‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 39 sur 267 · Berthold · texte numérisé non relu

Berthold

5. Labbe et Pagi ont prouvé que ce concile, mal à propos placé pai' Baronius en 1090, avait eu lieu en 1069; et S. Marc {Hist, dltalic,

Welf.

LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. 105 il publia une série de canons destinés à confirmer les sentences déjà lancées contre les investitures, la simonie, le mariage des prêtres, la présence de clercs à la cour des princes \ et par lesquels il était interdit aux personnes eccléfiiasti(]ues de se faire, à aucun titre, les vassaux des laïques^. Dans la même assemblée, le pape reçut l'hommage-li^^e et le serment de fidélité de Roger, fils de Robert (iuiscard, auquel il confirma la possession du duché d'Apulie, en lui remettant la bannière ducale^.

De plus en plus assuré du concours des Nor- Mariage mands, Urbain conçut un plan pour réunir etcoor- de la comtesse donner les forces dont disposaient les partisans de avec le jeune duc rÉglise orthodoxe en Italie et en Allemagne. Il détermina la comtesse Mathilde à épouser le jeune Welf, lils du duc de Bavière, l'un des principaux chefs des catholiques allemands. Ce mariage était disproportionné, car Mathilde avait quarante-trois

t, IV, p. 840- i9) soutient avec raison, ce nous semble, que c'est le même dont Berthold a parlé comme ayant été tenu à Rome en cette même année.

1. Clericorum acephalorum genus.... qui in curiis morantur, Cax. 9, ap. Baron, ann. 1U90.

2. Ne gravauien aliijuod sancta patiatur Eccicsia, nullum jus laicis in clericos esse volumus et censemus.... si forte clericorum aliquis cujuslibet laicis possessionibus usus fuerit, aut vicarium qui debitum reddat, inveniat, aut posscssione cadat, ne gravainen Ecclesirc inferatur. Can. II, ibid. — Urbain, dans ce même concile,, fit droit aux plaintes de plusieurs évêques, en interdisant aux abbés de la contrée de recevoir de nouvelles donations exemptes : il confirma toutes les an ciennes. Pagi. Cril. in ann. 1090, n. 3.

5. Ligius cjus homo ei'fectus.... acccpit per vcxillum ab co terram cum ducatus honore. Romuald Salem. Chr. ad ann. 1090.

Wi LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II.

ans, tandis que Welf n'en comptait que dix-huit; mais il se fît, contre le gré de la comtesse, pour le bien de ^Eglise^ L'harmonie entre les deux époux ne pouvait pas durer ; cependant, dans les commencements, il n'y eut point de dissentiment entre eux. Welf se montra, comme son père, un vigoureux champion de la cause pontificale, ce qui causa de vives inquiétudes à l'Empereur^ et le détermina à revenir en Italie, où il s'empressa de saisir toutes les possessions de Malhilde en deçà des monts et au nord des Alpes". Il descendit ensuite en Lombardie (1090), investit Mantoue, l'une des villes principales des États de la comtesse, et s'en rendit maître après onze mois de siège*.

Les Romains du parti impérial ouvrirent de nouveau leurs portes à l'antipape Guibert, et, pour la troisième fois depuis la mort de Grégoire, ils s'emparèrent du château Saint-Ange.

Les catholiques en furent réduits à offrir la paix à l'Empereur : le duc Welf s'engagea à se réconcilier avec lui, s'il voulait seulement renoncer à Guibert et restituer les domaines confisqués. Pour la troisième fois Henri refusa^ Son triomphe l'enivrait : la prise de Mantoue entraîna bientôt la

'1. Iiivitam licet, jam provectioris atalis.... nunquain voluit cornmisceri viro. Rarokius, ad ann. 1089, n 9. 2. Beutiiold.

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