Ep. VI
0. ...El quid regios milites, sanctas videlicet saccrdotes oportet
il à rarchevêque de Mayence gh 1075, « on vous « dira que vous avez le droit de remettre à un au- (( tre temps la stricte exécution de nos décrets ; « mais répondez hardiment ceci : quand des cheva- « liers ont élé avertis de se tenir prêts à la guerre, « que doivent-ils faire, s'ils apprennent que les (( ennemis portent le fer et le feu dans le palais de (( leur roi? Doivent-ils saisir immédiatement leurs « armes pour chasser et pour écraser l'assaillant, « ou hien rester tranquillement à considérer ce (( que tentera l'ennemi ? Or, que fait l'esprit du « mal, si ce n'est de dévaster sans cesse l'Eglise du « Christ par le feu des vices, et que doivent faire « les chevaliers du grand roi céleste, c'est-à-dire <( les prêtres sacrés, sinon de s'élancer au combat, c( armés du bouclier de la charité et du glaive de « la parole divine?... Ah! combien ne devons- « nous pas rougir! Des chevaliers séculiers entrent « tous les jours en lice pour leur prince temporel, <( tous les jours ils bravent le péril pour lui; et (( nous, qu'on appelle les prêtres du Seigneur, <i nous ne combattrions pas pour notre roi, pour « ce roi qui a tout fait de rien, qui n'a pas craint
(accre, nisi... clypco caritalis muiùtos gladio divini verbi accinctos auctoritatis vi{?ore coiisiirgcre; multum namquc del)ct iiobis videre pudcndum quod quilibet sœculi milites... Et nos qui sacerdotes Uoniini diciinur, non pro illo nostro rege pugnemus qui omnia iecit ex nihilol Epist, lil, 4. Voir aussi, Appcnd., n. 15, la belle letlre dont parle Hugues de Flavigny. p. 250.
« de subir le dernier supplice pour nous, et qui « nous promet une récompense éternelle ^ î
Lors donc que Grégoire voyait la milice du Sei- douIoui dui.ape.
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gneur miidele a sa mission, il ne pouvait contenir la pusiuanimiio
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la sainte énergie de ses reproches. Avec quelle in- .'vêques français dignation ne s'élevait-il pas contre la faiblesse des vie scandaleuse eveques de rrnnce, en lace des scandales et des crimes de leur roi Philippe P"" !
« C'est -vous, mes frères, écrivait le pontife, qui (( êtes les coupables, vous qui, pour n'avoir pas « su résister avec la vigueur sacerdotale nécessaire « aux scélératesses du prince, êles devenus les « complices patents de ses iniquités! Nous le (( disons à regret et en gémissant, mais il le faut : « nous craignons beaucoup que vous ne receviez la (( récompense non des pasteurs, mais des merce- « naires, puisque, voyant le loup déchirer, sous (( vos yeux, le troupeau du Seigneur, vous avez « pris la fuite et êtes allés vous cacher dans le « silence, comme des chiens qui ne savent plus (( aboyer... ! Que si, par hasard, il vous était entré (( dans la pensée que la répression des fautes du (( souverain est chose contraire au droit et incom- « patible avec le serment de fidélité que vous lui « avez prêté, sachez que vous êtes dans une grande « erreur; car nous pouvons facilement vous proues ver que celui qui a sauvé un homme du nau-