Eadm., p
4. Scias, 0 episcope, quod per sanctum vultum de Luca, nunquyin me Dcus bonum habebit pro malo quod mibi iiitulerit. Ib'uL
siège de Cantorbcry qu'avait possèdes Lanfranc et que lui-même avait réclames : il revendiqua, de plus, le droit d'exercer son autorité archiépiscopale dans toutes les affaires religieuses^ et enfin la pleine liberté de ses relations avec le pape Urbain II, qu'il s'était empressé de reconnaître et à qui il voulait témoigner, en toute occasion, son obéissance^ Le roi n'ayant fait à Anselme qu'une réponse incomplète et équivoque, le saint homme espéra qu'il allait être délivré du fardeau qu'il redoutait , et, comme il avait déjà renvoyé sa crosse abbatiale au Bec, en demandant qu'on lui donnât le plus tôt possible un successeur % il se flatta de pouvoir passer le reste de ses jours dans la pauvreté et l'obéissance monastique,sansavoir charge d'âmes et à l'abri des dangers spirituels contre lesquels il ne se croyait pas assez fort pour lutter*. Mais, après six mois de ré-
1 . Volo ut in iis quee ad Deum et Christianitatem pertinent te meo prce cseteris consilio credas, et sicut ego te volo terrenum habere Dominum et defensorem, ita et tu me spiritualem habeas patrem et animse tuse provisorem.
2. De Urbano pontifice quem hucusque non recepisti, et ego jam recepi atquerecipio, eique dcbitam obedientiam et subjectionem exhibere volo, cautum te facio ne quod scandalum inde oriatur in futuro. Eadm., 1. c. Voy. aussi la lettre d'Anselme au légat Hugues. EpUlfiA.
5. Ce successeur fut Guillaume, de la maison des seigneurs de Montfort-sur-Rille, et neveu du comte Roger de Beaumont.
4. Libentius eligerem sub abbate in monachica paupertate et humilitate obcdire.... quam regnare sœculaiitcr.... aut archiepiscopalum.... vel abbatiam, aut hominibus quibuslibet praeesse ad animarum gubernationcm.... quod ego ipse non imputo mibi tantum ad virtutem, quantum ad hoc quia talem me scio lam parum fortein,
LES PRÉDÉCKSSEURS DE CALIXTE 11. '207 sistanccs et d'incerlitudcs, le roi, poussé à boul par les réclamations de tous les bons catholiques \ se décida à souscrire aux engagements qu'exigeait Anselme, et ce dernier fit hommage à Guillaume, à l'exemple de son prédécesseur, en prenant possession du sié"e de Cantorbérv*. Il fut sacré le 4 décem- sacie d'Anseimc
p,. .par
bre 1093, par Wulstan de Worcester, le dernier saint wnisian.
^ ^ ^ Guillaume
évêque et le dernier saint de TEolise anojlo-saxonne, '*^ ''•>"^
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celui-là même dont nous avons raconté l'héroïque à toutes
* ses promesses.
résistance à Lanfranc et à Guillaume.
Cependant la douleur d'Anselme n'en persévérait pas moins : longtemps encore il intitulait ses lettres : « Frère Anselme, moine du Bec par le cœur, « archevêque de Cantorbéry par la violence'. »
« Quand vous m'écrirez pour moi seul, man- « dait-il à ses anciens confrères, que votre écri- « ture soit aussi grosse que possible, car j'ai tant (( pleuré, le jour et la nuit, que mes yeux peuvent à « peine lire*. »
En vain le saint vieillard avait-il essayé, pour calmer ses anxiétés, de reprendre ses chères études
parum slrenuum... ut polius mihi congruat.... servira quam dominari. Ep. III, 11
1. Cum.... clamorem omnium, de Ecclesiarum destructione conquerentium, Rex amplius ferre noqulret. Eadm., 1. c.
2. Le 25 septembre 1093. II fut sacré le 4 décembre de la même année.
3. Professione et corde Beccensis.... Voluntate Beccensis monachus, nccessitate vocatus Gant. Archiep. Ep. III, 26, 39.
4. Non nimis gracilis sit scriptura.... multse diurnîe et nocturnte lacrymae.... Ep. III, 15.
208 LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. métaphysiques et de défendre la réputation de Lanfranc et la sienne contre les imputations du sophiste Roscelin, qui prétendait les rendre tous deux comptables de ses propres erreurs sur la Trinité*. L'orage qu'il avait trop bien prévu ne tarda pas à éclater. Guillaume avait besoin d'argent pour faire la guerre à son frère Robert. Anselme, malgré la misère de ses ouailles et le désordre où il avait trouvé les biens de son Eglise, offrit gracieusement un présent de cinq cents livres d'argent. Mais des courtisans rapaces firent entendre au roi que la somme était trop faible; que le premier prélat du royaume devait donner au moins mille ou deux mille livres, et que, pour effrayer l'archevêque et lui faire honte, il fallait lui renvoyer son argent : ce qu'on fit en effet. Anselme, indigné, alla trouver le roi auquel il représenta que mieux valait cent fois obtenir peu d'argent, mais de bonne volonté, que d'en extorquer beaucoup par violence, et il ajouta que « si, « par affection et de plein gré, ilétait prêt à beaucoup « concéder, jamais il n'accorderait rien à qui préce tendrait le traiter en vassal de condition servile\ « — Garde ton argent et tes biens, et va-t-enM » répondit Guillaume furieux.
1. Yoy. son ÏÀber de Fide Innifatis, et De Incarnatione verbi contra blasphemias Ruzelini, cap. i (Cf. Ep. II, 35, 41). II commença aussi alors le traité : Cur Dcus homo.
2. Amicanempelibertatemeetomnia meaadutilitatemtuamhabere poteris, serviii aulem condiiione nec me nec mea habebis. Eadm., p. ÔS.