‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 4)Chapitre 156 sur 174 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Disciples de Colomban en Italie et en Helvétie.

Les successeurs de Colomban à Bobbio ; Attale et Rertulfc ; l'arien Ariowald et le moine Blidulfe. — Abbaye de Dissentis en Rliétie; saint Sigisbert. — Saint Gall se sépare de Colomban ; origine de l'abbaye de son nom ; encore les démons. — La princesse Frideburga sacrifiée à Dieu par son fiancé. — Gall ne veut être ni évêque ni abbé, et meurt dans la solitude.

Cherchons donc, s'il se peut, à tracer un tableau abrégé de cette propagande monastique des fils de saint Colomban, à la fois si laborieuse et si abondante, et dont les fruits, pour n'avoir point été exclusivement réservés à la gloire et à l'autorité du missionnaire celtique, n'en devaient pas moins enrichir, pendant mille ans et plus, le trésor de l'Église.

Un mot d'abord sur l'abbaye lombarde où Co- ses lomban acheva sa carrière. Il y eut pour successeur Attale, noble Bourguignon. D'abord moine à Lérins, mais rebuté par le spectacle de la décadence de ce fameux sanctuaire, il avait été attiré à Luxeuil par la renommée de Colomban, et désigné par celui-ci pour le remplacer, lors de son expulsion

successeurs i Bobbio,

Atlale.

de la Bourgogne ^ Mais il avait mieux aimé le rejoindre dans l'exil. Après la mort du fondateur, le nouvel abbé eut à subir une insurrection des moines italiens, qui se déclaraient incapables de supporter tant d'austérités et une discipline si rude. Il les laissa partir ; ils allèrent chercber un nouveau gîte, les uns dans les montagnes voisines, les autres jusque sur les bords de la Méditerranée ; plusieurs revinrent plus tard au bercail, où Atlale continuai! l'œuvre de son maître , en luttant vaillamment contre l'arianisme, qui avait trouvé chez les conquérants lombards du nord de l'Italie une dernière citadelle. Il mourut au pied du crucifix qu'il avait foit placer à la porte de sa cellule pour en baiser les pieds chaque fois qu'il entrait ou sortait, et fut enterré à côté de Colomban.

p.oi Li.ue. Après lui ce fut encore un étranger qui gouverna

027-wo. l'abbaye, Bertulfe, noble Austrasien et proche parent du fameux Arnoul, évêque de Metz, premier progéniteur connu de cette race carlovingienne qui devait bientôt réunir sous ses lois l'Italie et la Gaule. Bertulfe était né païen ; l'exemple de son cousin l'avait converti et conduit à Luxeuil, d'où il avait suivi Attale à Bobbio. A peine élu, il lui fallut lutter contre l'évêque de Tortone, qui voulait réduire l'abbaye sous sa juridiction et cherchait a s'armer de l'autorité du roi des Louibards, Ariowald.

\. Epht. ad Fratres, ubi supra.

Cet Ariowald, gendre et successeur d'Âgilulfe, Le duc arien

. , , ^ I T 1 1 «11* Ariowald

ne pronaettait pas d être pour 1 abbaye irlandaise et le moine

r M / i 1? A • -1 • orlhodoxe

un protecteur tres-zele. Avant d être roi il avait de

rencontré un jour, dans les rues de Pavie, un des moines de Bobbio, chargé par l'abbé Attale d'une mission pour la capitale des Lombards. En le voyant de loin il dit : « Voici un de ces moines de a Colomban qui nous refusent le salut. » Après (juoi il le salua lui-même dérisoirement. Le moine, qui se nommait Blidulfe, lui répondit qu'il l'aurait salué volontiers s'il eût été irréprochable en matière de foi, et profita de l'occasion pour lui faire un sermon sur l'égalité des trois personnes de la Très-Sainte Trinité. Ariowald furieux aposta deuxsatellites qui attendraient le moine à son retour, pendant l'obscurité , pour le faire périr sous le bâton. Blidulfe, qui venait de souper chez un bourgeois orthodoxe de Pavie, fut atteint dans un lieu écarté par les assassins, qui le rouèrent de coups et le laissèrent pour mort sur le terrain. Au bout de quelques heures il fut retrouvé par son hôte, gisant dans son sang, mais il se releva, malgré de cruelles blessures, en disant qu'il n'avait jamais dormi d'un sommeil plus doux \ Ce prodige excita

