‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 4)Chapitre 121 sur 174 · GuEG. TuRON., Hist., 1. IX, c · texte numérisé non relu

GuEG. TuRON., Hist., 1. IX, c

5. Il s'agit du Pange lingua qui se chante à l'office du vendredi saint. Le P. Sirmond et les auteurs de V Histoire Uttéraire de la France contestent à Fortunat la paternité de cette hymne, qu'ils attribuent à Claudien Mamert ; mais le dernier éditeur de Fortunat prouve, d'après les plus anciens manuscrits, qu'elle doit lui être restituée. Venant. FoRTUîJATi Oper« omnia, lib. n, c. 2, éd. D. Mich.-.\ng. LucHi. Rome, 1786, in-4, p. 57.

4. Né à Ceneda, près Trévise, en 550. Il ne devint évêque de Poitiers qu'en l'année 599, douze ans après la mort de Radegonde.

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fait ordonner prêtre. 11 fut longtemps après évêque rie cette ville et biographe de Radegonde, mais il n'était alors renomme que par son talent poétique, Irès-recherché et très-admiré par les Gallo-Francs. La reine cloîtrée en avait fait son secrétaire et l'intendant des biens du monastère. Dans des vers où les souvenirs classiques et le bel esprit se rencontrent peut-être trop souvent avec les inspirations de la foi catholique, il entre dans une foule de détails curieux sur l'aimable et touchante intimité qui régnait entre lui, Tabbesse Agnès et Radegonde ainsi que sur les soins gracieux et vigilants dont elles l'entouraient. Tantôt il offre à ses deux amies, aux premiers jours du printemps, des violettes à défaut de roses et de lis, pour orner les autels de l'église monastique, et leur faciliter ainsi l'habitude qu'elles avaient de parer leur sanctuaire de fleurs variées selon les saisons, en se rappelant toujours le parfum des fleurs éternelles. Tantôt il leur envoie des châtaignes ou des prunelles dans des corbeilles qu'il avait tressées de ses mains, comme les Pères du Désert. Elles l\ leur tour lui adressaient du miel, des œufs, de la crème, du lait caillé et d'autres mets rustiques, dont il célébrait la saveur avec une reconnaissance trop emphatique sans doute, mais qui redoublait d'intensité quand elles l'invitaient à des collations exceptionnelles pour le faire juger des adoucissements qu'il eût voulu étendre à la communauté tout entière. C'était surtout auprès de

Radegonde elle-même qu'il insistait pour obtenir qu'elle voulût bien modérer ses abstinences, ses macérations excessives et boire un peu de vin afin de prolonger ses jours. Son rêve eût été de continuer indéfiniment cette sorte de vie à trois, et, après avoir ainsi vécu, de mourir le même jour que ses amies. Il supportait difficilement les interruptions amenées dans cette relation si douce , soit par des voyages obligatoires, soit par la réclusion quadragésimale de Radegonde. Il se comparait alors à l'agneau privé de sa mère, et la prière seule pouvait le consoler de l'absence de celle qu'il appelait la lumière de sa vie\ Car une pensée religieuse se retrouve

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