Epist. Uhb. ad Hlg. Pagi, Crit. ad ann. 1099, c
5. Et ab omnibus acclamatum est : Fiai, fiai; et consummatum est COKcilium. Kogek Hovedkn, ad ann. 109!J.
catholiques, en Occident, vinrent bientôt répondre celles qui saluèrent la nouvelle du triomphe merveilleux obtenu par les Croisés, en Orient. Après mille épreuves cruelles, les débris de l'armée catholique étaient enfin arrivés en Syrie, avaient pris Antioche et constitué une principauté chrétienne au profit du Normand Boëmond. Le légal, Adhémar du Puy, étant mort, les Croisés demandèrent au pape Urbain de venir lui-même se mettre à leur tête, dans cette ville d'Antioche où saint Pierre avait établi sa première chaire et où les Galiléens avaient pris, pour la première fois, le nom de chrétiens. « Nous avons vaincu les Turcs et <( les païens, disaient les chefs de la Croisade, il K nous sera facile de vaincre les hérétiques. Grecs, <( Arméniens, Syriens, jacobiles; venez donc, nous <( vous en conjurons, ô Saint-Père, venez remplir <( les fonctions de vicaire de saint Pierre; venez <( siéger sur la chaire de l'apôtre ! Par votre auto- « rite, par votre courage, vous déracinerez toutes « les hérésies, vous nous ouvrirez les portes des « deux Jérusalem S vous affranchirez le tombeau
1. Tibi mandamus ut qui sermonibus tuis nos omncs terras nostras et quidquid in terris erat relinquere fecisti, complendo quse Jiortatus es, ad nos venias.... In cathedra quam quotidie ccrninius.... Illi qui prius vocabanlur Galilœi, hic priniuin vocati t^uiit chrisliani. ... nos enim Turcos et Paganos expugnavimus; hîcreticos autem nequivimus.... Omnes hsereses cujuscumque gentis sunt, tua auctoritate ot nostra virtutc eradices et destriias.... et etiam portas utriusque Jcnisalem nobis aperias, etc. Lettre du 11 sepLenibre iOD^Î, ap. Reudki:, Script, rer. Gcnnan., p. 591). Guiu,. Tyr., 1. YII, c. 1, etc.
LtS PRKDÉCKSSEUKS DE CALIXTE II. 2G1 « du Christ, vous exalterez le nom de clirélieu « au-dessus de tout, et le monde entier vous « obéira. »
Mais, pour se rendre à leurs vœux, il eût fallu qu'Urbain abandonnât la défense de l'Eglise contre l'hérésie laïque, la plus dangereuse de toutes, car elle revendiquait la domination spirituelle. L'armée xssaui et prise chrétienne continua donc, sans son chef, sa marche jénisaiem
1 ^ .. , T r 1 n , 1 » • j par les croisés.
lieroique, et Jérusalem lut arrachée aux mains des infidèles, par un assaut victorieux, le 15 juillet 1099, à trois heures de l'après-midi, heure où Notre-Seigneur Jésus-Christ était mort pour tous les hommes. Sur le tombeau délivré du Sauveur, une royauté chrétienne fut immédiatement proclamée par les vainqueurs. Godefroy de Bouillon, qui n'avait pris aucune part au massacre des infidèles, fut élu roi; mais il ne fut point couronné, ne voulant point, disait-il, porter une couronne d'or là oiî le divin maître en avait porté une d'épines^
Fidèle aux habitudes de la chevalerie dont il devenait le chef, Godefroy fonda aussitôt, dans la vallée de Josaphat, un monastère où s'établirent les moines qui l'avaient accompagné à la Croisade, et il introduisit le rite latin dans l'église du Saint-Sépulcre, à laquelle il donna pour grand chantre un chanoine de Paris, voulant marquer, par cette ré-