1. Ex Columbani monachis iste est, qui nobis salutantibus denegant apta respondere. Gumque jam baud prociil abesset, deridens salut ein prcemisit... Percussus cereliro et omni compage corporis collisus, magnisfastium ictibusac sul)dibus piilsatus... îNihilei respoudit unquam snavius accessisse nec somnum dulciorem babuisse testaus. Jovas, Vita S. Bertulfi, c.l4, np. Act. SS. 0. S. P.., t. II.

l'opinion populaire en faveur des moines de Bobbio et de leur doctrine orthodoxe. Ariowald, confus et repentant, envoya demander pardon à l'abbaye et lui offrit des présents qui furent refusés. Mais il faut croire que cette aventure laissa dans son âme une impression salutaire : car, après son avènement au trône, et quoique toujours arien, il s'abstint non-seulement de persécuter le monastère orthodoxe, mais même de lui donner tort dans ses luttes avec l'évêque. a Ce n'est pas à moi, » dit-il, c( qu'il appartient de connaître de ces contestations c( sacerdotales; qu'ils les fassent juger par leurs c< synodes ^ . »

Du reste, Bertulfe alla à Rome invoquer le pape lïonorius, lui fit connaître la règle et les usages suivis dans la nouvelle fondation, obtint son approbation souveraine et revint muni d'un privilège qui exemptait de toute juridiction épiscopale le monastère où Colomban avait achevé sa carrière \

Tous les noms des moines, cités dans les premiers temps de cette abbaye, indiquent une origine franco-germaine^; mais les Celtes d'Irlande et

1. Non meum est sacerdotum causas discernere quas synodalis examinatio ad purum decet adducere. Jonas. Vita S. Bertulfi, c. 5.

'J, Jonas de Suse, moine à Bobbio, comme nous l'avons déjà dit, a écrit, outre la biographie de saint Colomban, celles de ses deux successeurs, et les a dédiées à Bobolène, quatrième abbé de Bobbio, et d'origine franque, comme ses prédécesseurs.

o. Mérovée , Blidulfe , Théodald , Baudachaire. — Le monastère ne fut supprime que sous la domination française, en 1803 : l'église abbatiale subsiste encore et sert de paroisse. U y avait en

d'Ecosse continuèrent à regarder comme un sanctuaire national celui où reposait la cendre du plus célèbre missionnaire de leur race ; et deux cents ans après sa m.ort, un seigneur irlandais y apporta en offrande une collection de livres écrits dans leur île natale. Ces manuscrits n'ont pas tous péri, et sur l'un d'eux que conserve la bibliothèque Ambroisienne de Milan, on lit cette dédicace : a A toi, Golomban, à toi le saint et l'Irlandais, ton compatriote Dungal pour le plus grand bien de tes frères et des siens \ » Pendant que les Francs de Bourgogne et d'Austrasie, appelés à la suite du grand moine irlandais en Lombardie, créaient dans une gorge des Apennins un foyer de réaction énergique contre l'hérésie arienne, contre la mollesse des religieux italiens et contre les efforts du paganisme encore vivace, même alors, chez les paysans^ des moines irlandais qui avaient été expulsés de Luxeuil avec leur illustre compatriote, mais qui ne l'avaient suivi que jusqu'au pied des Alpes, semaient la foi au milieu des populations semi-païennes de l'Helvétie orien

outre un évèché à Bobbio fondé par l'empereur saint Henri, en 101 i. Ughelli, Italia sacra, t. IV, p. 925.

J. Sancte Columba, tibi Scolto tuus incola Dungall

Tradidit hune librum quo fratrum corda beentur.

