‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 5)Chapitre 47 sur 110 · Cap. 24. Cf. Mabillon, prœf. in I sreciii · texte numérisé non relu

Cap. 24. Cf. Mabillon, prœf. in I sreciii

3. Cet endroit doit être Beckenliam, on, selon lloolv Bapcliild, près de Sittingbonrne,

qiiièinc dcsceiidaiit d'Elliclberl, présidé par l'archevêque Britinvald, et auquel assislèrenl avec lesavanl, helléniste Tobie, évêque de Rochestcr, beaueoii}) d'abbés, de prêtres, de seigneurs et cinq abbesses\ Le roi résuma les délibérations de l'assemblée. « Je veux, » dit-il, « que les monastères et les « églises qui ont été données ou léguées pour la c< gloire de Dieu, au temps des rois fidèles, mes c( prédécesseurs et mes proches, restent à Dieu pour « toujours. Car moi, Wihtred, roi terrestre, mais « excité par le roi céleste et enflammé par l'amoui' c( de la justice, j'ai appris de nos ancêtres qu'aucun c( laïque n'a le droit de s'emparer d'une église quelce conque, ni de ce qui appartient à cette église, (c C'est pourquoi nous interdisons à tous les rois, « nos successeurs, à tous les comtes ou autres laïques, c< toute domination sur les églises ou sur leurs « possessions que moi ou mes prédécesseurs nous c( avons données en héritage perpétuel au Christ, à c( la sainte Vierge ou aux apôtres. Quand un abbé c< ou une abbesse viendra à mourir, qu'il en soit « donné avis à l'archevêque, et que son successeur « ne soit choisi qu'après que la pureté de sa vie « aura été reconnue par l'évêque. C'est au roi à (( choisir les eorh et les ealdormen^ les sherilfs

l.C;i'teris abbatibus, abbatissis, presbyteris, diacoiiibus, ducibus, satrapis, in unum glomeratis ; pariter tractanles, anxic examinantes de statu ecclesiaruni Dei vel monasteriorum inlra Cantiam. Proœm. ms. Cantuar. ap. Coletti ConciL, t. VI lî, p. 77. — Nous parlerons plus loin de ces abbesses.

de

lierkhanipsleail,

Gl>7 ;

(( et les juges; mais c'est à rarclievèque a gouverner « l'Eglise de Dieu, à élire et à constituer les évêques, « les abbés, les abbesses, les prêtres et les diacres, « et à les confirmer par ses bons exemples ^ »

Un autre décret du même concile exempte les monastères de Kent de toute servitude séculière, de toute charge pécuniaire, et notamment de nourrir les rois et les seigneurs pendant leurs voyages, ce qui indique que l'hospitalité monastique, toujours si généreuse et si spontanée, avait dû être cruellement exploitée par la gourmandise et la rapacité des laïques puissants'. Trois ans après, dans une nouvelle assemblée tenue à Berkhampstead, présidée paile même roi et le même archevêque, et qualifiée de concile, bien que beaucoup d'hommes de guerre

1. Volo ut omnes monasteria et ccclesiœ qiiœ lïierint datic et Icgatse Dei in g^loriam, reguin fideliuni meorum piiedecessoruui tUc- Ijus... ita supersint Dei in honorein et lîrmiter renianeant in sœcula sœculoruni. Cuin ego Wilitredus;, terrestris rex, a cœlesti rege incilatus et spiritu justitiœ accensus, a nostris avis illud didicerim quod nulliis laicus jure débet seipsum inimittere in quamvis ecclesiam... Chron. Saxon., éd. Gibson, p. 48. — Ni Bede ni Malmsbury ne parlent de ce concile. Mais Spebnan en a tiré les décrets de cinq manuscrits divers : le double texte de ces décrets donné d'après lui, dans Coletti, t. VIII, p. 77, est beaucoup plus long que celui delà Chronique anglo-saxonne, mais ne contient rien d'essentiel en sus.

