CHAPITRE V
Grégoire de Tours et ses récits.
Arédius.
Saint Germain, évoque de Paris ; abbaye de Saint-Germain-dcs- Prés. — Clotaire I^'' et saint Médard. — Grégoire de Tours et les fils de Clotaire. Note sur les fondations du roi Gontran en Bourgogne. — L'abbé Arédius proleste contre la fiscalité de Chilpéric, et affranchit ses serfs. — L'amour maternel et le chant monastique.
Par un de ces contrastes si fiéquents dans l'histoire des Mérovingiens, la reine Ultrogothe, que la légende de saint Samson représente comme si acharnée contre ce missionnaire monastique, est vantée par d'autres récits comme la fidèle coadju- Fondation tricc dcs molucs ^ Elle est demeurée surtout assosaint-Germain- ciée par la rcconuaissance des religieux et des
des-Prés
par fidèles à la mémoire de son mari, pour avoir fondé
Childebert i rk • i i *
et uitrogoihe. avcc lui, au portcs de Paris, le grand monastère depuis si célèbre sous le nom de Saint-Germaindes-Prés. Cette église, qui paraît avoir été l'un des plus beaux monuments de l'époque mérovingienne, et où l'on admirait déjà les orgues et les vitraux,
i. Adjutrix fidelis monachorum. Ann. Bened., 1. v, c. 43.
ces deux belles créations de l'art catholique^, avait d'abord été construite par Childebert en l'honneur du martyr saint Vincent, dont il avait enlevé la tunique aux Yisigoths ariens , lors de son invasion victorieuse en Espagne. Il la donna à des moines, avec le concours de l'évêque de Paris Germain, luimême moine et ancien abbé de Saint-Symphorien d'Autun.
c( Un jour, dit la légende bretonne, l'abbé de Dol Échange
de
et l'évêque de Paris devisant ensemble de leurs produiis
^ • o T !• • agricoles
monastères..., samt Samson dit que ses religieux entre rabbay<
parisienne
étaient si bons ménagers et soi^rneux de conserver et
. , . , l'abbaye
des ruches de mouches à miel, qu'outre le miel bretonne. qu'ils recueillaient en abondance , elles leur fournissaient plus de cire qu'ils n'en employaient à l'église le long de l'année ; mais que le pays n'étant pas propre pour le vignoble, ils enduraient grande disette de vin. « Et nous au contraire, » dit saint Germain, « nous avons des vignes en abondance et c( du vin plus de beaucoup qu'il n'est besoin pour la « provision du monastère ; mais il nous faut acheter c( toute la cire pour l'église. S'il vous plaist, nous « vous donnerons tous les ans la dixième partie du vin « qui se cueillera dans nos vignes, et vous nous fouret nirez de cire pour le luminaire de notre église. » Samson accepta l'offre, et s'accommodèrent ces deux monastères ainsi pendant la vie des saints ^ »