‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 5)Chapitre 34 sur 110 · Voir pins haut, page · texte numérisé non relu

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2. Ilujiis viri progenies, per nobilissima illustrium reguni nomina. antiqua ab origine Icles digeste ordine cucurrit. Vita, c. 4. — Cet Icles était cinffnième aïenl dn terrible Penda.

chaino, onfin le néant des richesses et de Ja renoiTimée qu'il avait poursuivies. 11 se sentit comme incendié tout entier par une flamme intérieure, la flamme des célestes désirs. Son parti fut pris à l'instant. Dès que le premier chant des oiseaux eut annoncé l'aube, il réveilla ses camarades et leur dit de se choisir un autre chef, parce qu^, quant à lui, il venait de se vouer au service de Jésus- Christ, l^uis, malgré leurs protestations, leurs cris, leurs gémissements, il se mit en route sur-le-champ, n'emportant avec lui qu'une large et courte épée comme en portaient les laboureurs \ C'était sans doute pour se défendre pendant le long et solitaire trajet qu'il avait devant lui, car il partit seul et s'en alla, loin de ses foyers et de ses amis, frapper à la porte d'un de ces monastères doubles, gouvernés par des abbesses, comme il y en avait déjà plusieurs en Angleterre, et où l'humilité du religieux était d'autant mieux constatée qu'il y devait avoir une femme pour supérieure \ Il y prit l'habit monastique,

1. Cum juvenili in pectore egregius dominandi amor fervesceret, valida priscorum heroum facta reminiscens .. Cum adversantium sibi iirbes et villas, vicos et castella igné ferroque vastaret... tertiam partem agregatîe gazae possidentibus remittebat ..Post tôt prœdas, cœdes, rapinas . . lassi quieverunt. . . Quadam nocte. . . extemplo spiritualif; ilamma omnia prrecordia viri incendere cœpit... Antiqiiorum regum stirpis suœ per traiisacta srecula miserabiles exitus et fïagitiosum vitre terminiim conteinplans... ncce subito... cum sol demoverat ortum. in que matutinœ volucres avido forcii)e pipant... nta, c, 10, 11.

2 A Rip.idun ou Repton, dont l'abbosse s'appelait Elfrida ; située •^ur le Trent, celte abbaye, où les rois de Mercie avaient leur sépul-

en faisant conper ses longs elieveux, selon la forme de la tonsure romaine, et non eeltique, a bien 697-699. soin (le nons dire son biographe. 11 y passa deux années consacrées à l'étude de l'Écriture sainte, des usages cénobitiques et des chants liturgiques \ A vingt-six ans, la lecture de la vie des Pères du désert illumina son âme d'une clarté nouvelle ; il voulut s'enfoncer dans une solitude plus profonde et plus austère, et ce fut alors qu'il alla se cacher dans les forêts marécageuses de Croyland. Il y trouva un ancien Tumnlus^déjh fouillé par la cupidité des voisins, qui comptaient y trouver des trésors. On y avait creusé une sorte de citerne. Le jeune et belliqueux prince mercien y adapta un auvent de paille, en lit sa demeure et y acheva sa vie.

Cette vie offre divers traits qui se rencontrent dans celles des plus illustres saints de l'ordre monastique.

Comme saint Benoît, Guthlac excita par son austérité la malveillance de ses frères : en vrais Anglo-Saxons, ils lui reprochaient surtout sa résolution implacable de ne jamais boire ni bière ni hydromel, ni vin autrement que pour la communion^

tiire, fut détruite par les Danois et remplacée, sons les Normands, par un prieuré de chanoines rég'uliers.

1. Myslicam S. Pttri apostolorum principis tonsuram accepit .. Sacris lilteriset monasticis discipliniserudiebatur... psalmis.canticis,orationibus precibusqueecclesiasticisper biennium imbutus. Vita, c. 15.

2. Non ullius inebriantis liquoris aut alicujus libaminis Iiaustum... Hac ex causa omnibus frntribus i'iic coliabilanlibus aspero odio habebatur. Vita. c. VI.

