‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 4)Chapitre 132 sur 174 · Voir plus haut, pages 517 et · texte numérisé non relu

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demander la permission d'aller l'entretenir, et lui promet, s'il y consent, de lui faire donner en entier et en toute propriété le vaste domaine dont il n'occupait qu'une partie. Mais Karileff lui oppose un refus opiniâtre. « Tant que je vivrai, » dit-il à l'envoyé de la reine, « je ne verrai jamais visage de c( femme, et aucune femme n'entrera jamais dans c( mon monastère. D'où peut venir, d'ailleurs, à c( cette reine une telle envie de voir un homme c( défiguré par le jeûne, par les travaux rustiques, « aussi souillé et aussi couvert de taches que le c( caméléon? D'ailleurs, je connais les ruses du vieil « ennemi : il faut se défier, jusque dans l'horreur c( de ce désert, des tentations qui ont fait perdre à c( Adam la possession du paradis, avec le bonheur (c de la vie et les entretiens de Dieu . Dites donc à « la reine que je prierai pour elle, mais qu'il ne c< convient pas à un moine de vendre h une femme c< la vue de sa figure, et que, quant à son domaine, c( qu'elle le donne à qui elle voudra. Dites-lui que c( les moines n'ont pas besoin de grandes posses- « sions, ni elle de ma bénédiction; celle qu'elle c( espère de nous, ses serviteurs, elle l'aura en res- « tant chez e\\e\ »

Le même Childebert, mais déjà radouci et récon-

1. Omnia fisci illius, in cujus parte résident, ei attribuam... Unde talia reginae ut tantopere me videre exoptet diutinis chameleontis coloribus incultum... Non decet nos... vendere nostrum mulieribus aspectum... Fisci sui partem cui libuerit attribuât. Vita S. Karilefi. c. 28, — Cf. Yf.pes,Co/'p»/c. (leneraL. t. T. p. 105, 195.

Saint Marciiiphe ciiié avec Ics liabitudes des moines, nous apparaît

et

son lièvre, dans la légende de saint Marculphe, cet intrépide abbé du Cotentin, dont on a déjà vu les exploits contre les pirates saxons^, et les bonnes relations

Vers 559. avcc le roi de Paris. Avant de mourir, l'abbé de Nanteuil voulut aller demander au roi la confirmation des nombreuses donations que les monastères fondés par lui avaient déjà reçues. Comme il approchait de Compiègne, où résidait alors Childebert , et que, pour se reposer des fatigues de la route, il s'était arrêté dans un pré sur les bords de l'Oise, voici les veneurs du roi qui viennent à passer en poursuivant un lièvre. La bête, après maints détours, court se réfugier sous la robe de l'abbé. A cette vue, l'un des chasseurs l'apostrophe grossièrement: « Gomment oses-tu, prêtre, t'approprier le c( gibier du roi ? Rends ce lièvre, ou je te coupe le « cou. » Marculphe lâche la bête : mais les chiens deviennent tout à coup immobiles et le veneur brutal tombe de cheval et, en tombant, se fend le ventre. A la prière de ses compagnons de chasse, le saint le relève et le guérit. Puis le roi, qui chassait d'un autre côté, ayant appris ce qui se passait, va au-devant de son ami, met pied à terre dès qu'il l'aperçoit, sollicite sa bénédiction, l'embrasse tendrement, le ramène au château de Compiègne pour y passer la nuit, et lui accorde tout ce qu'il de-

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