‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 4)Chapitre 19 sur 174 · De Re rustica, 1. 1, c. 8, p. 445, éd. Gesner · texte numérisé non relu

De Re rustica, 1. 1, c. 8, p. 445, éd. Gesner

MOINES d'oCC. II. 5

vêtus et chaussés ^ ; enfin garder pendant la journée un silence presque continuel ^ C'étaient là des prescriptions minutieuses et salutaires qui autorisaient Benoît à déclarer que la vie de moine ne doit être qu'un carême perpétuel.

Il y en avait d'autres mieux adaptés encore pour extirper du cœur des religieux jusqu'aux dernières amorces de l'orgueil, de la volupté et de l'avarice. Ils ne pouvaient recevoir aucune lettre, ni le moindre présent*, même de leurs plus proches Pénalités, parents, sans la permission de Tabbé. En acceptant la règle, ils s'engageaient d'avance à subir patiemment, pour les moindres fautes, des pénitences publiques et humiliantes, et jusqu'à des corrections corporelles '\ en cas de récidive ou de murmure, sans préjudice de l'excommunication temporaire et de l'exclusion définitive. Mais la clémence apparaît à côté de la sévérité : le frère exclu qui voulait revenir, en promettant de s'amender, devait être reçu de nouveau et jusqu'à trois fois avant d'être à jamais proscrit de la communauté.

Et cependant, en se reportant aux austérités des

1 . Cap. 22. — L'usage des siècles anciens, qui fut prolongé jusque dans le Moyen Age, était, comme l'on sait, de dormir sans vêtement.

Page 1