati, veritalem libère testarctur : non possum, inquit, sententiam ignorare, quam ore meo memini promulgatam. Act. S- Ermenoi.d.

'2. llospitalitatis indefesste et dulcis indicium.... ut plus liospites, tolis boris venientes, quam inhabitantes insumant. Guiu.elm. Malmesb. -46, 2. Deponl. Angl., Monast. Anglic, t. I", p, 419. Ann- Bened., 1. 73, n. 143.

LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. 071 des monasloros anglais, sortit de ses ruines par les soins de son savant abbé, Godefroy d'Orléans, que l'on a déjà vu présider à la fondation de l'université de Cambridge. Godefroy eut le bonlieur d'achever cette œuvre, en employant un moyen très-usité en ce temps-là^ : des moines, porteurs de reliques et L.^stiuôh,

pour rétablit"

d'mdulgences, allèrent, au nom des évoques anglais, les

moiiastèi'es

les offrira tous ceux qui voudraient bien s'engager h •i.in.its. leurvenir en aide". Ces quêteurs parcouraient nonseulement l'Angleterre, mais encore l'Ecosse, Tirlande, la Flandre et la France ; ils revinrent avec beaucoup d'argent, et, trésors bien préférables, avec un grand nombre de religieux étrangers % tant était sincère et profonde la confraternité qui unissait toutes les nations chrétiennes et dont l'Ordre Monastique était le principal ciment. La pose de la première pierre de la nouvelle église, en 1M4, se fit avec une solennité et au milieu d'une affluence qui attestent la sympathie publique des hommes du onzième siècle pour de telles entreprises : pen-

1. Voir le curieux récit du voyage des chanoines de Laon en France et en Angleterre, entrepris dans un but analogue, par lo moine llermann. D. Mirac. S. Mar. Laudun, 1. I, imprimé par Dacliery, à la lin des œuvres de Guibert de Nogent, p. 536 à 542, et extrait par D. Lelong, Ilist. du dioc. de Laon, et Vllist. lillér. de France, t. XII.

2. Ab Episcopis Anglicanis indulgentiam tertiae partis pœnitentia-. rum impetravit, pro iis omnibus, xc. Mabill., Ann. Bened., 1. 71, n. 87.

5. Quod tam féliciter successit, ut non modo magnam pccuniœ summam qurcstores illi attulerint, sed ctiam multos ad raonasticam vitam adduxerint. Ibid.

dant que quatre cents moines étrangers mangeaient au réfectoire des religieux, les comtes, les seigneurs et les chevaliers du voisinage dînaient dans la salle de l'abbé; plus loin, dans les cloîtres, étaient rangées six longues files d'hommes attablés, avec leurs femmes, et, en plein air, plus de cinq mille laboureurs, ouvriers, hommes de condition inférieure, étaient servis par les moines eux-mêmes. Deux princes qui avaient étudié à Orléans sous l'abbé Godefroy, Thibaut le Grand, comte de Champagne et son frère Etienne de Blois, monté depuis peu, sur le trône d'Angleterre, et l'un et l'autre neveux du roi Henri, mirent le sceau à la solennité en venant embrasser leur ancien maître, et en lui apportant, de la part de leur oncle, la confirmation royale des immunités octroyées à l'abbaye \

Tandis qu'un moine normand, RaouP, siégeait, à la place de saint Anselme, sur le siège primatial de TAgleterre, les Écossais voulurent avoir un moine anglais pour archevêque de Saint-André et pour primat d'Écosse\ Éadmer, l'ami et l'historien de saint Anselme, que le roi Alexandre d'Ecosse avait demandé à l'église de Cantorbéry pour remplir cette charge, eut à subir de grandes traverses, il ad-

1. Pktuus Blesensis, ap. Mauill., Ann, Bciictl., 1. 72, n. 71.

"1. Fils de Sil'froy, seigneur de Scurris, avait été abbé de Séez et évoque de Rochester avant d'être élu en 1114 archevêque de Cantorbéry.

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