‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 4)Chapitre 155 sur 174 · Mordacius · texte numérisé non relu

Mordacius

rien de plus que la doctrine apostolique et évangé-

lique. Nul d'entre nous ne fut jamais ni hérétique,

ni juif, ni schisma tique. Le peuple que je vois ici,

qui supporte le poids de beaucoup d'hérétiques, est

jaloux ; il se trouble comme un troupeau effrayé.

Pardonnez-moi donc si , en nageant au milieu de

ces écueils, j'ai dit quelques paroles offensantes

pour les oreilles pieuses. La liberté native de ma

race me donne cette hardiesse. Chez nous ce n'est

pas la personne, c'est la raison qui prévaut. L'amour

de la paix évangélique va me faire tout dire. Nous

sommes liés à la chaire de Pierre ; car, quelque

grande et glorieuse que soit Rome, c'est par cette comment

chaire qu'elle est grande et glorieuse chez nous, son patriotisme

r\ • 1 117 ♦ ' ' ^ ' ii?i celtique

Uuoique le nom de 1 antique cite, gloire de 1 Au- avec

, , , I I I l'oilhodoxie

sonie, se soit répandu dans le monde comme quel- romaine. que chose de souverainement auguste , grâce à la trop grande admiration des peuples, pour nous, vous n'êtes grands et augustes que depuis l'incarnation de Dieu, depuis que l'esprit de Dieu a soufflé sur nous, et depuis que le Fils de Dieu, sur le char conduit par les deux ardents coursiers de Dieu Pierre et Paul , a fendu les flots de l'océan des peuples pour parvenir jusqu'à nous. Bien plus, à cause de ces deux grands apôtres du Christ , vous êtes presque célestes, et Rome est la tête des Eglises du monde entier, sauf la singulière prérogative du lieu de la divine résurrection ^ »

1. Doleo ciiiiii, fateor, de infainia catliedrai S. Pétri.-. E^^o enim

tm SAIM COLOMBAN.

Jamais l'on n'avait exprimé avec une plus poétique énergie la généreuse ferveur de celle race irlandaise justement orgueilleuse d'avoir ignoré le joug de la Rome païenne, et d'avoir attendu, pour reconnaîlre ses lois, qu'elle fût devenue la Rome des apôlres et des martyrs.

Mais pendant que l'infatigable missionnaire recommençait ainsi en Ilalie sa carrière de prédicateur et de fondateur monastique, tout avait changé de face chez ces Francs auxquels il avait consacré la moitié de sa vie. Au moment où le persécuteur victorieux de Colomban semblait à l'apogée de la fortune, au moment où il venait de réunir les immenses domaines de la royauté austrasienne à son propre royaume d'Orléans et de Bourgogne, et où il ne lui restait plus que le petit Etat de Clotaire à

ut ainicus, ut discipulus, ut pedissequus vester, non ut alienus lo- (|uai' : ideo libère eloquar nostris utpote magistris, ac spiritualis iiavis gubernationibus, ae mysticis proretis dicens : Vigilate... jSoli despicerc consilioluui alienigen;p.., Nullus hœreticus, nullus judœus, nullus schismatic'us fuit... Populus quem video, duni niultos liœreticos sustinet, zelosus est. et cito tanquam grex pavidus turbatur... Libertas paterna3 consueludinis, ut lia dicani, me audere ex parte facit. Non enim apud nos persona, sed ratio valet : amor pacis evangelicœ totum me dicere cogit,,. In duobus illis ferventissimis Dei spiritus equis, Peiro et Paulo... par mare gentium equitans, turbavit aquas militas... et supremus ille auriga currus illiiis qui est Christus... ad nos usque iiervenit. Extunc vos magni estis et clari... et, si dici potest, propter geminos apostolos... vos prope cœlestes estis et Roma orbis terrarum caput est Ecclesiarum... — Il est vrai qu'il se plaint dans un autre endroit de l'outrecuidance romaine : Hoc superciliosuni nescio quod praî cieteris vo])is majoris aiicloritatis ac in divinis rébus potestatis vindicatis.

