‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 4)Chapitre 151 sur 174 · Voir plus haut, page 45S · texte numérisé non relu

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2. Cogitatio in mentem ruit, ut Venetioruin, qui et Sclavi dicunlur, terminos adiret... Cernis quod maneat totus orbis descriptus? Jonas, c. 56 — On trouve encore de ces W^endes en Styrie et en Carinthie.

11 retourne

auprès

de

Théodebert.

suffire d'ailleurs d'avoir été le plus illustre d'entre tous les intermédiaires qui ont travaillé, sous l'inspiration chrétienne, à la fusion des deux plus grandes races de l'Occident.

Pendant ce séjour à Bregentz, notre saint alla revoir, on ne sait à quelle occasion, le roi Théodebert, toujours en guerre avec son frère le roi de Bourgogne. Eclairé par un pressentiment et inspiré par la reconnaissance qu'il devait à ce jeune prince, il lui conseilla de céder et de se réfugier dans le giron de l'Église en se faisant moine , au lieu de risquer à la fois son royaume et son salut. Théodebert avait du reste grand besoin d'expier ses péchés ; très-débauché , comme tous les Mérovingiens, il venait, afin de pouvoir prendre une autre femme, de faire tuer la reine Bilichilde, jeune esclave que sa grand'mère Brunehaut lui avait fait épouser dans son adolescence. Le conseil de Colomban fit rire le roi et tous les Francs qui l'entouraient : « Jamais, » disaient-ils, « onn'aenlendu dire c( qu'un roi mérovingien soit devenu moine de son « plein gré. » — « Eh bien ! » dit Colomban au milieu de leurs exécrations, « puisqu'il ne veut pas c( l'être de plein gré, il le sera de forcée » Cela dit, le saint regagne sa cellule, aux bords du lac

1. Ridiculum excitavit : aiebant enim nunquam se audiisse 'Sleiovingum in regno sublimatum volunlarimn clericum fuisse. Detestantibus ergo omnibus... Jonas, c. 57. — Cela rappelle le mot de Childebert, cité par Grégoire de Tours : Est-ce que jamais Mérovin-

or2.

Dclaile et mort

de Conslance. Bientôt il y apprend que son persécuteur Thierry a envahi de nouveau les Etats de son protecteur Théodebert, l'a mis en déroute et poursuivi jusqu'aux portes de Cologne. La bataille décisive entre les deux frères se livra dans les champs de Tolbiac, où leur trisaïeul Clovis avait fondé par la victoire la royauté chrétienne des Francs^ Théodebert fut vaincu et pris : Thierry l'envoya à l'implacable Brunehaut, qui l'avait de- de

^ ^ . 7 . Théodebert.

puis longtemps renié pour son petit-fils, et qui, encore outrée de son expulsion du royaume d'Austrasie, lui fît raser la tête, puis le fit revêtir de l'habit monastique , et peu après mettre à mort.

A l'heure même où se livrait cette seconde bataille de Tolbiac , Colomban errait dans un bois voisin de sa retraite avec son disciple favori Cagnoald, jeune et noble Franc, fils d'un des principaux leudes de Théodebert, qu'il avait emmené avec lui des environs de Meaux. Gomme il lisait, assis sur le tronc d'un vieux chêne pourri, il s'endormit et vit en songe les deux frères qui en venaient aux mains. A son réveil, il raconta sa vision à son compagnon en soupirant sur tout ce sang répandu. Le fils du ministre de Théodebert lui dit :

gien a été tondu? et le fameux mot de Clotilde sur ses petits-fils : Mieux vaut qu'ils soient morts que tondus. — Voir au livre précédent, p. 294, note 2.

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