FIN DE LA DISSIDENCE CEITIOEE
prêtres, que ne dira-t-on pas si vous laissez partir seul dans son bannissement le pontife qui vous a instruits et ordonnés? » On ne nous dit pas quel fut le succès de cette lettre ; mais il n'en est pas moins curieux de voir noire abbé anglo-saxon, en digne descendant d'Odin, invoquer au profit de l'autorité épiscopale et chercher à réveiller dans le cœur de ses confrères cette tradition du dévouement personnel, ce sentiment passionné de la féauté au prince et au seigneur dont les Anglo-Saxons nous ont déjà fourni plus d'un exemple touchant.
Pendant les trente années que dura son abbatiat, Aldhelm fut le véritable fondateur de Malmsbury; il lui donna cette existence puissante et populaire qui dura jusque fort avant dans le moyen âge. Il y attira une foule immense de religieux et d'étudiants \ Par la grandeur et la variété de ses constructions, il en fit le plus bel édifice qu'il y eut alors en Angleterre. La sympathie qu'il inspirait aux rois et aux nobles du Wessexet delà Mercie valut au monastère situé sur les confins de ces deux régions de nombreuses et vastes donations territoriales ; le domaine abbatial, qui ne contenait que trente métairies' quand il de-
crabiles cachinni ridiculo et gannaturfe strepitu ab omnibus duciintur? Quid ergo de vobis dicetur? etc. Epistola ad clerum Wilfridi episcopi, p. 335.
1. Currebatur ad Aldlielmiim totis semitis : his vitre sanclimoniam, illis litterarum scientiam desiderantibus... Tune resmonasterii in immensum augeri. Guill. Mauiesb., p. 10.
2. Je traduis ainsi les Cassalos de Guillaume, que je suppose être r(''quivalent du terme si usuel ûeCnftnfa.
FIN Di: LA TllSSIDENCE CKLTIQUK.
vint abbé, en eom|)lnit plus do quatre cenls à sa nioii . Afin (le mettre autant que possil)le la liberté et la propriété tle la communauté à l'abri de la cupidité laïque ou ecclésiastique, il alla, avec l'assentiment des deux rois de Mercie et de Wessex, jusqu'à Rome et y obtint du pape Serge P' un privilège destiné à mettre le monastère deMalmsbury et ses dépendances sous la protection spéciale du Saint-Siège et à leur garantir l'indépendance absolue de toute autorité séculière ou épiscopale\ Aldhelm eut soin de faire confirmer cette exemption avec toute la solennilé requise •par son cousin le roi Ina, lorsqu'il devint évêque. Car lui aussi devint évêque, vers la fin de sa vie, et malgré tous ses efforts pour être délivré de ce fardeau. L'évêque des West-Saxons, Hedda, étant venu à mourir, on profita de l'occasion pour appliquer le plan de l'archevêque Théodore et pour diviser son immense diocèse en deux. Un nouvel évêché fut créé à
'1 . L'authenticité de ce diplôme donné par Guillaume de Malmsbury a été révoquée en doute, mais le fait môme de l'exemption ne paraît pas douteuse. Les Bollandistes disent à ce sujet : « Taies exemptiones (de la juridiction épiscopale), licet eo tempore rariores, non omnino inusitatas fuisse ostendit eruditissimus Mabilio,^^ Bediplomatica, 1. I, c. 3, ex quibus corrigas quse alibi forte in contrarium diximus. » — On nous dispensera d'insister sur les fables grossières et peu lionorables pour la papauté que les Ijiographes d'Aldhelm ont mêlées au récit de son voyage à Rome; pas plus que sur l'épreuve extraordinaire que le saint auteur de l'Éloge de la Virginité, comme plus tard Robert d'Arbrissel, se serait imposée pour mieux constater sa victoire sur ses sens. Quomodo, dit avec raison Henschenius, monacho id credam fuisse permissum? Et c'est bien le cas d'ajouter ce que dit Malmsliury lui-même, dans une autre occasion : Non enim eget Aldhelmus ut mendaciis asseratur.
Il va
lîomo
pour
obtenir
le privilège
de exemption.
devient évêque,
abl de Malmsliurv