Dungalus prœcipuus Scottorum... Librum quemdam scoLticaî linguœ... MuRATORi, Antiq. Italie, t. III, p. 821-826.

2. Voir l'aventure du moine Mérovée qui, allant de Bobbio à Tortone, et ayant voulu détruire un temple rustique [fanum quoddam ex arboribus consitum] qu'il avait trouvé sur les bords de la Scrivia, fut battu et jeté à l'eau par les fani cullores. Jonas, /. c, c. 16.

Affection

des Irlandais

pour Uobbio.

Disciples

de Colomban en llelvétie.

sigisbeii laie et de la Rliélie. L'un d'eux, Sigisbert, se sepa-

fonde Dissentis, .. . • i i . • > .

près rant de son maître au pied du mont qui s est apduVhilir pelé depuis le Saint-Gothard, et franchissant les glaciers et les crêtes du Crispait, se dirige à l'est, arrive à la source du Rhin et de là descend dans une vaste solitude, où il se construit, près d'une fontaine, une cellule de branchages. Les rares habitants de ces lieux sauvages, encore idolâtres, l'entourent, l'admirent, l'ëcoutent; mais quand il entreprend d'abattre le chêne sacré, objet de leur culte traditionnel , c'est sur sa tête que l'un des païens veut décharger sa cognée. Un signe de croix le désarme : l'œuvre de la conversion se continue péniblement, mais avec l'appui d'un seigneur voisin, qui, à la voix du missionnaire irlandais, se fait chrétien, puis moine, et dote de tous ses biens le monastère naissant, lequel subsiste encore, sous le nom de Dissentis ^ Ainsi fut conquis et béni, dès sa source, ce Rhin dont les eaux allaient baigner les murs de tant d'illustres sanctuaires monastiques.

^ami Gaii. Cc fut uoïi loiu du licu oii Ic Rhin se jette dans

le lac de Constance, et un peu au midi de ce lac, que Gall, guéri de sa fièvre, mais profondément attristé du départ de son maître, choisit une retraite que son nom devait immortaliser. Un diacre, fort occupé de chasse et de pêche, lui indique une aprc

1. BucELiNus, Martyrol. Bened. // Jm/. : Mabillon, Ann. Bened., 1. XI, c. 20.— L'abbaye de Dissentis, brûlée par les Français en 1799, a été reconstruite depuis.

SAIiM COLOMBAN. 545

solitude, resserrée eiilre des Iiauleurs boisées, avec des eaux abondantes, mais peuplée d'ours, de sangliers et de loups, a Si le Seigneur est avec nous, « (jui sera contre nous? » dit Gall ; et il se met en route avec quelques vivres dans sa besace et un petit filet pour pêcher. Vers le soir ils arrivèrent à l'endroit où le torrent de Steinach se creuse un lit dans les rochers. Comme il cheminait en priant, son pied se prit dans les broussailles, et il lomba. Le diacre accourt pour le relever: a Non, » dit Gall : c( c'est ici l'habitation que je choisis; c'est ici le lieu « de mon repos pour toujours. » Puis il disposa deux branches de coudrier en forme de croix, y attacha les reliques qu'il portait au cou et passa la nuit en prières. Pendant que son oraison durait encore j un ours descendit de la montagne pour ramasser les restes du repas des voyageurs. Gall lui jeta un pain et lui dit : « Au nom du Christ, relire- (( toi de cette vallée : les montagnes voisines te se- (( ront communes avec nous, mais à condition que « tu ne feras plus de mal ni aux hommes ni aux c( betes. » Le lendemain le diacre alla pécher à la Encore cascade, et, comme il lançait son filet , deux démons lui apparurent sous la forme de deux femmes nues, prêtes à se baigner, et qui lui jetaient des pierres en l'accusant d'avoir amené dans le désert cet homme cruel qui les avait toujours vaincus. Gall étant survenu exorcisa les fantômes ; on les vit fuir en remontant le cours du torrent, et puis on enten-

tes

démons.

