‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 5)Chapitre 16 sur 110 · FIN DE LA DISSIDENCE CEETIOUE · texte numérisé non relu

FIN DE LA DISSIDENCE CEETIOUE

rois en tète^, et grossissent ces armées de pèlerins qui allaient confondre au pied delà chaire de Pierre leurs aspirations, leurs inimitiés, leurs diversités de race, mais qui en revenaient avec la certitude légitime que le bienfait suprême de l'unité catholique n'exigeait le sacrifice d'aucune indépendance, d'aucun droit, d'aucune tradition vraiment nationale.

Ainsi s'éteignirent successivement les différents foyers de cette dissidence celtique, qu'on a fort injustement qualifiée de schisme. Ainsi finit, sur le terrain de la religion, mais pour recommencer et se perpétuer ailleurs, la longue lutte entre les Celtes et les Saxons. Selon la destinée ordinaire dds luttes et des passions humaines, tout ce grand bruit alla s'éteindre dans le silence et l'oubli, comme le Rhin va disparaître obscurément dans les sables et les marécages de la Hollande, après avoir roulé ses eaux si majestueuses et parfois si bruyantes h travers tant d'illustres régions enorgueillies et charmées de. sa présence.

p. 252), à rencontre des affirmations puérilement absurdes de Roberts. de Gieseler et même de Lappenberg. — Tout ce qu'on peut admettre, c'est que les évêques cambriens, qui avaient leur métropole indigène soit à Menevia (S. Davids\ soit à Llandaff, ne reconnurent pas les droits métropolitains conférés par saint Grégoire à Augustin. La question ne fut définitivement tranchée que par Innocent ÏII, qui soiunit les évêques de la Cambrie à Cantorbéry.

1 . Parmi les rois gallois qui se rencontraient à Rome avec les rois anglo-saxons, on signale dès 680 CadAvallader, mais sur la foi d'une tradition assez douteuse; tandis que les pèlerinages de Howell et de Cyngus au neuvième siècle, comme celui de Howell le Ron au dixième, reposent sur de meilleures autorités.

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En jefnnt nii dcM^nior l'egard sur ces conteslations si pi'olongëos, si insignifiantes an fond, si graves par les influences et les intérêts de race qui s'y rattachaient, si animées par les passions, les talents, les vertus de leurs principaux champions, on admire profondément la sagesse, je dirai même la grave beauté des paroles de celui qui fut le plus grand moine du grand siècle.

(( Cette dispute sur la date d'un jour, ))dit notre Mabillon, (c occupa l'Eglise pendant six siècles, et il fallut trois de ces siècles pour ramener l'union dans les esprits. C'est que la nature humaine reprend sa pente immodérée dans ce genre de controverse : la chaleur de la dispute et la passion du succès s'emparent de î'ame sous les dehors de la religion; elles ne connaissent plus de bornes, et il arrive trop souvent que les lois de la charité chrétienne sont sacrifiées à des questions d'invention purement humaine. Dans des cas pareils, il n'est permis à personne de désobéir au jugement de l'Église ; mais il importe que les pasteurs de cette Église usent de leur autorité avec assez de modération pour ne pas provoquer impiudemment à la révolte des esprits faibles, trop attachés à leur propre sens, et pour ne pas faire naître d'une cause insignifiante les plus grands maux\ >>

1 . Sic unius diei quîestio Ecclesiam detinuit per annos fere sexcentos : ot tria minimum saîcula vix fuermit satis componeiuko hominum rixosonim corona?. .. In his vero casibus, siciit ab Ecclesiam catholica? sententia reccdere nemini licet. ; ita convenit Kcclesifc paslores sic mo- (lerari nnctoritatem suam. nt nec imbecillos animos, proprii? sensibus

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En même temps ce généreux fils de saint Benoît se félicite avec raison de ce que les bénédictins ont eu riionneur de ramener à l'unité les Scots et les Bretons, séparés depuis si longtemps de l'Eglise romaine pour si peu de chose.

Il convient d'ailleurs de se rappeler que, pendant lontle septième siècl(?, l'Eglise celtique ou bretonne était bien plus étendue que la nation bretonne: celleci était concentrée en Cambrie et dans les péninsules voisines ; celle-là embrassait, outre le lilloral occidental de l'Angleterre, toute l'Irlande et toute l'Ecosse actuelle, sans parler des colonies irlandaises en Gaule et en Belgique. Disons une dernière fois que l'opposition que rencontra, au sein de cette Église, la conformité aux rits et aux usages romains, fut exactement proportionnée au degré de résistance patriotique qu'excitait l'invasion des Saxons, derrière lesquels apparaissaient les missionnaires romains. Celte résistance fut acharnée chez les chrétiens bretons, qui conservaient la mémoire ou subissaient encore chaque jour le poids des excès sanguinaires de la conquête. Elle fut moins vive et moins prolongée dans la Calédonie et y prit fin dès que la lutte entre les Saxons et les Celtes se termina. P]nfin, elle fut à peu près nulle en Irlande, où, sauf l'incursion d'Egfrid, si universellement blâmée par les saints nor-

niiniriim addictos, incanto provoccnt ad s. cessionein, nec in levibus causis pariant fïrande malum. Mabillon. Pr^.fatio in lllsecul. Benedict., n°' 14, 15.

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lhiim])ricns, les Saxons ne pénélrèrenl jamais à main armée, et où les deux races vécureni en bonne el conslanlc intelligence. Rien ne prouve mieux à quel point les vérités fondamentales du christianisme et l'autorité infaillible de l'Église étaient étrangères au débat, et combien la question était plutôt nationale que religieuse \

En ce qui touclie le sujet spécial de ces volumes, on remarquera que le résultat de la lutte entre les

Comme en Gaule, le I 1 /i r • !• • lî • 1 monachisme

deux grands éléments qui se disputaient 1 empire du celtique

monde monastique a été le même dans les Iles Britanniques que chez les Gallo-Francs. Cette lutte fut bien plus longue et plus sérieuse dans la Grande-Bretagne, parce qu'elle se compliquait d'une répugnance nationale, d'une résistance légitime, d'un ressentiment implacable qui n'étaient pour rien dans l'influence exercée en France par Colomban de Luxeuil et ses Irlandais. La règle et l'ordre de Saint-Benoît s'identifiaient naturellement, aux yeux des Celtes vaincus et dépossédés, avec les féroces étrangers qui les poursuivaient jusque dans les gorges et les îles, où ils trouvaient un dernier asile. En outre, le Columba d'Iona, ce grand patriarche des moines celtiques de la Grande-Bretagne, est, ce nous semble, un personnage tout autrement atfraynnt que son illustre homonyme de Luxeuil ; ses fils, ses héritiers, Aïdan, Adamnanel tant d'autres, ont bien plus d'éclat

1 VAitiN, '2* Mémoire,

est

vaincu

dans les lies

Britanniques

par

la règle

de Saint-Benoît.

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