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154 INFLUEiNCE SOCIALE ET POLITIQUE
Pendant un siècle au moins, ils tinrent exclusivement lieu de clergé séculier ou paroissial. Les monastères étaient les foyers d'où partaient les missionnaires pour aller dans les stations rurales baptiser, prêcher, célébrer toutes les cérémonies du culte, et où ils rentraient pour se refaire par l'étude et la prière. Les paroisses rurales ne se formèrent que lentement, sous l'impulsion de l'ar- G70. chevêque Théodore dans le Midi, de l'archevêque 7r.o. Egbertet de Bede dans le Nord. Les monastères servirent donc longtemps à l'Angleterre chrétienne non-seulement de cathédrales mais de paroisses. La plupart des cathédrales conservèrent leur caractère monastique jusque fort après la conquête normande. Les décrets du concile de Cloveshove, en 747, son( les premiers documents authentiques qui constatent, comme un fait général, la distribution des terres laïques en districts administrés par des prêtres soumis aux évêques, en dehors des églises situées dans les terres dépendant des monastères et desservies par des prêtres soumis aux abbés. Ces églises, où le prêtre était toujours assisté d'un diacre et de plusieurs clercs, sont quelquefois appelés monas^mn?icida.
Quand les paroisses furent ainsi organisées, la plupart des prêtres placés à la tête des nouvelles (circonscriptions furent naturellement tirés des monastères \ Tout avait été à faire ou à refaire dans
l.Ling^ard [Antiquities of the Angio- Saxon Church., t. I, p. 157,
cette œuvre capitale ; car, il faut le répéter, il ne restait rien de l'ancien christianisme breton, qui avait disparu devant l'invasion des Saxons. Excepté à Glastonbury, qui avait été de tout temps un des grands foyers de la dévotion celtique \ à la petite église romaine de Cantorbéry on la reine Berthe allait priera et à Evesham, où l'on retrouva les dél)ris d'une petite église bretonne sous les broussailles que l'on défrichait pour fonder la nouvelle abbaye'', on ne découvre, dans toute l'histoire de h conquête de l'Angleterre par les moines, aucun vestige du christianisme des Bretons ou des Bomains.
Cette extension de leur rôle et de leur influence n'avait encore été atteinte chez aucune autre nation chrétienne; mais elle ne fit jamais perdre de vue aux moines anglo-saxons la nécessité de maintenir et de garantir les conditions fondamentales de leur institut. La règle de saint Benoît apportée en Angleterre, avec l'Evangile, par les premiers envoyés du pape bénédictin saint Grégoire le Grand, avait suivi pas à pas les progrès de la propagande évangélique et de la suprématie romaine ; elle avait fini par supplanter tous les usages monastiques provenant des temps ou des pays celtiques. Depuis Wil-
171) a parfaitement expliqué tout ce qui touche l'organisation du clergé paroissial. Voir ce que nous m avons déjà dit, tome IV, p. 215.