Baron., ad ann. 1095, c
2. Ce dcsintcTcsscinciit paraît tellcmeiiL inexplicable au protestant Liidcn, qu'il essaye de nous persuader qu'Urbain céda à la conlrainti eu prêchant la croisade, et que ses discours à Clerniont n'expriment qu'un enthousiasme artiliciel. Erhûnstcl 1er Degeisterung, tom. IX. p. 204, 277. Et c'est ainsi que, depuis la Réforme et la Renaissance, ou interprète les annales de Jios a'ieux, au mépris des faits les plus éclatants, tels, par exemple, qiie les deux grands conciles de Plaisance et de Clerraont; au mépris des assertions les plus incontestable^ et du témoignnge unanime des contemporains. C'est ainsi qu'on voit une école d'historiens faire effort pour Iransformer en actes de bas-
d'arfmlilisSf'iiiciil
LKS l'RÉl)ÉCl!:SSKU;> 1H: CALIXÏi; II. Il En réalité, ce déplacement inouï des Ibrces viv»:s Us ciois;i.Jo>
lie
de rEslise ne l'ut point pour elle une cause d'alï;ii- imeni pmIi.i
blissement; au contraire, son autorité n'en (ni «jne un« cause
})lus enracinée. Cependant, comme garantie d'u^i ^i
yrand résultat, le pape n'avait qu'une absolue cou-
liance aux promesses éternelles duChrist^ Rien donc
de })lus admirable que l'indomptable résolution du
pontife, si ce n'est l'entraînement merveilleux du
monde catholique à lui répondi'e. On saitoomn^'al
le cri daDicu lo veut! qui avait accueilli les paroies
d'Lrbain à Glermont, retentit d'un bout à rautre
de la chrétienté, et comment tout à coup iîOui'rla
sur l'Europe comme un vent impétueux, qui éloi-
gnit toutes les discordes, et répandit dans les âmes
un esprit d'en haut auquel rien ne pouvait résister \
sessc et d'hypocrisie les grandes actions de ceux dont ils oui loujuurs ignoré ou renié la loi, et dont ils ne sauraient, par conséq[ueut. cumiprendre l'àme et le génie. Jugeant des autres d'après eux-mêmes, et se sentant profondément incapables d'un dévouement quelco^qu< à des causes en queliiue sorte surhumaines, ils trouvent plus facile el plus simple d'expliquer, i)ar les motils les plus vils, la grandeur, fci;.rnaturelle pour eux, de nos pères, et ils ne choisissent dans rhisloire, jmur en Caire l'apologie ou le panégyrique, que des personnages nui MO les mettent jamais dans l'embarras d'expliquer les motifs de I nmagnanimité.
1. Sic l'rbano agentc, relloruit orbis : nam pacem renovaas, t<:<'iesi;e jura sua restiluit, et paganos de terris christianorum expelii :»;cit. Et qucniam res Dei curavit, elïecit vicissim Dtus, ut omne.- ultro ei se subjicerent. FuLcutii, Caungt., IlisL JlicrosoL, I, l
2. Guibert de logent, Gcsl. Dei, II, 3, emploie une image aiiiogue, quoique ditlérenterEt sicuti rapidissimi venti impetus solel i::)ii nuigna pluviie unda restringi, ita illico contigit ad inviccni sirn -i ales universoriim et bella sopiri, per inditam sibi aspirulionpjn. li;. i-l dubium quin Clnisti. Gliu, >o\ig., I. c.
On sait comment non-seulement les princes et les chevaliers, mais môme les paysans et les serfs, se levèrent en masse pour courir sus aux infidèles*; comment riches et pauvres, hommes et femmes, vieux et jeunes vendaient tout pour faire le voyage de Dieu^\ comment les moqueurs de la veille, atteints par la contagion de l'exemple, devenaient les enthousiastes du lendemain^; comment enfin les pauvres laboureurs, guettant au passage les seigneurs pour se joindre à leur troupe*, partaient dans des chariots traînés par des bœufs et sur lesquels ils transportaient non -seulement leur avoir le plus précieux, mais même de petits enfants qui, chaque fois qu'une ville ou qu'un château se présentaient, demandaient naïvement si ce n'était pas là Jérusalem^ Depuis la Galice jusqu'au Dane-
1. Jam Palatinorum comitum priiriebat intentio : et mediocritas €queslrium virorum parturire jam cœperat : cum ecce, pauperum animositas tantis ad hoc ipsum desideriis aspiravit, ut eorum neiiio de censuum parvitate tractaret, de domorum, vinearum et agrorum oongruenti dislractione curaret, etc. Ibid.
