Greg. Turon., IV
2. Hist. Eccl. Francor., 1. x, c. 29. — Il existe en outre deux Vies de saint Arédius (ap. Bolland., t. VI August., p. 175). La première et la plus courte, Vita prima, est d'un anonyme contemporain. La seconde, Vita prolixior, est attribuée par Mabillon, qui l'a publiée dans ses Analecta (p. 198), à Grégoire de Tours lui-même; mais Ruinart [Opéra Greg. Tur., p. 1285) et les Bollandistes ont démontré que cette attribution est inexacte. Elle n'en a pas moins été comprise dans la nouvelle édition de ses Opéra minora, publiée par H. Bordier pour la Société de l'Histoire de France. Du reste, Grégoire parle d'Arédius dans plusieurs autres endroits de ses ouvrages. Hist. Franc, 1. vni, c. 15 et 27. — De Mirac. S. Juliani, c. 40. — De Virtutibus S. Martini, u, 59. — De Gloria Confess., c. 9.
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secrétaire ou, comme on disait déjà, pour chancelier*. C'était une fonction qui tendait dès lors à devenir très-importante, et dont les titulaires vinrent plus d'une fois grossir les rangs de l'Ordre Monastique. Nizier, ce moine devenu évêque de Trêves, dont nous avons raconté plus haut le courage et l'humanité, crut distinguer sur la figure du jeune courtisan qu'il rencontrait dans le palais de son roi l'empreinte d'une vertu surnaturelle. Il l'attira dans sa cellule où il lui parlait de Dieu et lui inspirait, avec la connaissance des vérités religieuses, le goût de la vie claustrale. Une colombe qui, pendant ces entretiens confidentiels, venait sans cesse se poser sur la tête ou sur l'épaule du jeune et docile Arédi us , acheva de convaincre le prélat que l'Esprit-Saint devait éclairer son élève ^ Il lui permit toutefois de retourner dans son pays, auprès de sa mère Pélagie, qui n'avait pas d'autre famille que cet unique enfant. Mais, rentré dans son Limousin, Arédius ne voulut plus s'occuper de ses
1, Parentela nobili generatus. .. Nobilissima videlicet origine. .. valde ingenmis... Theodeberto régi traditus, aulicis palatinis adjungitur... ut cancellarius prior ante conspectum régis adsisteret... cancellarii sortitus officium. Ubi supra. — Le Huerou, se fondant sur un texte dont il ne cite pas l'origine (Sanctus Aredius, Lemovicensis abbas, apud Theodebertum cancellarius, qux prior erat militia palatina), dit que cette charge était le poste le plus éminent de la cour des Mérovingiens. Inslit. mérov., i, 383.
2. Nescio quid in vultu ejus cernens divinum... Cum ingressi in cellulam de iis quse ad Deum pertinent confabularentur... Grec. Tdr., loc. cit.
champs ni de ses vignes : il les abandonna à sa mère, en la chargeant de pourvoir à la subsistance de la petite communauté qu'il forma dans un de ses domaines, qu'il peupla surtout de gens de sa maison^, et dont est sortie une ville nommée, d'après lui, Saint-Yrieix^
Il avait d'abord voulu s'enfermer dans une caverne ; mais, à la prière de sa mère, il transféra son monastère dans un site plus agréable. Il y partageait son temps entre le labourage et l'étude; il transcrivait surtout, de sa propre main, des exemplaires de l'Ecriture sainte et des livres liturgiques qu'il se plaisait à distribuer entre les églises des diocèses voisins. Les pauvres et les malades affluaient auprès de lui, comme les abeilles à la ruche \ Il secourait les uns et guérissait les autres. Il sortait tous les ans de son cloître pour aller à Tours célébrer la fête de saint Martin et baiser en priant la tombe du grand évêque, puis traversait la Loire pour gagner.
1. Sive èxercitium agrorum, sive cultus vinearum... ex familia propria tonsuratos instruit monachos. Gueg. Tor., loc. cit. — Dans son Histoire, Grégoire dit qu'il y suivait les règles de Cassien, de saint Basile et des autres abbés , qui monaslerialem vitam instituerunt . Il ne fait aucune mention spéciale de saint Benoît; mais dans la Vita prolixior, écrite par un témoin oculaire des miracles qui s'opérèrent sur la tombe d'Arédius à la fm du vi« siècle, tout porte déjà l'empreinte de la règle bénédictine. Cf. Bolland., loc. cit.