SAINT COLOMHAN, 527

conquérir pour régner sur toute la Gaule et la Ger- Mort

(Je

manie franque, le roi Thierry était mort subitement son persécuteur

, . . j^ • T\ ^ -11 Tliierry.

a vmgt-six ans. Ln vam brunenaut avait-elle voulu recommencer à régner sous le nom de son arrière-petit-fils, du jeune Sigebert, l'aîné des enfants de Thierry : les Icudes d'Austrasie, qui n'avaient jamais pu supporter la domination altière de cette reine, et au premier rang le puissant chef Pépin, tige delà race carlovingienne, se déclarèrent contre elle. Ils se concertèrent d'un côté avec les leudes de Bourgogne, de l'autre avec Clotaire et ses Neustriens, et appelèrent celui-ci à régner. Brunehaut et les quatre fils de Thierry lui furent livrés. 11 fit égorger les deux aînés, et se montra le digne fils de Frédégonde par l'atroce supplice qu'il infligea à la rivale septuagénaire de sa mère. Clotaire II, devenu par tous ces crimes le seul roi des Francs et maître de l'Austrasie et de la Bourgogne comme de la Neustrie, se rappela la prédiction que lui avait faite le moine irlandais et désira revoir celui qui avait si bien prophétisé. Il chargea donc Fustaise, qui avait remplacé Colomban comme abbé à Luxeuil, d'aller chercher son père spirituel et de mener avec lui une députai ion de nobles destinés à servir de caution aux bonnes intentions du roi. Colomban reçut Eustaise avec bonheur et le garda quelque temps auprès de lui pour le bien pénétrer de l'esprit de la règle qu'il lui fallait faire prévaloir sur « le peuple monastique » à Luxeuil. Mais il

(lulaire 11 le rappelle

en Austrasio.

il reluse

528 SAIiNT COLOMBAN.

rel'usa de se rendre à l'appel de Ciotaire ; on voudrail croire que tout le sang innocent que ce roi venait de verser fut pour quelque chose dans ce refus ; mais rien ne le prouve. L'abbé se borna à hji écrire une lettre pleine d'avis salutaires, dont il faut convenir qu'il avait grand besoin, et à lui recommander sa cbère abbaye de Luxeuil, que Ciotaire combla en effet de dons et de faveurs \

Quant à Colomban, il finit comme il avait commencé, en recherchant une solitude phis étroite encore que celle du monastère qu'il venait de fonder à Bobbio. Il avait trouvé sur la rive opposée delà Trebbia, et dans le lîanc d'un immense rocher, une caverne qu'il avait transformée en chapelle dédiée à la sainte Vierge : c'est là qu'il passa ses derniers jours dans le jeûne et l'oraison, ne revenant au monastère que pour les dimanches et les cl meurt, jours dc fêtc. Après sa mort, cette chapelle fut

21 novembre lougtcmps véuéréc et fréqucutéc par les âmes afllifil T

gées, et, trois siècles plus tard, les annales du

monastère rapportaient que ceux qui y entraient

tristes et abattus en sortaient réjouis et consolés

par la douce protection de Marie et de Colomban ^

1. Litteras castigationum affamine pleiias régi dirigit gTatissimuiii munus... Rex velut pigims fœderis viri Dei litteras ovaiis recepit. JONAS, c. 71.

2. Inter cseteras virtutes... hœc prœcipue viguit, sicut abanteccssoribus iiostris audivimus, quod si aliquis tristis illic advenicbat, si ibi aliquam niorulam haberet, intcrveutu Saiicta; Virginis supradictiquc viri la lus exiiulc revertebatur. Mirac. S. Columb. a monach. /o-

Telle fui la vie de Tilluslre fondateur de Luxeuil. De tous les grands moines que nous avons jusqu'à présent rencontrés, il est, non le plus édifiant, mais le plus intéressant, parce qu'il est le plus passionné et celui chez lequel on retrouve le mieux l'homme sous le saint. Moins oublié, il faut le dire, que d'autres qui ne méritaient pas plus de l'être que lui, sa mémoire n'a été remise en lumière de nos jours que pour être exploitée dans un esprit hostile à la vérité et à l'autorité du Saint-Siège \

