Voir plus haut, page 125 de ce volume
l^gbiirga
la désolée.
ôb6 LES RELIGIEUSES ANGLO-SAXONNES.
maintenant mon père. Depuis que la mort, l'amère et cruelle mort m'a enlevé mon propre frère Oshere que j'aimais plus que personne, c'est vous que je préfère à tous les autres hommes. Il ne se passe ni jour ni nuit que je ne me souvienne de vos leçons. Croyez-moi, car Dieu m'en est témoin, je vous aime d'un suprême amour. J'ai confiance que vous n'oublierez jamais l'amitié qui vous unissait à mon frère. Je suis bien peu de chose et bien au-dessous de lui par le mérite et la science ; mais je ne lui cède en rien par mon affection pour vous. Le temps a coulé depuis lors ; mais le sombre nuage de la douleur ne m'a jamais abandonnée. Au contraire, plus j'ai vécu et plus j'ai souffert ; j'ai éprouvé la vérité de ce qui est écrit, que r amour de F homme enfante la douleur^ tandis que l'amour du Christ illumine le cœur. Mon cœur a reçu une nouvelle blessure par la perte de ma très-chère sœur Wethburga. Elle a disparu subitement d'auprès de moi, elle avec qui j'avais grandi, elle qui avait sucé le même lait que moi, j'en atteste Jésus... »
Ici la pauvre fille veut sans doute montrer à son ancien maître qu'elle n'a pas été indigne de ses leçons. Elle se met à citer son Virgile :
...Grudelis ubiqiie Luctus, ubique pavor, et plurima mortis imago».
Mais elle le cite de travers sans s'en apercevoir, pas