Traduction (I'Ozanam
2. Les Trois Chapitres (on nommait ainsi trois écrits de Théodore de Mopsueste, d'ibas et de Théodoret) avaient été condamnés comme nesturiens par le concile de Constantinople (5« œcuménique) en 553, et par le pape Vigile : condamnation repoussée par les évêques d'Afri- (|ue etd'Istrie comme portant sur le concile de Chalcédoine qui avait, selon eux, approuvé ces écrits. Les Lombards tenaient pour ces évêques, que Grégoire le Grand ménageait à cause de leur zèle contre les Ariens : mais sous Boniface IV la querelle se ranima. Agilulfe el Tliéodelindey engagèrent Colomban.
rindulgence du pape pour un Scot imbécile chargé d'écrire pour le compte d'un Lombard, roi des gentils, il avertit le pontife des imputations ^ élevées contre lui , et le conjure de prouver son orthodoxie et d'excommunier ses détracteurs. Sans doute quelques-unes des expressions qu'il emploie seraient aujourd'hui regardées comme irrespectueuses et justement réprouvées. Mais alors, jeunes et fécondes, la foi et l'austérité pouvaient s'émanciper davantage. Si sa lettre est empreinte de la franchise et de l'indépendance d'un Celte, d'un Breton, un peu trop mordant % comme il le dit lui-même, elle respire aussi le tendre et filial dévouement d'un Romain passionné pour l'honneur du Saint-Siège. Qu'on en juge par ce fragment : a J'avoue que je gémis de la mauvaise renommée qu'a la chaire de saint Pierre dans ce pays. Je vous parle non comme un étranger, mais comme un ami, comme un disciple, comme un domestique. Je parle librement à nos maîtres, aux pilotes du vaisseaudel'Église, et jeleur dis : Veillez ! et ne méprisez pas le petit avis de l'étranger. Nous, Irlandais, qui habitons les extrémités du monde, nous sommes les disciples de saint Pierre et de saint Paul, et des autres apôtres qui ont écrit sous la dictée de l'Esprit-Saint. Nous ne recevons
1. Quando rex gentil is peregrinum scribere, Longobardus, Scotuni hebetem rogat... quis non mirabitur potiusquam calumniabitur? Epist. V, adBonif. Pap., éd. Galland., p. 555.