‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 4)Chapitre 146 sur 174 · OZANAM, II · texte numérisé non relu

OZANAM, II

« toi, était en enfer, mes héros l'en retireraient. » Mais la vérité triomphante amena la paix entre la poésie et la foi. Les monastères fondés par Patrice devinrent l'asile et le foyer de la poésie celtique. Une fois bénis et transformés, dit un vieil auteur, les chants des bardes devenaient si beaux que les anges de Dieu se penchaient au bord du ciel pour les écouter ^ ; et l'on s'explique ainsi pourquoi la harpe des bardes est restée le symbole el le blason de l'Irlande catholique en même temps que l'instrument national des Irlandais , pourquoi aussi les vieilles mélodies irlandaises, rajeunies par la muse plaintive et indignée d'un poëte patriote, conservent encore un prestige sympathique et ne peuvent guère être évoquées sans qu'une larme secrète vienne mouiller la paupière des prêtres, des paysans et des amis de l'Irlande.

Dans l'histoire de Patrice, rien n'est mieux constaté que son zèle pour préserver le pays où il avait lui-même subi l'esclavage des abus de la servitude et surtout des incursions de ces pirates, Bretons, Pietés et Scots, voleurs et marchands d'hommes, qui arrivaient de celte même île voisine où l'apôtre avait trouvé de si zélés collaborateurs, et faisaient de l'Irlande une sorte de haras où ils recrutaient leur bétail humain. Dans ce qu'il nous reste de lui, rien n'est plus authentique que son éloquente protestation contre le roi d'une horde bretonne qui,

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