‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 80 sur 267 · Sint cum jurgio tua tibi, sufficient mea milii. Vade · texte numérisé non relu

Sint cum jurgio tua tibi, sufficient mea milii. Vade

LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. 209 L'archevêque se retira en disant : « Béjii soit Dieu « qui a sauvé ma réputation. Si le roi avait pris « mon argent, on aurait dit que je lui payais ainsi « le prixde monépiscopat. » Et, à l'instant même, le prélat fit distribuer aux pauvres les cinq cenls livres, qu'il s'était proposé d'offrir en don à son

souverain V

Le vieux moine AVulstan, le dernier des évêques saxons, vivait encore* : ce saint prélat, dont nous avons raconté la fermeté d'âme, à l'encontre de Guillaume le Conquérant, devait mieux que tout autre comprendre et apprécier Anselme : « Yo- ueiies paroles « Ire Sainteté, lui écrivait-il, est placée au som- saint wuistan. « met de la citadelle pour défendre la sainte Eglise « contre l'oppression de ceux dont le devoir serait « de la protéger, ne craignez donc rien : qu'aucune « puissance séculière ne vous humilie, envousfai- « sant peur, ou ne vous séduise, en vous prodiguant « la faveur; commencez vigoureusement et ache- « vez, avec l'aide de Dieu, ce que vous avez com- « mencé, en réprimant les oppresseurs et en sau- « vant noire sainte mère de leurs mains \ »

Quelque temps après, le roi étant venu à Hastings, où il devait s'embarquer, tous les évêques

1. Prsesignatum raunus pro redemptione animae suse pauperibus Christi dabo, non illi.

'2. Il moumtpeu après, le 19 janvier 1095.

5. Ne igitur dubilet; non eain ssecularis potentiaî timor hiimilict, non favor inclinct, sed.... opprinientes reprimat, S. Matroin uostram contra taies defendat. Eadm., 1. c.

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d'Angleterre s'y rendirent pour bénir le royal voyageur. Mais le vent restant contraire, force fut au prince de séjourner dans la ville pendant un mois. Anselme profita de l'occasion pour lui remontrei' qu'avant d'aller conquérir la Normandie, il ferait bien de rétablir, dans son royaume, la religion menacée de ruine, et d'ordonner le rétablissement des conciles interdits depuis son avènement : « Je (( m'occuperai de cela quand il me plaira de le « faire, à ma volonté et non selon la tienne ! » répondit le roi; et il ajouta en raillant : « Au sur- « plus, de quoi parlerais-tu dans ces conciles^? » Anselme répondit qu'il s'y occuperait de réprimer les mariages incestueux et les débauches sans nom qui menaçaient de faire de FAnglelerre une autre Sodome*. « Et qu'est-ce que cela te rapportera? « reprit le roi. — Rien à moi, mais beaucoup à « Dieu et à vous ! — Gela suffit, reprit le prince, « parlons d'autre chose'. »

Anselme changea alors de conversation, et rappela combien il y avait d'abbayes vacantes, où le désordre s'était introduit parmi les moines, et combien le roi compromettrait son salut s'il n'y nommait des abbés. Mais Guillaume, ne pouvant plus se con-

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