2 Ex bac die donamus ecclesiis regni nostri libéras esse perpétua libertate ab omnibus difficultatibus secularis servitutis, a pastu reg s, principum, comitum... ab omni debito vel pulsione regalium tributorum, ut possint, pro nobls Deo omnipotenti liostias dignas offerre, noslraque peccata abluere immaculatis muneribus... nisi sua sponlanea voluntate, ex lurgitate beneficiorum quid facere velint. Concilia, t. YIII, p; 78, 80.

y siégeassent à coté du clergé, la liberté de l'Eglise lut de nouveau garantie, avec celle de ses juridictions, de ses propriétés et de ses prières'. Ces dispositions des conciles tenus dans le royaume de Kent, sous la présidence du métropolitain, firent graduellement loi par toute l'Angleterre. Elles lurent solennellement confirmées au premier concile de Glo- ei do

(lloveshove,

vesliove en 742, par Ethelbald, roi des Merciens, qui 7i2. était alors le prince le plus puissant de l'Heptarcliie, et toujours, depuis sa liaison de jeunesse avec le solitaire Guthlac, bien disposé pour les moines \ Mais on y déclara aussi que l'exemption de toute contribution publique accordée aux monastères ne s'étendait pas aux trois impôts levés pour les trois principales nécessités du temps [trinoda necesn- /Yjfs), l'entretien des ponts et chaussées [bri/cgbote)^ des forteresses nationales [burcjhhote) et des expéditions militaires (fyrd) .

1. Libéra sit ecclesia, Iruaturquc s^uis judiciis, cLredditibus seupeiisioiiihus. Pro rege preces fiant, niandatisqi'e ejus, non cogente necesvitale, sed ex sponte oljediunto. Concil., t. VIII, p. 09. — Ce latin n'est qu'une traduction beaucoup plus récente du texte saxon des vingtiiuit articles intitulés Judicia (Dooms) de Withred.

2, Studiose requirentcs qualitcr in primordio nasccntis ccclesiio hic in Anglia jubebatur liaberi honor cœnobiorumsecundura norniani iequitatis... tandem pervenit ad manus iibertas ecclesiarum et institutio ^Yithredi régis de electione et auctoritate cœnobioruin in regno Cantite. [Wid., p. '2G7., — Clovesliove ouCliffshoo, où se tenaient ces conciles fameux, est placé par les meilleures autorités à Cliff, près Kochester, dans la partie du Kent qui est entre la Tamise et la Med- \vay. D'autres supposent que ces conciles se tenaient à Abingdon ou à Tewksbury, qui fut depuis une des grandes abbayes du Glocestershire.

160 l.NFLUE>!CE SOCIALE ET POLITIOUE

ui. Le deuxième concile de Clovesliove, qui lui la

plus importante des assemblées anglo-saxonnes du huitième siècle \ provoquée par une lettre célèbre de saint Boniface à l'archevêque de Cantorbéry, et surtout par les injonctions sévères du pape Zacharie, ajouta de nouvelles garanties et aussi de nouvelles obligations à la mission déjà si importante des religieux, en décrétant des mesures efficaces contre les abus et les oppressions qu'avaient signalés presqu'en même temps Boniface dans son épître à l'archevêque de Cantorbéry, et Bede dans la sienne a l'archevêque d'York.

Enseignement C'cst douc aux moines , répandus à tili'e de

religieux

en missionnaires et de prédicateurs dans les campa-

langue nationale. '^ *

gnes, ou réunis dans les communautés si nombreuses des villes épiscopales et des autres grands foyers monastiques, qu'il est juste de faire remonter l'initiation du peuple anglo-saxon aux enseignements de la religion comme aux pratiques si consolantes et si promptement populaires du culte catholique. Il leur était expressément commandé de faiie apprendre et comprendre à leurs ouailles, dans la langue nationale, le Décalogue, l'Oraison domini-

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