2. Quisque.... de proponenda via Dci.... quosque sollicitât. Ibich 5. Dum hodie super omnimoda aliorum venditione cachinnant....
in crastinum repenlino instinctu pro paucis nummulis sua tota tradcntcs, cum eis proliciscebantur quos riserant. Ibid.
4. Catervatim concurrcbaiil populi, ubicumque unum de principibus iturum se novissime audierant, ut se illius comitalui sociarent. GoiLL. Tyii. c. 23.
5. Bobus viroto applicatis.... substantiolas cum parvulis in carruca convehere; et ip?os infantulos, dum obviam liabent quœlibet castella vel uibes, si hroc esset Jérusalem, ad (luam tenderent rogilare. (jluiB. Nov. 1. c.
marck, on vit les peuples s'ébranler et accourir', a Oh ! la bonne semence, disent les contempo- (( rains, que la parole du pasteur suprême ! Oh î (( qu'ils sont admirables et les fleurs et les fruits « qu'elle produitM 0 grâce inestimable et mev- « veilleuse de la Providence, qui, pour l'amour du « Christ, et sous sa seule souveraineté, réunit tout u à coup en un seul corps tant de membres épars « du Christ% tant de peuples si différents les uns « des autres par le langage et par la patrie*!
1. Gallicios extremoi hominum. 0«der. Vit., 1. IX, p. 725. Le frèio du roi de Danemarck arriva avec deux évêques de son pays où la foi venait à peine d'être établie.
2. 0 fidei semen, bona germina quotmodo pricbes, Cum riitili flores refluunt pastoris aL ore,
Et pariuiit fructus Domini dignantcr in usus!... Sexus uterque Deo gliscit pai^n^e sereno ; Certatim currunt Christi purgare sepulcrum.
DONIZO, 1. II, G. 10.
ô. Eo temporc quo omnis terra festinabat venire in Jérusalem.... iml quicdam trircmis magna et fortis quae plena liominibus ariinatis, volucri cursu tendebat propcrare in Ilierusalem ut Cliristiano exercilui auxilium ferrct.... Erant aulem in ipsa maxima navi, homines diversarum nationum, Francorum scilicet, Burgundionum, Aquitanorum, Wasconum, Ilispanorum, Italicorum, Siculorum, Calabriduni,
>edet aliarum nationum Un orage survient : les gens de chaque
pays invoquent leur saint national, les Français, saint Denis; les Poitevins, saint Hilaire; les Tourangeaux, saint Martin ; les Orléanais, saint Aignan; les Limousins, saint Martial ; les Toulousains, saint Saturnin ; les Auxerrois, saint Germain; les Vermandois, saint Quentin, etc. Mais l'orage ne s'apaisa que lorsqu'un homme du Ponthieu leur eut per- <ua'Jé d'invoquer, tous ensemble, saint Uiciuier fondateur et premier abbé de la grande abbaye de ce ncm. Voy. ci-dessus, 1. 1, c. 3, Vakiulf., De mirac. S. lik/tar., c. 5, in Act. SS. 0. H., t. VII, ad ann, 981. ^ Mira et inestimabili divinitatis dispcnsatione totX'' membralin-
du s<;iint [)èlerin;iu
du voyiif^e de Dieu
Voi LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE 11. La « iNon, jamais la ^aierre n'a fourni aux sages, aux
douco soif . , . . I 1 •
« poètes, aux écrivains un plus glorieux sujet qut « ces exploits des soldats du Seigneur. Avec et- « peu de chrétiens arrachés à leurs foyers pai v-( la DOUCE SOIF ^ du saint pèlerinage, rÉglisc « triomphe de tous les païens d'Orient. Le Dieu « d'Abraham est là, qui renouvelle ses anciens mice racles : il attire les hdèles de l'Occident par « l'ardent désir de contempler le Sépulcre du Mes- « sie; il les guide par la seule voix du pape Ui- (( bain, sans l'intervention d'aucun roi, d'aucune « puissance séculière ; il les attire de tous les coins « de la terre, comme autrefois les Hébreux de la (( terre d'Egypte ; il les conduit à travers les nations <( étrangères jusqu'en Palestine, et par eux il arrive « à dompter glorieusement les cités, les peuples el
iiiKiui ji <( les rois^ »
. véritajji. Ainsi, le véritable promoteur de la croisade, ce
[ii'omoteui „ , iT 1 • - r\' nT-i
de lut le pape Urbain". Pierre 1 Ermite, en effet.
croisade 11 ctait quc 1 auxilian'c enthousiaste du pontife, el
y;im, Iribubus el nalioiiibus dilTerciUia. subito in uiuim X" carilal( coaliicrc corpus, uiio omnos Christo regc, sed siiiyiilis siiigula' génies ducibus procuraUe. Aiin. Saxon, ad ann. 1096, p. 581.