Qu'y a-t-il donc dans cette vie qui puisse justi- iincfui

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ner la prétention qu on a eue d ériger le tondateur deia royauté de Luxeuil en chef de parti politique, en ennemi la papauié, de la royauté de son temps, et de plus en schismatique, contempteur ou au moins rival de la papauté ?

biens, saec. X, a^. Act. SS. 0. S. B., t. Il, p. 37-58. — Une autre tradition lui attribue la découverte, au sein de ces rochers qu'il parcourait sans cesse, d'un légume rare et recherché, qui ne se reproduisait pas tous les ans, et que l'abbé de Bobbio envoyait aux rois et aux princes, pro benedictione S. Columbani. « Nani legumen Pis, quod rustici herbiliam vocant, ex adventus sui tempore per singulos annos sponte nascitur per illas rupes quas ipse perambulavit, nullo sereiiteet, quod nobis majus miraculum videtur, per scissuras pCIrarum ubinuUus liumor adest. » Mirac. S. Cohimb., c. 5.

1. M. Gorini, dans sa Défense de l'Église, t. I", ch. x, et, avant lui, M. de Courson, dans son Histoire des peuples bretons, t. I", p. 298 et suiv., ont mis à néant les étranges rêveries de MM. Alexis de Saint-Priest, Miclielet et autres, au sujet du rôle politique et religieux de saint Colomban

MOINES d'occ. u. ôi

550 SAINT GOLOMBAN.

Colomban n'avait ni les vertus ni les vices qui font les hommes politiques : il ne lutta pas contre la royauté, mais contre un seul roi, et il livra cette lutte dans le seul intérêt de la pureté et de la dignité du mariage chrétien. Il est impossible de découvrir dans sa biographie, si remplie de minutieux détails, la moindre trace d'une préoccupation politique. Bien loin d'être un ennemi de la royauté, il fut sans contredit celui des grands moines de son temps qui eut les relations les plus fréquentes et les plus cordiales avec les rois contemporains : avec Clotaire, roi des Neustriens ; Théodebert, roi des Austrasiens ; Agilulfe, roi des Lombards. Mais il savait que la vertu et la vérité sont faites pour les rois comme pour les peuples. L'histoire doit admirer en lui l'intégrité monastique aux prises avec le paganisme rétrograde de la polygamie mérovingienne, et le missionnaire étranger et solitaire retrouvant de prime saut, en face des conquérants de la Gaule, la liberté des prophètes de l'ancienne loi contre la débauche couronnée : Loquebarin testimoniis tuis in conspectu reguni^ et non confundehar. 11 y a cela, et il n'y a pas autre chose : cela sufiit à sa gloire.

A l'égard du Saint-Siège, si Ton retrouve dans son langage quelques traces de l'âpre indépendance de sa race et de l'audacieuse franchise de son caractère ; s'il faut le plaindre de s'être entêté à défendre et à imposer avec une opiniâtreté fatigante les ob-

servanccs locales et spéciales de son pays, s'il se donna le ridicule d'offrir des conseils au pape Boniface IV sur une question théologique qu'il avoue lui-même n'avoir pas étudiée à fond, il faut ajouter que, même dans ses paroles les plus véhémentes, rien n'implique le moindre doute sur l'autorité suprême du siège romain. Il dit expressément que toujours la colonne de l'Église est ferme à Rome, il qualifie expressément le pape de pasteur des pasteurs et prince des chefs, à qui il appartient de protéger dans ses périls l'armée du Seigneur, de tout organiser, de régler l'ordre de la guerre, de stimuler les capitaines, d'engager enfin le com= bat en marchant lui-même à la tête des soldats de Dieu^

