‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 78 sur 267 · Niliil est quod facitis, nihil est quod facitis. Eadm · texte numérisé non relu

Niliil est quod facitis, nihil est quod facitis. Eadm

3. Instantur lacrymse meaî, et voces, et rugitus a gemitu cordis mei, quales nunquam de me ullo dolore memini cxiisse.... aqua bencdicta me aspergentes, eam mihi potandam porrexerunt. Ans., Ep. III, I.

4. Pro hoc volonoveris quambene corrigere poteris quod de menuiic actum est, quia nec conccssi, nec concedo ut ratum sit. Eadm., 1. c.

LKS PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. 205 rait, accompagné par les évèqucset par toute la noblesse, il se retourna vers eux et leur dit: « Savezvous ce que vous voulez faire? Vous voulez atteler sous le même joug un taureau indompté et une pauvre vieille brebis... Et qu'en arrivera-t-il? le taureau furieux traînera la brebis à travers les ronces et les broussailles, et la mettra en pièces sans qu'elle ait été utile à rien. L'Apôtre vous a dit que vous étiez les laboureurs de Dieu. L'Eglise est donc une charrue, et cette charrue est traînée, en Angleterre, par deux grands bœu fs, le roi et TarchevèquedeCantorbéry : l'un travaille pour la justice et la puissance séculière, l'autre pour la doctrine et la discipline. L'un des deux, Lanfranc, est mort; il ne reste que l'indomptable taureau avec lequel vous voulez m'alteler. Si vous n'y renoncez pas, votre joie d'aujourd'hui sera changée en tristesse, vous verrez l'Eglise retomber dans le veuvage, même du vivant de son pasteur; et comme aucun de vous n'osera lui résister après moi, le roi vous foulera tous aux pieds comme i. lui plairai »

1. Intelligitis quid moliraini? Indomitum taurum, et vetulam ac debilcm ovem in aratro conjungere sub uno jugo.... et quid inde provenial?... Âratrum ccclesiam perpendite juxta apostolum dicentem Dei agrlcuUura estis (I Cor. m, U). llocaralriim in Anglia duob oves.... trahunt et trahendo regunt, rex et archiepiscopus : iste ssecularijus titia et imperio, ille divina doctrina et magisterio. Iloi-um boiim iinus, .scilicotLinfrancus, etc.... vos quoque pioculdubio pro libitu suo non dubitabit conculcare. — Celte scène, si importante pour faire! uger Je caractère d'Anselme et celui de l'époque, se passa le 6 mars iOD3.

Le roi fit aussitôt investir l'archevêque de tous les domaines de rarchevêclié, et exigea qu'il y demeurât, jusqu'à ce que les réponses demandées en Normandie fussent arrivées. Elles ne tardèrent pas. L'archevêiiue L'archcvêque de Rouen ordonnait au nouvel élu, au

«le Rouen i tv i • t\' i ' • i

ordonne uom dc Dicu ct dc samt Pierre, de ne pas résister*.

à Anselme • i r» i i i •

d'obéir Les moiucs du Bec eurent beaucoup plus de peine <iésh dn roi. à conscutir au sacrifice qui leur était demandé. C'étaient eux surtout que regrettait Anselme, qui n'aimait rien au monde autant que son abbaye* ; il regrettait surtout les jeunes moines, ces beaux nourrissons qui, disait-il, allaient être sevrés, avant le temps, du lait de sonamour^ Ces jeunes néophytes qui, pour la plupart, avaient été attirés au Bec par la pensée d'y vivre avec Anselme*, ne lui rendirent sa liberté qu'après de très-vives discussions et à une très-faible majorité ^

Pour rendre plus complète l'épreuve réservée au noble vieillard, et, comme il n'est rien de si pur au fond d'un cœur chrétien que la basse jalousie n'éprouve le besoin de calomnier^ le bruit se répandit, en

\. Voy. sa lellre dans Eadm., p. 56. Elle se termine ainsi : Valelc, rincera mea.

2. Quia nihil in hoc mundo purins dilcxi nec diligo. Ep. III, 9.

5. Dulcissimos lilios ante leinpiis ablactatos (meos adolescentes dico). Ep. m, 21. Voy. aussi Ep. III, 22, et la charmante lettre adres séc à ces jeunes gens. Ep. Ill, 17.

4. Multi proptcr me et fere omnes Beccum venistis. Ep. III, 7.

5. D'après leur lettre, Ep. III, G, il n'était même pas sûr que cette majorité eût été acquise.

France, que la résistance d'Anselme n'était qu'une feinte, et qu'au fond il avait convoité, comme bien d'autres, la priinatie de Canlorbéry. Anselme retrouva des forces pour repousser avec énergie cette imputation*, car il regardait comme un devoir de préserver l'honneur d'un évoque appelé à servir d'exemple au prochain ^ Il conservait encore, du reste, l'espoir d'être délivré du fardeau dont on voulait le charger. Le roi s'était rétabli ; oubliant aussitôt ses promesses, il avait fait ressaisirions les accusés ou prisonniers restés en Angleterre et recommencer, avec un redoublement de cruauté, tous les procès, toutes les poursuites antérieures^. En vain l'ami d'Anselme, Gondulphe, ancien moine du Bec, monté sur le siège de Rochester, multipliat-il les exhortations pour ramener son souverain h Dieu : — « Par le saint voult de Lucques ! répondait « Guilhiume, Dieu m'a trop fait de mal pour que « jamais il ait lieu d'être satisfait de moi*. »

Anselme alla trouver le prince à Douvres, et, comme condition sine qua non de son acceptation, il exigea la restitution immédiate des biens du

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