Concil. AureL, an. 511, c
2. Ne occasio famaiii laceret honestatis, quia aliqui laici, dum diversa perpétrant adulteria, hoc quod de se sciunt, in aliis suspicantur, sicut ait Seneca, pessimum in eo vitiiun esse, qui in id quo insanit, ceteros putat furere.
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que l'idéal chrétien de la vie commune rencontrait de résistance.
Comment toutes ces communautés , si nombreuses et si diverses, en vinrent-elles à reconnaître dans la Règle bénédictine celle qui devait assurer leur durée et leur prospérité? C'est ce qu'on n'a pu découvrir que pour quelques maisons plus ou moins célèbres. Ce ne fut pas l'œuvre d'une de ces transformations subites, radicales et éphémères, auxquelles l'histoire moderne nous a habitués : ce fut le travail lent et instinctif d'une institution qui cherchait les conditions d'une durée séculaire. La conquête se fît graduellement et imperceptiblement ^ . Ce qui est incontestable, c'est qu'elle fut universelle, malgré la rivalité formidable de la Règle de saint Colomban ; ce qui ne l'est pas moins, c'est que la mission de saint Maur fut le canal par où la paternité souveraine du législateur italien s'étendit peu à peu sur tous les monastères gaulois \
1. Nunquam nobis venit in mentem ut asserere veliraus omnia aut pleraque Galliarum monasteria, adveniente Mauro, Benedictinam regulam statim admisisse... Quse postea sensim sine sensu ita per alia monasteria sequentibus annis propagata fuerit, donec tandem ^ola prsevaluerit in toto Galliarum imperio. D. Ruinart, in Append, Annal, Bened., tome I, p. 656.
'2. C'est le témoignage formel de saint Odilon, le célèbre abbé de Cluny. « Post sancti Benedicti ex hac vita migrationem, per Beatum Maurum illius discipulum omnis pêne Gallia ejus institutiones et religionis instituta suscepit, atque per eumdem Maurum, eosque quos ille ad justitiam erudivit, per longa temporum spatia, eadem religio ad perfectionis cumulum excrevit. » Odilo, Vit. S. Maioli, ap. Surium, 11 Mail.
Celle mission signale en outre, dans l'histoire, Première la première rencontre de l'Ordre bénédictin avec
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de la royauté ccttc royauté française, alors à peine éclose sous
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avec le bouclier de Clovis et de ses descendants, mais
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que nous verrons pendant tant de siècles 1 alliée fidèle et reconnaissante des fils de saint Benoît. La partie de l'Anjou où se trouvait Glanfeuil était échue en partage à celui des petits-fils de Clovis qui régnait à Metz et sur l'Austrasie, et qui s'appelait Théodebert \ C'est à lui que dut s'adresser, selon la tradition, le vicomte Florus pour obtenir, d'abord, l'autorisation nécessaire à l'établissement des religieux étrangers, puis celle de s'enrôler lui- Enirevue même daus leurs rangs. Ce roi, célèbre dans This-
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toire des Mérovingiens par ses exploits en Aquitaine contre les Visigoths et en Italie contre les Impé-
1. Le professeur Roth, dans son important ouvrage intitulé Geschichte der Beneficiahuesens (Erlangen, 1850, p. 440), s'attache à démontrer la fausseté de ce récit en se fondant sur ce que, dans le partage de la Gaule entre les rois francs, l'Anjou appartenait, non à Théodebert, mais à Childebert, et que cette province n'échut que plus tard à un roi d'Austrasie du même nom, Théodebert II, qui régna de 596 à 602. Mais on peut lui répondre avec Ruinart que rien n'est moins certain que la délimitation exacte des provinces dont les tils de Clovis constituèrent les différentes parties de leurs royaumes, et rien de plus étrange que le morcellement de tout le territoire sis au midi de la Loire. Un autre savant contemporain qui s'est particulièrement occupé des origines de la royauté franque, le professeur Léo, établit que Thierry, le père de Théodebert et l'aîné des lîls de Clovis, exerçait une sorte de suzeraineté sur les États de ses frères, et que ses possessions enveloppaient de toutes parts les héritages de ceux-ci. Voir Des Deittschen Volkes Vrsprung nnd Werden, lî<5i. p. 555.
avec saint Maur à Glanteuil
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riaux, ne consentit à se séparer d'un de ses principaux officiers qu'avec peine, et après avoir lui-même rendu visite à la nouvelle colonie. Il s'y rendit avec toute cette pompe que la race de Clovis avait si rapidement empruntée aux traditions de l'empire abaltu; mais tout revêtu de sa pourpre, dès qu'il aperçut Maur, le roi franc se prosterna devant le moine romain, comme Tolila s'était prosterné devant Benoît, en lui demandant de prier pour lui et d'inscrire son nom parmi ceux des frères. Il présenta son jeune fils à la communauté, se fit désigner spécialement ceux des moines qui étaient venus du Mont-Cassin avec l'abbé, demanda leurs noms, et les embrassa ainsi que leurs frères. Puis il parcourut les lieux réguliers, mangea avec les moines au réfectoire, et voulut , avant de partir, que le chef de ses scribes rédigeât sur l'heure et scellât de son anneau la donation d'un domaine du fisc qu'il destinait au monastère. Florus obtint ensuite que le roi servît de témoin à sa prise d'habit. Après avoir ajouté de nouvelles largesses à sa première donation, il affranchit et dota vingt de ses esclaves; puis, déposant sur l'autel son baudrier militaire, il s'agenouilla devant le roi qui, à la prière de l'abbé, lui coupa une première mèche de cheveux; les autres seigneurs achevèrent de le tonsurer complètement. Au moment de quitter le monastère, le roi voulut revoir son ami , revêtu du froc ; il l'exhorta à honorer ce nouvel habit comme il avait
honoré la vie séculière , puis se jeta dans ses bras et y resta longtemps en pleurant, avant de s'éloigner muni de la bénédiction de l'abbé ^
Voilà donc comment le roi franc et le bénédictin tirent connaissance , et ces deux forces qui vont fonder la France, la diriger et la représenter pendant de longs siècles, les voilà en présence pour la première fois.
En admettant même que ce récit, dans ses détails minutieux, ait été embelli par l'imagination des siècles ultérieurs, il mérite d'être reproduit comme le type de ces relations intimes et cordiales qui commencèrent dès lors entre les princes de la race germaine et les moines, et qui se retrouvent presque à chaque page de leur double histoire.
1. Regali indutus purpura humiliter prostratus... Qui cum nos digito designasset, in parte nos stare praîcipiens, intuebatur attentius, nomen uniuscujusque sciscitans... Ansebaldura, qui scriptoribus testamentorum regalium prœerat... ut de ejus annulo regali firmaret more... Cingulum militise... super altare mittens... Rex primus de coma capitis ejus totondit... Florum sihi amantissimum ad se deduci prsecepit, qui... monachali jam indutus habitu... diutius in osculis ejus immoratur. Facstus. Vit. S. Mauri, c. 49-52.