Ce prétendu Luther du vn*' siècle n'avait donc droit à aucune des sympathies qui lui ont été récemment témoignées. Elles se sont trompées d'adresse. Il n'a été l'ennemi ni des rois ni des papes. Il ne fut un rival redoutable que pour saint Benoît. Dans ses écrits pas plus que dans sa vie, rien n'indique qu'il ait eu l'intention de soulever cette rivalité : mais elle devait naturellement dériver de son esprit indépendant, particulier et quelque peu excessif, de l'attachement passionné qu'il sut inspirer à un si grand nombre de disciples, de ce don de propagande dont il était manifestement

1. Epist. V, ad Bonifacium. Pulcherrimo omnium totius Europte Ecclesiarum capiti... pastorum pastori.

Sa R('j;lc.

pourvu, mais surtout de la Règle qu'il crut devoir rédiger à l'usage de tout ce peuple monastique qu'il avait vu réuni sous sa crosse^ Il n'y dit pas un mot de la Règle de saint Benoît, dont il ne pouvait cependant ignorer l'existence, notamment après son séjour en Lombardie\ Mais il a voulu introduire en Gaule un monument durable de l'esprit religieux de son pays, de ce souffle puissant qui avait fécondé l'Irlande monastique et créé ces immenses rassemblements de religieux où, s'il faut l'en croire, il régnait une telle discipline qu'on y voyait jusqu'à mille abbés reconnaître les lois d'un même supérieur, et une telle union que, dans certaines maisons, depuis leur fondation, deux moines ne s'étaient jamais disputés \

1. Mis ergo in locis moiiachorum plebibus constitulis... Regulam quam tenerent Spiritu sancto repletus condidit.

2. Mabillon a parfaitement reconnu, à rencontre de Yepes et de Tritheraius, que la règle de Colomban n'était pas une simple modification de la Règle de Benoit : mais il est impossible d'admettre la démonstration par laquelle il prétend établir que Colomban, attire en Italie par la renommée de Benoît lui-même, avait adopté la Règle de son prédécesseur et l'avait introduite à Bobbio. Contrairement à toutes ses habitudes, le prince des érudits chrétiens ne cite, en cet'e circonstance, aucun texte contemporain, aucun fait, et se borne à des hypothèses qui ne sont d'accord ni avec la vie ni avec le caractère de Colomban. Cf. Pr^/i//. in Sœc. IL ir 14, et in Sœc. IV, n- 129 à 135.

5. Et cum tanta pluritas eorum sit, ita ut mille abbates sub uno archimandrita esse referantur, nulla ibi a conditione cœnobii inter duos monachos rixa fuisse ferlur visa Rf:giîi.a S. Coloibani, c. 7. — Les mots apud seniorcs noslros, qui se trouvent au commencement de ce chapitre, pourraient s'interpréter non de toute l'Irlande, mais

Celte Règle, à la fois plus courte, plus vague et plus sévère que celle de Benoît, ne s'en accorde pas moins avec celle-ci sous les rapports essentiels, comme aussi la Règle bénédictine touchait par une foule de côtés aux Règles des grands solitaires d'Orient. l\ n'est pas donné à l'homme, pas même à riiomme de génie, de s'isoler des efforts et de l'expérience de ses devanciers, et aucun génie vraiment pratique ne l'a ni tenté ni même désiré. Des dix chapitres dont se compose la Règle de Colomban, le premier roule sur l'obéissance : elle doit être passive et absolue ; il n'y a aucune réserve comme dans celle de Benoît sur les ménagements que doit garder Tabbé, ni sur les conseils dont il doit s'entourer. Le second impose aux religieux un silence perpétuel, excepté pour des motifs utiles ou nécessaires. Le troisième réduit leur nourriture aux proportions les plus exiguës : Benoît accordait aux faibles et aux malades de la viande avec une hémine de vin ; à tous Colomban ne permet que les légumes, de la farine détrempée d'eau et un petit .pain\ On ne doit manger que le soir, le jeune doit être quotidien, comme le travail, la

(lu monastère de Bangor, où Colomban avait été moine : mais comment expliquer ces mille abbés dans une seule maison, et comment regarder le terme abbates comme synonyme de moines, lorsque le moi monachi ^eiYQuyQ dans la même phrase?

