‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 29 sur 267 · Berniiold., ad ann · texte numérisé non relu

Berniiold., ad ann

toute communion avec la tyrannie, et que sa seule ambition était de se réfugier dans n'importe quel pays où il pourrait être à jamais délivré de la vue du tyran\ Assailli au milieu de la nuit parles assassins, il fut accablé de coups de pierres et de bâtons, puis enfin percé d'une lance dont le fer lui resta dans les entrailles. On le transporta mourant i\ Tabbaye voisine d'Ilsemburg, qu'il avait réformée et où il avait déjà choisi sa sépulture, car les monastères étaient, en Allemagne, plus que partout ailleurs, l'asile mortuaire des évêques orthodoxes. Il y expira en chantant un hymne au Prince des Apôtres, à qui la dernière offrande de sa vie était ainsi présentée". Quelques mois après, la mort enleva le saint archevêque de Saltzbourg, Gebhard% rétabli, depuis peu de temps, dans sa métropole par Tépée du comte Engelbert et de ses chevaliers. Les moines de l'abbaye d'Admont, fondée par l'évêque, reçurent son corps et gravèrent sur sa tombe l'épitaphe que voici : « Il a souffert pour la justice; il a « subi l'exil par la haine du roi ; il a préféré la mi- « sère au schisme... Il a obéi, ô Rome, à tes juge-

1. Tyrannicsc communionis consortium tanquam ' letiferam pestem quoad vixerit fugiendam decrevisse. Ea propter id sibi potissimum cordi esse, quatenus.... quodcumque sors obtulerit, exiliiim expctat, ubi non soluin a communione, verum etiam ab aspcclu tyranniperpe • tuo exsors maneat. An7i. Saxon, ad. ann. 1088

2 Ilymnum ; Jam bone Pasior Pelre, altisona voce exorsus. Ibid.^ 6 avril 1088.

: 3. Mort le 15 juin 1088.

« ments... Fidèle à la loi de Dieu, il n'a craint ni « le roi, ni la force, ni la honte* ». Henri voulut aussitôt le remplacer par une de ses créatures et lui substituer un intrus de sa façon ; mais les catholiques de la province choisirent parmi les moines un prélat orthodoxe dans la personne de l'abbé de Saint-Pierre, Thiémon, noble Bavarois, qui avait été religieux au monastère de Hirschau dont, nous l'avons dit, le saint abbé Guillaume avait su faire le foyer de la résistance catholique en Allemagne.

Cependant Henri, fortifié par la mort de l'éveque de Ilalberstadt, par la soumission de l'archevêque de Magdebourg et par la conduite équivoque du margrave Ecbert, put tenter de nouveau la soumission de la Saxe, et il l'avait à peu près achevée, lorsque Ecbert le surprit et le défit près de Gleichen en Thuringe". Burkhard de Lausanne, évêque marié, par un scandale unique au milieu même des désordres de son parti*, et digne à ce titre de

i. Propler justitiam toleravit etipsc rapinam;

Régis ob hanc odium fiigit in exilium, Malens ille miser quam schismatis esse minister . .,

Scrvans, Roma, tuo débita judicio....

llic pro lege Dci ncscivit ccdere Régi, Vol cuiqiiam forti, vcl quoque dedecori.

AcTA S. Gebii. ap. Canis., Lect. antiq.. VI, p. 1237.

Page 1