Adjecit subsannans : Tu vcro in concilio unde loqucris
2. Nefandissimum Sodoiiiœ scelus.... Iota terra non multopost So- Coma fiet.
5. Et in hac re quid lieret pro te?... Si non pro me, spero ficrct pro Deo et te.... Sulfîcit, nolo Inde ullra loqueris.
LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. t>ll tenir, dit en colère: « Que l'importe cela? Ces ab- « bayes ne sont-elles pas à moi ? Quoi ! tu fais ce que « tu veux de tes domaines, et moi je ne pourrais pas « disposer de mes abbayes comme je l'entends^? — u Elles sont à vous, répliqua Anselme, pour que c< vous les gardiez et défendiez, comme leur avoué, (( mais non pour les envahir et les ruiner. Elles son t « à Dieu pour que ses ministres en vivent, et non « pour défrayer vos guerres. Vous avez assez de « domaines et de revenus pour subvenir à tous vos « besoins. Rendez, s'il vous plaît, à l'Eglise ce qui « est à elle. — Jamais, dit le roi, ton prédéces- « seur n'aurait osé parler ainsi à mon père. »
Anselme se retira : puis, comme il voulait avant tout la paix, il fit demander au roi, par les évoques, de lui rendre son amitié ou du moins de lui dire pourquoi il la lui avait ôtée. Guillaume répondit : « Je ne lui reproche rien ; mais je n'ai nulle raison « pour lui accorder ma faveur ^ » Les évoques conseillèrent alors à Anselme d'essayer d'apaiser le prince en lui donnant, sur-le-champ, d'abord les cinq cents livres déjà offertes, et, secondement, en lui promettant, pour un peu plus tard, la même somme à prélever sur les vassaux du domaine
1. Quid ad te? Numquid abbatiae non sunt incfc? Ilein, tu quodvis agis de villis tuis, et ego non agam quod volo de abbatiis meis !.., Doi sclinus cas esse, ut sui ministri corde vivant, non quo expeditiones et bcUa tua inde fiant.
2. De nulla re illum inculpo, nec tamen ei gratiam ineam, quia non audio quare indu'gere volo.
Anselme
ne veut pas
acheter
à |)rix d'argent
la faveur
du roi.
archiépiscopal. Mais, à ces mots, le saint homme se récria : « A Dieu ne plaise, dit-il, que je c( suive un tel conseil 1 Ces pauvres gens n'ont « été que trop dépouillés depuis la mort de Lance franc : ils n'ont plus sur eux que leur peau, et « Ton veut que je la leur arrache ! On veut que « j'achète la faveur du seigneur à qui je dois fci « et hommage comme j'achèterais un cheval ou « un âne^ ! Au surplus, quant aux cinq cents lift vres, je ne les ai plus, je les ai déjà données (( aux pauvres. »
La réponse ayant été tout de suite rapportée au roi, celui-ci chargea ses courtisans de transmettre à l'archevêque les paroles suivantes : « Hier, je te « haïssais beaucoup; aujourd'hui ma haine est « encore plus vive et demain et les jours suivants « sa violence s'accroîtra ^ »
Au retour du roi, Anselme se rendit à la Tour, pour annoncer à Guillaume son intention d'aller à Rome solliciter du pape le pallium^ « X quel «pape*?» demanda le roi, faisant allusion à
1. Absit.... hoinines mei.... depraîdati sunt et spoliati tt ego.... jam eos nudos spoliarem, imo spoliatos excoriarem.... Fidem ei debco et honorcm, et ego illi hoc dedecus lacerem, scilicct gratiam buam quasi equum vel asinum vilil)us nummulis emerem !
2. Heri magno, et hodie illum majori odio liabeo, et sciai rêvera quod cras et deinceps acriori et acerbiori odio semper habebo.
3. Il expose les motifs de celte résolution et de toute sa conduite dans sa lettre au légat, Hugues, archevêque de Lyon. Ep. III, 24.