‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 4)Chapitre 112 sur 174 · Albert le Grand, p · texte numérisé non relu

Albert le Grand, p

320 Li:S MOINES EN GAULE

ropuiarité L'abbaye parisienne reçut plus tard le nom de saint Germain, saint Germain , qui resta toujours moine dans

moine ,, . , , , . , ,

et évoque. 1 exercice de sa charge episcopaie^ et qui exempta lui-même le nouveau monastère de la juridiction épiscopale. Tant qu'il vécut, il exerça le plus salutaire ascendant sur les rois mérovingiens. Il devint ainsi un des saints les plus populaires entre tous ceux que l'Ordre monastique a donnés à l'Eglise, et les Parisiens se contèrent longtemps, entre autres traits de son inépuisable charité, comment, « ayant plus chière la voix du pauvre que le don du roi% » il avait vendu pour racheter un esclave le cheval de prix que le roi lui avait donné, à charge de le garder pour lui seuL

Childebert mourut entre ses bras et fut enterré

dans l'église du monastère qu'il avait richement

doté, du consentement de tous ses leudes francs et

neustriens^. A sa mort, son frère Clotaire devint

ciotaiie le seul roi de toute la monarchie franque. Lui aussi,

et

saint Médaid. malgré sa férocité trop bien constatée, avait connu

1 . Adeptus gradum curse pastoralis, de reliquo monachus persistebal. Vit. S. Germani, c. 12.

2. Chroniques de Saint-Denys, liv. m, c. 5. — Cf. Venant. Fort., c 22.

3. Cum consensu et voluntate Francorum et Neustrasiorum. — L'authenticité de ce fameux diplôme, souvent contestée, a été proclamée par Mabillon. — La dédicace eut lieu le jour même de la mort du roi, 25 décembre 558. Cette date est établie par Guérard, dans son admirable édition du Polyptyque d'Irminon, t. I, p. 907-913. Le premier abbé fut Droctovée, que Germain fit venir de son ancien monastère de Saint-Symphorien, à Autun.

sous LES PREMIERS MÉROVINGIENS. 321

et aimé les moines ; lui aussi voulut être enterré dans l'église du monastère qu'il avait fondé dans un faubourg de sa capitale de Soissons, sous le nom de Saint-Médard, qui était celui d'un grand évêque (fils d'un Franc et d'une Romaine), dont il avait su admirer les vertus et quelquefois écouter la parole. Il rendit en mourant témoignage de sa foi et de ses trop justes terreurs par ces paroles que Grégoire de Tours nous a conservées : a Quelle est donc la puissance c< de ce roi du ciel, qui fait ainsi mourir, comme il ce lui plaît, les plus puissants rois de la terre ^ ! »

La grande figure de saint Grégoire de Tours do- GiôgoiiedeToun mme toute la seconde génération des descendants de cioiaiie. de Glovis, et ces luttes sanglantes entre les fils de Clotaire, dont il nous a tracé le tableau immortel dans ces fameux récits, rajeunis et quelquefois altérés par la plume du plus grand historien de nos jours ^ Quelques-uns l'ont cru moine % et nous aimerions à pouvoir revendiquer, pour l'Ordre monastique, sa gloire si pure; ce qui est certain, c'est qu'il fut de beaucoup le plus honnête et le plus illustre personnage des temps qui l'ont eu pour historien. Attristé et quelquefois découragé à l'excès par les horreurs dont il fut le témoin et l'annaliste.

Page 1