dit dans la montagne comme des voix de femmes qui pleuraient en disant: a Où aller maintenant? c( cet étranger nous chasse du milieu des hommes et c( jusque du fond des déserts; » puis d'autres voix qui demandaient a si le chrétien était encore 15, et c( s'il n'allait pas bientôt partir*. »

Ces poétiques traditions, transmises de bouche en bouche parmi les premiers chrétiens de l'Helvétie, peignent au naturel l'effet produit sur lésâmes par la double lutte des missionnaires irlandais contre les dieux du paganisme et les forces de la nature. La légende s'est ainsi emparée de toute la vie du célèbre apôtre de la Suisse allemande, et l'a parsemée de récits dont le charme nous retient malgré nous. Elle nous le montre encore appelé auprès de ce même duc d'Alamannie qui avait voulu expulser de sa province Colomban et ses compagnons, et qui réclame le secours du saint solitaire, dont la renom- La princesse méc s' étendait déjà au loin , pour sfuérir sa fille,

Friedeburge. "* . . / . ,

possédée par un démon qui avait résisté à tous les exorcismes, en criant qu'il ne céderait qu'à ce Gall qui l'avait déjà banni, lui et ses pairs, des bords du lac de Zurich et du lac de Constance. Gall refuse de venir et s'enfonce dans les montagnes de

1. OzANAM, Éludes germaniques, II, 123. Rettberg, Kirchengeschichte, II, 40-45. Vita S. Galli, ap. Peutz, Monumenta, II, 5. Pr^ccipio tibi, bestia, in noniine Domiiii... Tu induxisti virum istum in iiunc eremura, virum iniquum el invidia plénum... Prsecipio vobis, phantasmala... Heu! quid faciemus, aut qiio pergemus'?... Walafuid. Stbado, ap. AcT. SS. 0. S. B., t. II, p. 224.

SAINT COLOMBAiN. . hAb

la Rlictic : on le découvre dans une caverne; on l'amène au château ducal à Uberlingen. Il trouve la jeune princesse couchée et comme morte sur les genoux de sa mère, les yeux éteints, la bouche ouverte. 11 s'agenouille auprès d'elle, et, après une prière fervente, il commande au démon de sortir. La jeune lllle ouvre les yeux, et le démon, parlant par sa voix, dit avant d'obéir: « C'est donc toi qui c< es ce Gall qui m'a déjà pourchassé de partout? « Ingrat,, c'est pour te venger que je suis entré c< dans la fille de ton persécuteur, et tu viens maince tenant m'expulser de nouveau ! » La guérison obtenue, Gall conseille à la fille du duc de consacrer sa virginité au Dieu qui l'avait délivrée. Mais cette princesse, qui s'appelait Friedeburga (château de la paix), et qui était d'une beauté singulière, comme toutes les princesses canonisées par la légende, avait été fiancée à Sigebert, à ce fds aîné du roi Thierry 11, qui venait de succéder à son père, et qui devait sitôt périr sous le fer de Clotairell. Elle lui fut envoyée à Metz. En apprenant comment et par qui elle avaitété guérie, le jeune prince fait don et concession au saint irlandais de tout le territoire qu'il voudrait occuper dans le domaine public ou royal entre les Alpes rhétiennes et le lac de Constance. Puis il veut procéder au mariage. Friedeburge lui demande quelques jours de répit pour achever de remettre ses forces ; elle en profite pour aller se réfugier dans une église dédiée à saint Etienne. Là elle se revêt du voile des

MOINES d'oCC. II. 55

546 SAINT GOLOMBAN.

religieuses, et, saisissant le coin de l'autel, elle conjure le saint qui le premier avait versé son sang pour le Christ de lui venir en aide. Le jeune roi, averti de ce qui se passe, arrive à l'église avec la robe nuptiale et la couronne qu'il destine à sa fiancée. A cette vue elle embrasse de plus en plus fortement l'autel. Mais lui la rassure et lui dit: a Je c( ne viens ici que pour faire ta volonté. » Il enjoint aux prêtres de la détacher de l'autel et de la lui amener : quand elle est auprès de lui, il la fait revêtir de la robe nuptiale et pose la couronne sur son voile. Puis, après l'avoir quelque temps regarsacnfiôc dée, il lui dit : c< Telle que tu es là, parée pour c( mes noces, je te cède à l'époux que tu me préce fères, à mon Seigneur Jésus-Christ. » Alors il lui prend la main, la pose sur l'autel, etsortlui-mêmedc l'église, pour pleurer en secret son amour vaincu \

