I.GUILL. TVR., 1. ÎX, c
2G2 LKS PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. forme liturgique, réloigriemenl de l'OcciclenL victorieux pour tout ce qui tenait à l'église dégénérée deTOrient*.
Après avoir assisté à Télection qui fit de Daimbert, archevêque de Pise et légat d'Urbain II, le premier patriarche latin de Jérusalem, Godefroy de Bouillon voulut recevoir de ce prélat l'investiture de son nouveau royaume. Rien, assurément, ne pouvait mieux démontrer combien le nouveau roi catholique était revenu des opinions qui l'avaient autrefois conduit dans les rangs des champions de rimpérialisme.
Urbain II alla rendre compte à Celui dontil était le
vicaire sur la terre, quinze jours après le glorieux
accomplissement de l'œuvre qu'il avait prêchée à
Mon du pape Clcrmont. Il mourut, non dans l'exil comme
Urbain II. ,
Grégoire VII, mais au sein d'une double victoire. Le successeur de saint Pierre était rentré dans Rome en même temps que la Croix dans Jérusalem. Le
1 . C'est ce qui a été parfaitement compris par M. Didion, en ce qni touche aux arts : « On croit, dit-il, mais c'est une grave erreur, que les croisés ont rapporté en Europe et en France les arts de l'Orient : c'est le contraire exactement qui est la vérité. — Il n'y a pas en France une seule ('glise que les croisés aient bâtie dans le style ou sur le plan des églises d'Orient; en Grèce au contraire, à Mistra, à Chalcis, les croisés champenois, devenus seigneurs de Mon'e, etc., ont bâti des églises françaises et champenoises.... à Jérusalem, les croisés ont rebâti le Saint-Sépulcre en ogive, absolument comme s'ils eussent été en France.... Loin d'emprunter à l'Orient un système musical, les croisés avaient porté le leur jusque sur la pierre du Saint-Sépulcre, sur le tombeau même de Jésus-Christ. Nous avons tout donné à VOi'ient, et nous n'en avons rien reçu. t> Didron, Annal, archéol., t. V, p. 77-7i>.
double despotisme de César et de Mahomel, élabli depuis tant de siècles, reculait devant les Clefs de Tapôlre et devant l'épée des chevaliers catholiques. Ce n était pas là sans doute un succès complet et durable : il ne saurait y en avoir de tels dans l'Église ici-bas ; mais, avant de retourner vers le divin maître, Urbain II put jouir d'un de ces moments glorieux et sublimes, qui récompensent largement de siècles de luttes douloureuses et qui illuminent, on le peut dire, tout l'avenir. Lorsque le corps du pontife qui venait d'expirer, à quelques j)as de la prison de saint Pierre \ eut été descendu dans les caveaux de la basilique valicane, pour y être placé à côté des reliques du premier des papes \ on put proclamer, en toute vérité, dans la chrétienté, que les onze années d'apostolat du pontife n'avaient été qu'un combat héroïque et sublime contre les ennemis de Dieu. Plein de dévouement pour saint Pierre, n'ayant jamais tremblé devant |)ersonne, ni jamais laissé porter la moindre atteinte à la liberté de l'Eglise, ardent propagateur du culte de la Reine du ciel, à laquelle il avait consacré spécialement le samedi % Urbain méritait certes