4. Cibus vilis et vespertinus .. cum parvo panis paximatio... — Il faut cefiendant que le poisson n'ait pas été défendu, puisqu'on voit saint Gall et son maître sans cesse occupés de la pêche.

534 SAINT COLOiMBAN.

prière et la lecture. A part le chapitre vu, qui établit pour la psalmodie du chœur un ordre d'exercices très-compliqués et d'une longueur exorbitante (soixante-quinze psaumes et vingt-cinq antiennes pour les grandes fêtes, trente-six psaumes et douze antiennes pour les moyennes), les autres chapitres traitent de la pauvreté, de l'humilité, de la chasteté, de la discrétion ou prudence, et de la morlification, toutes vertus essentielles à l'état religieux, mais dont l'auteur parle plutôt en prédicateur qu'en législateur. Le dixième et dernier, aussi long à lui seul que Ions les autres ensemble, forme, sous le Le Pénitcntiei. titre dc Pémtentiel^ une sorte de code criminel où l'on remarque un nouveau contraste avec la Règle bénédictine dans l'extrême sévérité des peines prescrites pour les moindres irrégularités. La rigide discipline en usage dans les monastères d'Ecosse et d'hdande s'y manifeste par la prodigalité de la peine du fouet, réservée dans le code bénédictin pour les criminels incorrigibles, et prescrite dans le Pénilentiel pour les omissions les plus insignigniliantes. Lenombre des coups de fouetinfligés aux délinquants varie de six h deux cents. Il faut croire du reste que cette peine paraissait bien moins dure et moins humiliante à cette époque, même aux fils des grand seigneurs qui comptèrent en si grand nom])re parmi les disciples de Colomban, qu'elle ne le semblerait aux plus obscurs chrétiens de nos jours, puisqu'on voit que ce

SAIiNÏ COLOMBAN. 555

maximum de deux cents coups est regarde comme l'équivalent de deux jours de jeûne au pain et à Teau, et que l'une ou l'autre de ces peines est réservée au moine qui aurait parlé sans témoins à une femme. Celui qui, étant en voyage, aurait couché sous le même toit qu'une femme, devait jeûner trois jours au pain et à l'eau ^

Ces excessives ri sueurs ne décourageaient per- Discipios sonne. Colomban vit afQuer autour de lui jusqu'au coiomban. dernier jour de sa vie, dans les sanctuaires qu'il avait fondés, une véritable armée de disciples. Ils furent plus nombreux et plus illustres que ceux de Benoît. Enflammés par le souffle de ce grand saint, pénétrés de la sève vigoureuse qui débordait en lui, comme lui opiniâtres, intrépides, infatinables, i!s donnèrent à l'esprit monastique l'impulsion la plus puissante, la plus rapide et la plus active qu'il eût encore reçue en Occident. Ils le propagèrent surtout dans les contrées où se constituait laborieusement cette race franco-germaine qui recelait dans s(^s flancs l'avenir de la civilisation chrétienne. Par eux le génie et la mémoire de Colomban plane sur tout le septième siècle, le plus fécond et le plus

1. Si quis moiiachus dormieritin una domo cum muliere, très dies in pane et aqua; si nescivit quod non débet, unodie. — M. de Courson et l'abbé Gorini (op. cit., t. l^% p. 429) ont suffisamment relevé la grotesque erreur commise par M. Miclielet, dans son Histoire de France [{. V% p. 28G), où il traduit ce texte ainsi qu'il suit : « Pour le moine qui a failli avec une femme, deux jours au pain et à l'eau. )>

^no SAINT COLOMBAN.

illustre de tous par le nombre et la ferveur des établissements religieux qui y prirent naissance. Et cependant, on le verra, avant que ce siècle s'acbève, la Règle et l'institut du grand Irlandais seront partout remplacés par l'esprit et parles lois de son immortel prédécesseur. Colomban avait plus de cet élan qui entraîne pour un jour ou une vie d'homme, que de cette profondeur du génie qui crée pour les siècles.

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