‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 5)Chapitre 49 sur 110 · Lappexberg, t. I, p · texte numérisé non relu

Lappexberg, t. I, p

MOINES d'oCC. V. 11

i«i2 l.NFLl E.NCE SUClALi: ET PULlTinLE

n'importe quel autre pays ehrétieii, Fut dès Teiifance des missions monastiques l'objet d'une sauvegarde spéciale : le Pénitentiel de Théodore aborde les détails les plus minutieux, pour préserver les laboureurs, les vignerons, les jardiniers, tout comme les coulurières, les (lieuses, les blanchisseuses de toute dérogation à cette garantie essentielle de la liberté de Fâme et du corps ^

La solennelle beauté du culte célébré dans les églises monastiques ne pouvait qu'être rehaussée par l'uniformité liturgique conforme au rit romain, lequel avait été substitué partout au rit celtique et formellement prescrit })ar le concile de Gloveshove- Elle dut exercer un prestige nouveau sur les populations, grâce à l'introduction graduelle des orgues, dont notre Aldhelm vantait déjà la puissante mélodie", et dont la première mention en Angleterre se

1. Nec viri ruralia opéra oxerceaul. iiec in viiiea colciida, iiec in canipos arando. mcteiido, vel fœniim seoando. vel siepeiii poiiLMido... Necinhorto laborent, nec ad placita conveniant. nec venatioues cxeiceant. Item feminai opéra textilia non faciant,necabluant vestinncnla, jiec consuant. nec lanam carpere, Jicc linum hatcrc sic), nec vestimenta lavarc, nec vervcces londere... Et ad niisi-arum solemiiia ad pcclesias undique conveniant, et laudent Deiini pro oinnilms boni"', qnaînobis in illa die fecit. C. 7)8, g 8.

2. Ut eamdem nionasterialis psalniodiiie puritatem ubique sectonliir, nihilque quod communis usus non admittit. preesumant cantar<' aut légère, sed tantiun quod ex sacrarum scripturarnm anctoritalc descendit, et quod Ronian;ic Ecclesife consuetudo permittit. Can. \b.

ô, Maxinia millenis auscultans organa llabris.

iMulceataudituni ventosis follibus iste, Quanilibet auratis fnlgescant cietera capsis.

De Laudibus Virffimwi. éd. Gile^. [•. 1"'»S.

DKS MOI.XKS. lliô

l'altaclio à celle abbayedcMalinshiiiy, (|ui, siliu>ejioii loin de la Caiiibrie el l'ondée pai* un Celle, pouvail offrir par celle éniouvanle el majeslueiise lianiionie mi nouvel allraità la race essenliellenienl musicale des Gallois'.

En dehors des cérémonies célébrées à l'intérieur iinmaii-Mi

(Je

(les églises , encore trop éloignées les unes d(^s croix autres pour subvenu^ a tous les besoms spuMluels, l's campaync la sollicitude des missionnaires monastiques avail })ropagé le culte de la Croix, pour l'instruction el la consolation des rudes habitants de la campagne. Le mystérieux symbole de la Rédemplion du genre humain par le supplice du Fils de Dieu se dressait rh et là sur les coteaux el dans les vallons de l'Angleterre rachetée du joug de l'idolâtrie païenne. Le crucifix, que saint Augustin avail j)résenté pour la première fois à Éthelberl, au lendemain de son débarquement sur les rives de la Tamise; le crucilix que 1(^ saint et pieux Oswald avaii planté ])our la première fois, comme un signe d'espérance el de délivj'ance, sur le sol de la Nortluimbrie, à la veille de sa première bataille; ce crucifix apparaissait en guise d'oraloii'e et de sanctuaire dans mainte région à peine défrichée. Dans chaque «lomaine seigneurial, une croix élevée an milieu des champs suffisait à la dévotion du iJuine, de ses laboureurs, de ses bergers; les réunissait pour

I, i:i. I.\i'Pi:MJi;iiG, I, 108.

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la prière publique et quotidienne autour d'elle*, et leur inspirait une vénération non moins affectueuse que les sanctuaires de plus en plus nombreux qui s'élevaient chaque jour, presque toujours sous l'invocation de la Mère du Christ et surtout de saint Pierre, car le prince des apôtres était alors le saint de beaucoup le plus universellement et le plus fréquemment invoqué par les chrétiens d'Angleterre'.

Services Lc bienfait incomparable de la foi ne fut pas le

rendus

à seul que les bénédictins prodiguèrent à rAni>leterre

])ubii(iuc convertie. On risque toujours de tomber dans la i -b iiioiiabièieb répétition et la banalité en insistant sur les services immenses qu'ils ont rendus, là comme partout, si ce n'est plus que partout, à l'instruction pubMcjuc et à l'agriculture. Nous nous flattons d'avoir fourni presque à chaque page de ces volumes la démonstration de ce qu'ils ont fait pour la nourriture intellectuelle de l'Angleterre. On y a vu que chez les Anglo-Saxons comme chez les Celtes d'Irlande, de la Calédonie et de la Cambrie , les monastères étaient les seuls foyers de l'éducation religieuse et libérale, et que l'instruction y était à la fois trèsrecherchée, très-variée et très-littéraire. Mais ce

l Sic inos est SaxouiccC gentis, quod iii nonnuliis nobilium boiioruiuque honiinum praidiis, non ecclesiani sed Sanctœ Crucis signuni Deo dicatum, cum magno honore alinuni, in alto erectum, ad commodain diurnse orationis seduiilatem soient habere. Vila S. Wiliibcldi, ap. Mabillon, Act. SS. 0. S. B., t. IV.

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