Albert le Grand, p
5. Hersart de la Yillem..rqué, JJgeude celtique, p. 204. — Albert le Grand raconte que saint Hervé, étant une fois logé dans un manoir, « fort bien emboisé entre plusieurs estangs et viviers, » mais où l'on était fort incommodé par le coassement des grenouilles, leur imposa silence à perpétuité, « et tout incontinent ces bestioles se turent aussi court, comme si on leur eût coupé la gorge, » p, 518.
Saint Malo.
On retrouve ces loups sans cesse et partout, et encore une fois dans la légende du moine évêque Malo. Forcé par ses persécuteurs de se cacher dans une solitude delà Saintonge, il y est découvert par la foule qu'attire la vue d'un loup apprivoisé, lequel, ayant dévoré l'âne du solitaire, venait chaque jour chercher les paniers de cet âne, afin d'y laisser charger le bois qu'il fallait ramasser dans la forêts
Mais nul parmi les apôtres monastiques de notre Petite-Bretagne ne passe pour avoir exercé sur les animaux les plus féroces un empire plus absolu et plus secourable aux populations que ce Paul, qui a laissé son nom à la ville et au diocèse de Saint-Pol- «aim l'ai.i
de
de-Léon. Tantôt il fait rentrer pour toujours au fond des forêts un buffle, qui avait renversé et mis en pièces à coup de cornes la cellule qu'un moine avait bâtie auprès delà fontaine où venait boire cet animal. Tantôt il apprivoise et réduit à l'état domestique une laie féroce avec ses marcassins, dont la race fut longtemps reconnue et conservée par les gens du pays ^ Ici, c'est une ourse énorme qu'il
1. Viderai quotidie lupum ad lioram venire et cum clitellis quas asinus portare solebat prout sustinere poterat ligna déferre. Vita S. Maclovii, c. 18, ap. Mabillox.
2. Sus silvatica, ad cujus ubera sugeiites dependebaiit porcelluli... ferocissiina, beali viri moUiter blandita, ac si prioribus annis fuit edomita, deinceps perinansit domestica, ita ut per plures annos illic duraverit progenies ejus inter reliquos patriœ porcos quasi regalis et priecipua. Bollanh., t. II Marlii, p. IIG, 117. — Le même fait .se
Léon.
450 LES MOINKS ET LA NATLHE.
fait reculer jusque dans une fosse où elle se rom[)l le col. Là, c'est un crocodile ou un serpent de mer qui avait mis en fuite le comte du canton avec tous ses i^Hierriers, mais que Paul oblige à se précipiter dans la mer, sur ce point du rivage de la Coi'nouailles où l'on montre encore un tourbillon qui se nomme V Abîme du Serpent ^
La légende ne s'arrête pas en si beau chemin : elle ajoute que, voyant le monastère qu'habitait sa sœur, sur le bord delà mer, menacé par les grandes marées, il fit reculer la mer de quatre mille pas, et commanda aux religieuses de borner la nouvelle limite des eaux avec des cailloux, « lesquels tout à l'instant crurent en grands et hauts rochers ])our brider la furie des flots. » On comprend assez que l'on interprétait ainsi, sous le toit de chaume du paysan celte, les travaux d'endiguement aii\(|uels avait sans doute présidé l'émigré breton qui fut le premier évêque de Léon
C'est surtout en Armorique et dnns les autres contrées celtiques qu'abondent les traditions relalives à l'empire exercé par les moines sur les bêtes
l'eti'ûuve dans hi légende de saint Imier, fondateur du bourg de ce nom dans le Jura bernois Ap. Trouillat, Monum. de l'évêché de Bâie, I, p. 37.
1. Il?id., p. 118. — C'est à cette légende que se rapporte l'origine de la maison de Kergoitnadec, nom propre qui signifie, en breton, celui qui n'a pas peur, parce que son progéniteur fut le seul de toute la paroisse de Cieder qui osa accompagner saint Paul dans son expédition contre le serpent : (///aï }ion magnam apud nos fidem obtinenL ajoutent les prudents Bollandistes.
Il service
l'auvcs, au profit non-seulement de leur service [)ersonnelj mais de leurs travaux de défrichement et de culture. Thégonnec, autre abbé breton, fait traîner par un loup les matériaux nécessaires à la construction de son église. Ce même Hervé, que nous cilions h l'instant, fait labourer son loup comme un bœuf, a C'était merveille, » dit le légendaire, de voir ce loup vivre en mesme estable avec les moulons, sans leur mal faire, traisner la charrue, porter les faix et faire tout autre service comme une besl(i domestique ^ . »
Dans ce drame de la lutte des moines avec la Les cens nature, les loups, comme on voit, jouent le rôle le plus habituel; mais les cerfs leur disputent quelquefois le premier rang en fait de transformations prodigieuses. En Irlande, deux cerfs viennent traîner à sa dernière demeure le corps de Kellac, ermile et évêque, assassiné par ses quatre disciples, qui, avant de l'égorger, l'avaient tenu toute une nuit enfermé dans le creux d'un chêne grand comme une caverne^ L'abbaye de Llancarvan, en Cambrie, lirait son nom et son origine du souvenir des deux cerfs que les disciples irlandais de saint Cadoc avaient attelés à la charrette chargée des bois destinés au monastère^ Colodocus, ermile et abbé, coiudocius.