Commo saint Colnmba il vit sn solitude sans cosse troublée par l'a ffluence des fidèles qu'attirait la renouinaée croissante de sa sainlelé et qui surmontaient tous les obstacles que la nature avait amoncelés autour de sa retraite insulaire, pour lui demander des lumières, des consolations ou la guérison de leurs infirmités : il en venait de toutes les conditions comme de tous les pays, abbés et comtes, riches et pauvres, religieux et laïques, et non-seulement de tous les coins de la Mercie, mais des régions les plus lointaines de l'Angleterre \

Comme les Pères du désert, il fut exposé à mille tentations, à mille visions diaboliques, dont la plus curieuse au point de vue historique est cellequi mon- Ireque les maraudeurs cambrions ou bretons ne craignaient pas de traverser toute la largeur de l'île pour inquiéter les conquérants jusqu'en Est-Anglie. On raconte en effet que Guthlac fut toul soulagé de découvrir que les ennemis, donl il avait cru sa cellule entourée et menacée pendant toute une nuit, n'étaient que des démons et non des Gallois, comme il l'avait cru d'après leur voix rauque et leurs accents gutturaux".

1. Inler densas arundinum compag'es. .. abbates, fratres, comiles. divites, vexati, pauperes... ccuifluebant... Loca spinosa sine calle agresti rura gradiendo, inruit (quidam cornes exsiilis Etlielbaldi) in spimilam sub incultœ telluris herbis latentem... Vita, c. 24, 31,

2. Cum Britones, infesti liostes saxonici generis, bellis, prcedis publicisque vastationibus Anglorum gentem deturbarent... O'iadam nocte... extra cellnlam egressus, et erectis auribus adstans verl)a Inquentisvulgi britannicaque agmina teclis siiccedere agnoscit : nnm

Comme tant de saints moines des pays celtiques et de la Gaule mérovingienne, il vivait dans une intime et touchante familiarité avec tous les êtres animés et surtout avec les oiseaux qui peuplaient les arbres et les grands roseaux de son île. Les corbeaux lui servaient docilement de messagers, les hirondelles venaient en gazouillant se poser sur ses épaules ou sur ses genoux, sur sa tête ou sur sa poitrine ; et lui, de son côté, leur bâtissait de ses propres mains des nids dans de petites corbeilles de joncs et de brins de paille, qu'il posait sous le chaume de sa cellule, où chaque année ses aimables hôtesses venaient retrouver leur gîte accoutumé. « 0 mon c( père, » lui disait un visiteur étonné, « comment (( avez-vous inspiré tant de confiance à ces filles de « la solitude? — Ne savez-vous pas, » répondit Guthlac, «que celui qui s'unit à Dieu dans la pureté de c( son cœur voit à son tour les êtres de la création c( s'unir à lui? Les oiseaux du ciel comme les anges « peuvent fréquenter ceux qui ne fréquentent pas la a société des hommes \ »

Comme saint Romuald , il inspirait une telle

ille... inter illos exsulabat, quoadiisque eoriim stridulentns loquelas inlelligere valuit. Vita, c. "20.

1. Velut magna lœtitia avino forcipe flexuosi gutturis carnien canenles, veluti ad assuetas sedes... sese humeris viri Dei iraposueruiit, oc deinde cantulis vocibus garrulentes... Utquid incullœ solitiidinis volucres... Konne legisti quia qui Deo puro spiritu copulabitur, omnia sibi in Deo conjunguntur, et qui nh bûminibus cognosei dcnegat. agnosci a fcris et l'requentari ab angelis qu.ierit? //;///., c. 25,

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vénération aux populations d'alentour (juc l'on commençait dép à spéculer de son vivant sur le pi'ix de ses reliques : le religieux (pii venait tous les vingt jours pour lui taire sa tonsure pensait sérieusement à se servir de son rasoir poui l'égorger, ayant la conviction que le lieu où périrait un si grand saint s'enrichirait par la vénération des rois et des princes \

Enfin, comme saint Cutlibert% il eut pour amie une noble et pieuse abbesse, fille du roi des Est- Angliens, qui lui offrit en témoignage de leur mutuelle affection un cercueil de plomb avec un linceul. 11 accepta ces cadeaux, et, bien qu'il eût juré de ne porter ni laine ni toile, mais de ne se vêtir que de peaux de bete, il consentit, pour l'amour d'Edburge, ({ue son cadavre fut enseveli dans la toile qu'elle lui avait tissée ^ Il mourut après une semaine de cruelles souffrances, mais ayant encore eu la force de se lever le jour de sa mort f)our dire 7u. la messe, et plus tard pour prendre lui-même sur

1. Quidyiu clericus, iioiiiine Beccelinus... Cuin, uL adsolebat, post bisdenos dierum cursus tonderare devenisset... proponons ut si ipsum interimere potuisset, locum ipsius postea cum magna regum principumque venerantia habiturus foret... Il?icl., c. 21.

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