Greg. Turon., de Gior. Confessor., c
sous LES PREMIERS MÉROVINGIENS. 547
dormaient encore. Elle se réservait le privilège de passer tout le carême seule, enfermée dans sa cellule, ne se nourrissant que de racines cuites sans huile, sel ni pain, et buvant si peu d'eau qu'elle en avait la gorge desséchée au point de pouvoir à peine chanter un psaume. Elle n'en poursuivait pas moins ses études sur les Pères et sur les saintes Ecritures; elle lisait assidûment saint Grégoire de Nazianze, saint Basile, saint Athanase, saint Hilaire, saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin, Seduliuset Paul Orose. Elle continuait surtout à s'occuper des pauvres et de leurs plus répugnantes infirmités avec la plus courageuse persévérance ^ Mais cette sincère et active humilité ne l'empêchait pas d'être considérée par toutes les religieuses, ainsi que par toute l'Eglise, comme la véritable supérieure du monastère qu'elle avait fondé. A sa prière, les évêques du deuxième concile de Tours sanctionnèrent la clôture irrévocable des vierges con- vers oOg. sacrées à Dieu, selon la règle de saint Gésaire, car elle alla jusqu'à Arles pour y étudier et en rapporter la règle sage et sévère que ce grand évêque y avait instituée, un siècle auparavant, pour le monastère
1. Tanta siti laborabat, ut faucibus desiccatis, vix psabnum diceret arida. .. Monacbabus soporantibus calceamenta tergens et ungens... Scopans monasterii plateas. , secretum etiamopus purgare non tardans, sed scopans ferebat fœtores stercorum; credebat se minorem sibi, si se non nobilitaret servitii vilitate... capita lavansegenorum... mulieres variis leprse perfusas maculis comprehendens in amplexi-
bUS... BOLLAND., p. 68, 72.
que gouvernait sa sœur^ Elle avait d'ailleurs besoin de cette protection du dehors, car l'évêque de Poitiers, Mérovée, lui témoigna jusqu'à sa mort une hostilité invétérée \ 56S. En outre, pour mieux orner son cher sanc-
tuaire, elle envoya demander à l'empereur Justin à Constantinople un fragment de la vraie croix qu'il lui accorda. Nouvelle Hélène, elle reçut avec des transports de joie la sainte relique, qui donna son nom au monastère de Radegonde, et ce fut à l'occasion de cette translation que l'on entendit retentir pour la première fois les accents sublimes du Vexilla régis et du Pange lingua'% hymnes nouvelles que cette solennité inspira au poëte Venantius Forlunatus et que toute l'Église chante depuis lors.
Ses relations Cc Fortuuatus* était un laïque italien qui, en ve-
avec
le poëte nant visiter les sanctuaires de la Gaule, s'était fixé
Forlunat. ^ t^ • •
M Poitiers par affection pour Radegonde, et s'y était