‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 4)Chapitre 72 sur 174 · JoAN. Duc, II · texte numérisé non relu

JoAN. Duc, II

monde \ Il avait organisé avec un zèle perspicace le service régulier de la charité dans Rome, et tous les jours des voitures parcouraient les divers quartiers et les rues pour porter des secours aux malades et aux pauvres honteux^ ; à ceux-ci, il envoyait des plats de sa propre table, qu'il bénissait à l'adresse de ses amis indigents, avant de toucher à son repas. Deux siècles après sa mort, on conservait encore le volumineux catalogue des pauvres qui participaient à ses aumônes, tant à Rome même que dans les villes des environs et des bords de la mer*. Un mendiant ayant été trouvé mort dans un quartier reculé, il craignit que cet infortuné ne fût mort de faim, et, se reprochant d'avoir été son meurtrier, il s'abstint pendant plusieurs jours de célébrer la messe*.

Cet homme, si sensible aux douleurs d'autrui, était lui-même en butte aux plus cruelles infirmités. La sescrueiies

., , , . souffrances.

goutte lit des dernières années de sa vie une sorte de martyre. Le cri de la souffrance éclate dans beaucoup de ses lettres : c< Me voici depuis bientôt Dernières lettres

1 / • «1 • 1 lîii 1 • d'amitié

deux ans, » ecrit-il au patriarche d Alexandrie , et de douleur. c( emprisonné dans mon lit par de telles douleurs de

i . Ita ut nihil aliud quam comirîunia quœdam horrea communis putaretur Ecclesia. Joan. Duc, ii, 26,

2. Quotidianis diebus per omnes regionum \icos, vel compila... per constitutos veredarios... Vorenindioribus... ostiatim dirigere nurabat scutellam. Ibid., 28.

Page 1