I . . , , , , ... les inonastéies
choisir selon les canons, au dehors, s il ne se trouve riéngiés personne de convenable dans la communauté '. 11 labus,
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sera d autant plus tacite d augmenter, s il y a heu, icnitoiiaies. la dotation des nouveaux diocèses qu'il se trouve, comme nous le savons tous, des lieux innombrables qui portent le nom de monastères, sans qu'il y ait la moindre observance monastique. Ce serait substituer la chasteté à l'incontinence, la tempérance à la gourmandise, et la piété à la vanité, que d'attribuer de pareils endroits, par l'autorité des assemblées publiques, à la dotation d'un nouvel évèché. Oui, il y a de vastes et nombreux établissements qui ne servent de rien, ni à Dieu ni aux hommes. Aucune règle monastique n'y est observée ; aucun profit n'en revient aux comtes et aux chevaliers chargés de détendre notre nation contre les barbares. Celui donc qui constituera de nouveaux évèchés ne sera ni un usurpateur ni un prévaricateur ; il
1. Et qiiicleiii iiuvinms quia per iiiciiriaiu regiiiu pi"ecedenliiiiii, donationesque stultissimas factum est, ut non facile locus vacans iil»i :>edes episcopalis nova fieridebeat, invenirivaleat...Ouapropter coiiiniodnni duxerim, liabito majori concilio et consensupontificali siinul et regali edicto, prospiciatur iocus aliquis monasteriorum ujji sedcl episcopalis liât. Et ne forte abbas et nionaclii resislere lentaverint, detur illislicentia, ut de suis ipsi eligant eum qui episcopus ordinetur et adjacentium locoruni quotquos ad eamdem diœcesim pertineant, una cum ipso monasterio curani gerat episcopalem ; aut si forte in ipso monasterio qui episcopus ordinari debeat inveniri nequeal, in i|)soruin tainen juxta statuta canoruni pendeat examine qui de sua diœcesi ordinetur autistes.
fera une œuvre de sa-lul et un acie de verlu \ » Bede va au-devanl de l'objection tii'ée de la sanction donnée par les rois et les assemblées nationales aux donations qui avaient servi à doter les pseudomonastères. c( Seiait-ce donc un péché que de corl'iger les décisions injustes des anciens chefs par la révision de chefs mieux éclairés, et d'abroger les formules mensongères de cerlains scribes par l'autorité des prêtres et des sages, à l'instar des bons rois de Juda dont parle l'Ecriture, qui réparaient le mal commis par leurs prédécesseurs impies? Que leur exemple vous encourage, de concert avec notre religieux roi, à détruire ce qui a été fait et décrété d'injuste et d'irréligieux par les chefs antérieurs de noire nation. Vous pourvoirez ainsi à la fois aux besoins spirituels et temporels de notre pays. Autrement nous verrons en même temps disparaître l'amour et la crainte de celui qui lit dans les cœurs, et diminuer le nombre des guerriers qui sont chargés de défendre nos frontières contre les incursions des barbares ; car, vous le savez mieux que moi, il y a tant de domaines occupés par de faux moines qu'il ne reste plus rien à donner aux fds des nobles
1. Sunl locaiimuinera... in monasteriorum ascripla vocabiiliiiu, scd iiiliil prorsus monasticse conversationis habentia ; e quibus velim aliqua de luxuria ad castitatem... synodica aucloritate Iraiisferantur... Maxima et pluiinia sunt qiur... iiequc Deo iieque hoiniiiibus utilia sunt, quia ncque regularis secuiidum Deuin ibi vita servatur, iieque illa milites sive comités seculaiium poteslatum qui gentem iioslram a barbaris défendant possidcnt.
LK VKNKRABLE BEDE. 85
«^1 (lt\s anciens guerriers; ce qui les réduil soit n traverser la nier, en abandonnant la patrie qn'ils auraient (lu défendre les armes à main; soit à consumer leur virilité dans la débauche et l'oisiveté, faute d'établissement convenable pour y fonder une famille '. »
Aces considérations d'intérêt politique et général qui jettent tant de jour sur la constitution militaire et territoriale des pays anglo-saxons, Bede en ajoute d'autres qui révèlent des abus non moins pernicieux dans l'ordre spirituel.
c< Il se commet, » dit-il, « un crime plus grave encore quand de simples laïques, qui n'ont ni l'expérience ni l'amour de la vie régulière, donnent aux rois de l'argent, pour prix de certaines terres, sous prétexte d*y construire des monastères, et puis se font attribuer un droit héréditaire sur ces terres, par des édils royaux qu'ils font ensuite confirmer par la signature des évêques, des abbés et des grands du siècle. Dans les champs et les villages qu'ils ont ainsi usurpés, ils vivent au gré de leur licence, exempts de
1. Injusta principum judicia recto melioruni principiiin examine corrigantur, ac mendax stilus scribarum iniquorum discreta prudentiiim el sacerdotum sententia deleatur... Ea qiise provinciae nosti^a' sivo seciindum Deuni sive secundum seculum sint utilia, prospicere : ne... rare.scente copia militige secularis, absint qui fines nostros a barbarica incursione tueantur... Omnino deest locus ubifilii nobilium vol emeritorum militum possessionem accipere possunt... ideoque vacantes ao sine conjugio, exacto tempore pubertatis, vel patriam pro qua militare debuerunt, trans mare abeuntes, relinquunt ; vel... hixuri?p :ie forniratifTni deservianl.
8fi LE VÉNÉRABLE BEDE.
font service divin ou humain ; y commandant quelquefois, eux laïques, à des moines, ou plutôt y rassemblant, en guise de moines, ceux qui sont chassés des vrais monastères pour leur désobéissance, ceux qu'ils en peuvent débaucher, ceux qu'ils trouvent vaguant par le pays ; ou encore prenant quelquesuns de leurs vassaux, qu'ils font tondre et par qui ils se font promettre une sorte d'obéissance monastique. Quel speclacle monstrueux que celui de ces prétendues cellules, remplies de gens avec femmes et enfants, sortant du lit conjugal pour gérer l'intérieur d'un monastère! 11 y en a qui ont l'effronterie de se procurer pour leurs femmes de semblables monastères, où ces séculières se permettent sottement de gouverner les servantes du Christ \ N'est-ce pas le cas de dire, avec rotre proverbe, que quand les guêpes font des ruches, c'est pour y mettre du poison au lieu de miel? »
Il continue à exposer les conséquences désas-
ii'euses de ces alnis qui ne dataient d'ailleurs que