FÏX DE LA DISSIDENCE CELTIQUE
Inine, voisine du monastère, a longtemps gardé son nom avec la mémoire de ses redoutables austérités ^ Je pense que c'est le seul poëte et le seul érudit dont on ait conservé de tels souvenirs.
Son zèle II était loin d'ailleurs de concentrer son zèle dans
pour
la préfiicaiion. l'élToite cnccinte de son monastère. Ce fut lui qui, par sa prédication, acheva la conquête du Wessex, ce royaume qui devait, un siècle après sa mort, absorber les sept autres royaumes de l'IIeptarchie. Mais celte œuvre fut aussi longue que laborieuse. Les populations semblaient n'être chrétiennes que de nom : elles n'écoutaient pas les prêtres et ne fréquentaient })oint les églises. Aldhelm employait toutes les ressources de son éloquence pour les y attirer. Il allait jusque sur les foires et les marchés publics, se mêlait aux orounes des acheteurs et des vendeurs, et réus-
^oupes
sissait, par la suavité de sa parole, à leur faire abandonner pour un temps leurs denrées, et à les entraîner sur ses pas jusqu'à l'église où il les nourrissait h loisir du pain de la parole divine ".
4. Ut vim rebelli corpori conscinderet, fonti se liumero tenus immcrgebat. Ibi nec glacialcm in hyeme frigorem, ncc restate nebulas ox locis palustribus halantes, curans... Fons ille... in valle cœnobii Icnibus scatebris fluens... Gnix. Mauiesb., p. 15.
2. lUiiis provincise popnlus, perversus opère, quamvis subditus fidei nostrœ, ecclesiam non frequentabat, nec sacerdotum curabat imperium : quem vir blandus verbis monens suavibus... Mercatorum ex diversis partibus multitudo congregabatur maxima : cui pater iste extra nrbem veniebat obviando... Quidam eorum... pro quibus vénérant relinquentes ad tempus mercimonia... post lirec... repedabant ad propria, animabris «;uis divino piùus oflicio saginalis. Boiland.. t. VI Mali. p. 85.
FIN l)K LA DISSIDENCE CELTIQUE. 41
Sa sollicitude pour le bien des Ames et l'honneur de l'Église s'étendait même en dehors de sa province na> taie. Il ne fut pas indifférent, comme tant d'autres saints évêques et abbés de son temps, aux nobles luttes de Wilfrid. On a une lettre de lui, adressée aux membres trop nombreux du clergé de Wilfrid qui avaient abandonné leur pontife au milieu de ses épreuves et qui, pendant son exil, mendiaient la faveur de ses persécuteurs, a Je vous en supplie à genoux, » leur écrivait Aldhelm, « ne vous laissez pas troubler par l'ouragan qui vient d'ébranler les fondemenis de votre Eglise, et dont le bruit a retenti jusqu'à nous. Sachez, s'il le faut, quitter avec votre pontife le pays de vos pères et le suivre dans l'exil. Quelle douleur, quel labeur pourrait vous séparer de celui qui vous a nourris, élevés, portés dans ses bras et dans son cœur avec une si tendre charité?... Voyez les séculiers, étrangers à toute science des choses divines. Que dit-on des laïques qui, après avoir aimé et servi leur seigneur dans sa prospérité, l'abandonnent quand il tombe dans le malheur et la pauvreté ? Que dit-on de ceux qui aiment mieux goûter le doux repos de leurs foyers que s'associer aux misères et à l'exil de leur prince? Par quelle explosion universelle de risée, de mépris et d'exécrations ne sont-ils pas flétris*? Et de vous donc, de vous
1 . Vos viscérales conttibulos, llexis genuum poplilibus, subnixa exposco prece... Ecceseculares divinfe scientiae extorres, si devotum domimim rpiem in prosperitate dilexcriint... deseruerint... Nonne exe-
inlervient
en
faveur
(lo WiliVid.