Il s'appelait Autliaris, et son clièteau Eussy
fondation d'un autre monastère, aussi sur la Marne, et qui s'appela d'après lui Reuil [Radolium) ,
Restait le troisième, Dadon, qui prit ensuite le nom d'Ouën (Audoenus). Il était devenu le plus cher des leudes de Dagobert et son principal confident : il avait même reçu de lui la charge de référendaire ou de garde du sceau dont, selon l'usage des rois francs, tous les édits et actes de l'autorité publique étaient scellés. Il n'en suivit pas moins l'exemple de ses frères et l'inspiration que la bénédiction de Golomban avait déposée dans leurs jeunes cœurs*. Il chercha dans les forêts qui couvraient alors la Brie un lieu convenable à la fondation qu'il voulait créer et doter. Il le trouva enfin près d'un torrent nommé Rebais ^ un peu au midi des sites choisis par ses frères ; c'était une clairière etdeiipbais. qui lui avait été montrée pendant trois nuits de suite par une nuée resplendissante en forme de croix. Il y fit construire un monastère qui a gardé le nom de ce torrent, quoique Ouën lui eût d'abord donné celui de Jérusalem, comme un symbole de la paix fraternelle et de la vie contemplative qu'il comptait y faire régner ^ Ce fut là qu'il voulut
1. JoNAs, Vite/ s. Coliimbani. c. 50. — Viri inclyti, optimatos aulse. S. AuDOEN., Vila S. Eligii, T, c. 8. — Filii illu^^tris viri Âutliarii. ox prseclara Fraiicormn progenie... lu proprio solo... In patrimonio proprio... In quo etiain inonastica seciuuluni C. Columbani Institula iiiia cum cateiva... militavit. Gestans cjiis annulum quo signabantur publiée totius regni potiora signa vel edicta. Vita S. Agili, c. 14.
2. Desiderans illic liai eii collegiuni pacis o! nnaniniaefratemitatis
SAINT rOLOMIIAN. 599
aussi, comme ses frères, achever sa vie dans la retraite; mais ni le roi, ni les autre leudes ne voulurent y consentir, il lui fallut rester quelque temps encore à la cour mérovingienne, jusqu'au jour où il fut élu évêque (en même temps que son ami Éloi), par le consentement unanime du clergé et du peuple.
Il exerça dans toute la province de Rouen une sorte de souveraineté à la fois spirituelle et temporelle; car il avait obtenu du roi de Neustrie un privilège d'après lequel on ne pouvait y établir sans son aveu ni évêque, ni abbé, ni comte, ni aucun autre juge\ Pendant ses quarante-trois ans de ^^'^^' pontiiicat, il changea la face de son diocèse, en le couvrant de fondations monastiques dont l'une, située à Rouen même, a gardé son nom, consacré
contemplationeni... Ciiin Rex et cuiicti proceres Francoriim illi nollonl adquiescere... Vita S. Agili, c. 18-10. — Si l'on prend une ancienne carte de Champag-ne, on verra que les trois monastères de Jouarre, de Reuil (réduit au rang de prieuré sous Cluny) et de Rebais, forment une sorte de triangle entre la Marne et le Morin. Les pierres de l'église abbatiale de Jouarre, démolie depuis la Révolution, ont été employées au pont de la Ferté-sous- Jouarre ; mais la crypte subsiste encore, et M. de Caumont y a récemment retrouvé l'inscription qu'avait déjà publiée Mabillon en l'honneur de la première al)besse de cette célèbre communauté :
« Hic membra post ultima teguntur | fata sepulcro beatœ | Tlieodieclieldis intemeratce virginis génère nobilis meritis fnlgens j strenua moribus llagrans in dogmate almo | Ccnobii liujus mater sacratas Deo virgines | sumentes oleum cum lampadibus pi-udentes invitât | sponso filias occurrere X°. Exultât Paradisi in gloria. p Bulletin monumental, t. IX, p. 186.