1. Singulari pulchritudine fulgens... In sinu matris, oculis clausis, oreinhianti... Tu ne Gallus... Ego plane ob ultionem injuriœ quam Dux isle tibi et sociis tuis irrogavit liliam ipsius invasi, et sic ejicis me... Sicut mihi fuisti prœparala cum ornamentis, sic te dabo ad sponsam Domino meo J, G... Deinde ecclesiœ limen excedens lacrymis absconditumpalefecitamorcm. Walafr. Sthabo, g. 1.5-21. Obqiiod t'ertur egressus flerc. Anon. VII Sœc. — Tous ces faits se trouvent également relatés dans la vie anonyme du septième siècle, publiée par Pertz et reproduite par les nouveaux Bollandistes (t. VII Oclobris, p. 877), qui maintiennent l'authenticité du fond de ce récit contre les critiques de la plupart des historiens modernes. Cf. Manillon, AcT. SS. 0. S. B., t. Il, p 226, et Rettberg, Kirchengeschiclile Deuischlands, t. Il, ip. 42. L'objection la plus sérieuse provient de l'âge de Sigebert, l'alné de ces enfants nés hors mariage, que Colomban avait refusé de bénir, et qui ne pouvait guère avoir plus de treize

à Dieu

par son fiance.

OrigitT^ de l'abbaye

de Sainl-Gall.

Cependant, le zélé solitaire qui inspirait de si loin ces touchants et généreux sacrifices refusa l'évêché de Constance que le duc d'Alamannie voulait lui faire conférer, en alléguant l'espèce d'interdit prononcé contre lui par son maître au moment de leur séparation, et retourna dans sa chère solitude, que bientôt dix à douze chrétiens indigènes vinrent partager avec lui\ Il en choisit un qu'il envoya au delà des Alpes pour prendre des informations sur le sort de Colomban, et qui lui rapporta de Bobbio la nouvelle de sa mort, avec la crosse de l'illustre exilé, que celui-ci avait léguée à son compatriote et à son ami en signe d'absolution. Dix ans plus tard, il reçut 025. une députation de six moines de Luxeuil, Irlandais comme lui, et envoyés par la communauté pour le prier de venir prendre le gouvernement de la grande abbaye, vacant par la mort d'Eustaise. Mais caii refuse il refusa encore cette fois de quitter l'asile qu'il devenir abbo s'était créé, et d'où il continuait à prêcher et à édifier la population d'alentour, tout en y accueillant des visiteurs et des disciples de plus en plus nombreux, qu'il nourrissait du produit de sa pêche. Lorsqu'il mourut presque centenaire, vers le milieu

ans en 615, année do la mort de son père Thierry, lui-même âgé seulement de 26 ans. Dans une lettre intéressante publiée par M. Dantier dans son Rapport sur la correspondance inédite des Bénédictins (1857, p. 198), Mabillon, tout en admettant l'existence de la liaule naissance de Sigebert, lui conteste la qualité de fils de Thierry et de roi des Francs.

1. Reversurus addilectœ solitudinis aulani. Walafr. Strabo, c. 10.

Il meurt, du Vil* siècle, lout Ic pays des Alamans était réduit J6 octobre. 611 proviiice chrétienne, et autour de sa cellule se groupaient déjà les rudiments du grand monastère qui devait, sous le nom même de Saint-Gall, devenir l'une des plus célèbres écoles de la chrétienté et l'un des principaux foyers de la vie intellectuelle du monde germanique.

1. C'est la date donnée par Mabillon et reconnue exacte par Rettberg, II, 46-48. Les nouveaux Bollandistes, p. 881, préfèrent celle de 627.

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