‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 4)Chapitre 110 sur 174 · Albert le Grand, p · texte numérisé non relu

Albert le Grand, p

2. Cependant une légende manuscrite du Musée Britannique, récemment imprimée dans la collection deRees, ÏÀves of tlie Cambro- British Saints, constate qu'un saint, vénéré en Cambrie sous le nom de Paterne ou Padarn, était né en Armorique, d'où il avait passé dans le pays de Galles à la tête d'une colonie de huit cent quarantesept moines, qu'il l'ut ramené en Armorique par un roi gallois nommé

Quoique l'Armorique, ainsi convertie et repeuplée par les émigrés bretons, n'eût jamais été entièrement conquise par les Francs et fût gouvernée par des comtes indigènes et indépendants de Vannes, de Cornouailles, de Léon et de Tréguier, elle reconnaissait la suprématie partielle de Childebert, celui des iils de Clovis dont la domination s'étendait le plus loin à l'Occident.

Cette suprématie incomplète et éphémère des rois francs \ que Dagobert et Louis le Débonnaire eurent tant de peine à rétablir plus tard, semble alors avoir été surtout invoquée et reconnue par les euisreiaiioris missiounaircs bretons. Tugdual, abbé et fondateur Childebert. dc Tréguicr, ne fut élevé à l'épiscopat qu'avec le consentement de Childebert, auprès duquel il se trouvait lors de son élection. Il en fut de même de Paul Aurélien, premier évêque de Léon et reconnu comme tel par Childebert, sur la demande expresse du comte de la province ^ Enfin, le métropolitain Samson, n'étant encore qu'abbé de Dol, eut à in-

Caradoc, qu'il devint évêque de Vannes et suffragant de Samson, comme le dit la légende bretonne. Le savant éditeur Rees croit que c'est le Paterne qui assista au concile de Paris en 557, et que l'on croit généralement avoir été évêque d'Avranclies. Ce ne peut donc être le môme Paterne existant en 465 selon la tradition ordinaire. Il n'est pas impossible qu'il y ait eu deux évêques de Vannes du même nom.

4. « Francorum quidem regibus cœterum subditi, at semper vacui tributo, » dit Procope dans le passage cité plus haut.

2. BoLi.AND., t. II Mart., p. 119. — Le saint abbé Armel, l'un des apôtres de la basse Bretagne, séjourna pendant sept ans près de Childebert. Propr. Venetense, ap. Albert le Grand, p. 523

sous LES PREMIERS MÉROVINGIEi>iS. 517 tervenir de sa personne auprès de Childebert, pour obtenir la délivrance d'un des princes indigènes, dépouillé de son héritage et emprisonné par un lieutenant tyrannique du roi franco Childebert, malgré la violente résistance de la reine, dont cet officier était le fidèle, exauça la prière du missionnaire breton et le combla de dons et d'honneurs. Il aurait même, selon la tradition, soumis à perpétuité, au monastère de Dol, diverses îles de la Manche, entre autres celle de Jersey, alors déserte , et qui depuis , grâce à la culture monastique, est devenue une merveille de fertilité et de richesse agricole, avec une population six fois plus dense que celle de la France.

1. Dicunt ei injustum super eos, ac violentum, externumque judicem venisse. Act. SS. 0. S. B., t. I, p. 167. — C'est cet officier que les légendes de S. Samson, de S. Juval, de S. Léonor, de S. Tugdual et de S. Hervé, appellent Conomor ou Kon-mor, c'est-à-dire le Grand Chef. Il gouvernait la Doinnonée, qui comprenait les évêchés de Dol, de Saint-Malo, Saint-Brieuc et Tréguier, et s'était mis dans la vassalité privée de la reine Ultrogothe, ou, comme disaient les Francs, dans sa truste. — Cf. Dom Lobineau, Saints de Bretagne, p. 59, 91, 94, 105,111, éd. de 1725.

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