‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 74 sur 267 · l'aiiis Christi, panis pinguis est. Ms. Vicl. l. c · texte numérisé non relu

l'aiiis Christi, panis pinguis est. Ms. Vicl. l. c

MOiNF.s d'occ. vir. 13

L'iitrucs le Lcup,

comte

de Chester,

attire Anselme

on

Aiiiileterre.

Sur les entrefaites, Hugues le Loup, comte de Chester, l'un des barons les plus belliqueux et les plus puissants de la noblesse anglo-normande*, écrivait à Anselme pour lui annoncer son intention de fonder un monastère dans son comté, et pour le prier d'y conduire une colonie de moines du Bec. Hugues le Loup avait passé sa vie à guerroyer contre les Gallois qui n'avaient point encore subi le joug normand : c'était un homme trèsriche, très-prodigue, aimant le luxe et la bonne chère, traînant partout avec lui une armée de serviteurs, de bouffons, de chiens, très-adonné aux femmes et à toutes sortes d'excès. Mais, dans le cœur du chevalier, le bien reprenait souvent le dessus. Il avait pour chapelain un saint prêtre d'Avranches, qui le sermonait, le grondait sans relâche^ lui rappelant les histoires des saints de l'Ancien et du Nouveau Testament, et surtout celles de nombreux guerriers, irréprochables sous la cuirasse, tels que saint Georges, saint Demetrius, saint Maurice, saint Sébastien et surtout Guillaume, le fameux duc qui avait fini par se faire moine ^ Le comte de Chester était, depuis long-

1. In militia promptus, in dando nimis prodigus, gaudens ludis et îuiibus : mimis, equis et canibus,... non familiam secum sed exercitum semper ducebat.... Ventris ingluviei serviebat ... E pellicibus plurimam sobolem genuit. Order. Vit., IV, 522, et VI, 598.

2. Ordkr., 1. c. Il réussit si bien, que le comte Hugues finit par mourir moine à l'abbaye de Saintc-Walpurge, comme nous l'avons dit plus haut.

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temps, étroitement lié d'amitié avec Anselme*, et il est probable qu'au milieu de la douleur qu'excitait, dans toute l'Angleterre, la vacance prolongée du siège priniatial de Cantorbéry, il avait dit au roi que l'abbé du Bec lui semblait le candidat le plus convenable pour remplacer l'illustre Lanfranc. Déjà, dans la Normandie, l'on se répétait tout bas que, si Anselme passait la mer, il serait, à coup sûr, nommé arclievêque à la place de Lanfranc ^ Et, cependant, rien n'était moins probable. Gomment le roi, qui conservait les investitures et refusait de reconnaître Urbain II, pourrait-il songer à Anselme? D'ailleurs, l'abbé du Bec avait non-seulement reconnu Urbain II, l'ami de la France, mais de plus obtenu du pnpe la faveur de l'exemption pour son abbaye \ Ajoutez à cela qu'il s'était, en toute occasion, associé aux efforts de Grégoire YII, contre les investitures, la simonie et le concubinat, et qu'il avait reçu du pontife, objet de haine pour tous les princes de la catégorie du roi Roux, cet éloge magnifique : « Le parfum de tes « vertus est venu jusqu'à nous; nous en rendons « grâce à Dieu ; nous t'embrassons de cœur dans « l'amour du Christ, nous tenons pour certain

1. Certe amicus meus farailiaris ab antiquo cornes Cestrensis Hugo luit. Eadm., p. 34.

2. Jam eniin quodam quasi prsesagio mentes quorumdam tangebantur. Ibifl.

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