‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 5)Chapitre 27 sur 110 · Anglia te célébrât : te totus i)ersunat oibis · texte numérisé non relu

Anglia te célébrât : te totus i)ersunat oibis

É[»ilai)he anc'enne citée par Leland : Collectanea, t. 111, 1. iv. c. 25.

IK VKNÉUABLE BEDK. 99

Bedo apparut au uionde callioliqiuî couimc l(^ modèle de la vertu et de la scienee, dout les eloîtres devaient faire le patrimoine delà soeiéte ehrétienne. En lui se personnifiait ee grand monaehisme romain dont il avait vu et raconté le triomphe sur les influences celtiques. L'épée de sa parole, disait son cpitaphe, était la sauvegarde des forteresses qu'occupaient ses confrères religieux*.

Mais ce fut surtout la nation anglaise, la dernière^ venue parmi les nations catholiques, qui eut à s'enorgueillir du grand homme qu'elle avait donné à la chrétienté. Tous les peuples de l'Heptarchie revendiquèrent une gloire qui ne pouvait plus être l'apanage exclusif des Northumbriens, et les missionnaires anglo-saxons, répandus en Germanie, rivalisèrent avec les religieux restés dans leur île natale, par la fidélité de leur culte pour cette noble mémoire \

1. Crystallus patriœ, gregis astriim, lumen avorum, Laiis juri.s, bajiilus legis, honorqiie jacet.

Beda datus sacris, gravitate senex, puer aiiiiis, Dovotee mentis aîtliera thure replet...

Ense pio verbi confratrum castra tuetur Ne Christi miles, hoste monte, ruât.

Épitaplie citée par Mabillon, d'après un manuscrit appartenant à de Thou.

Céda, Dei famulus, monachorum nobile sidus, Finibus e terrée proluit Ecclesiîe.

Autre épitaplie citée par Arnold Wion.

'2. Et rectum quideiu mihi videturut tota gens Anglorum in omnibus proviiiciis, ubicumquc reperti sunt, gratias Deo référant, quia taui mirabilein virum iiiis in sua nalione donavit. S. Bonifaci et Lui.li Epiai., éd. Jaffé^u" 154. Voir la lettre écrite pai'un abbé deWearmoulh

Tous les peuples de l'Europe catholique envièrent à l'Angleterre un si grand docteur, le premier parmi les rejetons des races barbares qui eût conquis une place parmi les docteurs de l'Église. Ses illustres successeurs, Boniface et Alcuin, vantèrent à l'envi ses mérites et ses services, dans l'intérêt des âmes et afin de l'ériger en modèle ineffaçable des générations futures^ Alcuin insiste surtout dans ce sens, avec une précision de détails qui nous montre une fois de plus à quel point les penchants, les mœurs des conquérants saxons de l'Angleterre se reflètent dans les goûts modernes des Anglais. « Souvenezvous, » écrivait-il aux moines de cette communauté de Yarrow que Bede avail auparavant illustrée, (( souvenez-vous de la noblesse de vos pères et ne soyez pas les indignes fils de si grands ancêtres; contemplez la quantité de vos livres, la beauté de vos églises et de vos édifices réguliers. Que vos jeunes gens apprennent à persévérer dans les louanges de Dieu et non à débusquer les l'cnards de leurs terriers, ou à s'éreinter en courant après les lièvres. Quelle folie de quitter la trace du Christ pour suivre la piste d'un renard! Voyez le plus noble docteur de notre siècle, Bede ; voyez quel zèle il a montré pour

a Lui, arclievcquc de Maycuce, pour le remercier d'avoir envoyé d'Allejiiagiie une étoffe de soie destinée à envelopper les relicpics de Bede.

I. Rogamus ut aliqua de opusculis sagacissinii investigatoris Scripluraruni Bedan [sic] monaclii, (jucni nupcr in donio Dei apud vos, vice candelœ ecclesiasticic, scientia scriplurarum fulsisse audivimus. conscripta nobis transmittere dipn( mini. Bo>MA(;nfp/.s7. 02, éd. Jaffé.

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