Voir an tome IV, page
". Voir an lomc IV, |iage4(»2.
Son assiduité
au travail.
LE V r;>ÉliAl{LK HIU)K. 77.
Bientôt d'élève il passa maître, et an premier rang (les maîtres. On voit, par divers passages de ses livres, que ses jonrnées et ses nuits, après une part bien modique faite au sommeil, se partageaient entre les recherches et les études qu'il poursuivit jusqu'à sa dernière heure, l'enseignement qu'il distribuait aux sixcenis moines de sa double communauté, sans compter tous les religieux étrangers qu'il admettait à ses leçons, et la composition des ouvrages qui l'ont immortalisé. On imagine difficilement une existence plus occupée. Sauf pendant sa dernière maladie, il n'eut jamais personne pour l'aider. « Je « suis, » disait-il, « mon propre secrétaire ; je dicte, « je rédige, je transcris tout moi-même. » Tout en reconnaissant les obstacles que rencontrait son travail dans les assujettissements ou, comme il disail encore, dans la servitude de la règle, il ne s'y déroba jamais ^ ; et longtemps après sa mort, on vantait encore sa scrupuleuse exactitude à en remplir toutes les obligations, surtout celle du chant de Toffice en commun -.
La sévérité laborieuse de cette vie claustrale ne ses mettait du reste aucun obstacle à des relations aussi relations. étendues qu'importantes avec le dehors. Ces relations «MH'ent presque toutes pour cause ou pour occasion
1. Injuucti me operis labori supposui ; in quo (ut ininimcra inonasticse servitutis retinacula prfioteroam ipse inihi dictator, siimil iiotariii«; et librarins oxistorem. EphtoJn nd Accaw, Opéra, I, 179.
'2 Ar.riNi Opéra, I, p. 282,
7i LE VENERABLE BEDE.
la composition de son grand ouvrage historique. 11 fut excité à l'entreprendre par cet Albin que nous avons déjà signalé comme le principal disciple de l'archevêque Théodore et de l'abbé africain Adrien, et comme le premier Anglo-Saxon qui ait été appelé h gouverner le grand monastère de Saint-Augustin à Cantorbéry. Albin lui fournit des Mémoires sur tout ce qui s'était passé dans le Kent et les pays environnants, du temps des missionnaires envoyés par saint Grégoire'; il envoya même un prêtre du diocèse voisin de Londres] usqu 'à Rome pour y chercher dans les archives de l'Eglise romaine, avec la permission du pape alors régnant, Grégoire II, les épîtres de ses prédécesseurs et autres documents relatifs à la mission anglaise \ De leur côté, tous les évêques d'Angleterre concoururent à cette œuvre, en transmettant à l'auteur tout ce qu'ils pouvaient recueillir sur l'origine de la foi dans leurs diocèses, et les principales actions des saints personnages qui les avaient habités. Les abbés et les religieux des monastères les plus importants fournirent également leur contingent. Les détails donnés à ce sujet par Bede lui-même démontrent une al)ondance de relations entre les principaux foyers de la vie religieuse, et, chez leurs habitants, une activité intellectuelle foite pour exciter autant de surprise que d'admii'ation, quand on songe à la