Voir tome IV, pages 512, note 2, et
2. La bannière de saint Jean de Beverley fut placée, avec celle de saint Wilfrid et de saint Cuthbert, sur le char sacré, à la bataille do l'Étendard, en 1158 (voir tome IV, p. 372). Cette même bannière servit d'oriflamme à Edouard I" dans une de ses grandes expéditions. Deux siècles plus tard, la popularité du saint abbé de Beverley fut renouvelée par la coïncidence de la fête de sa translation, célébrée en 1057, le 25 octobre, avec le jour de la victoire d'Azinconrt. Shakespeare (d'accord avec le bréviaire romain) ne parle que des saints Crépin et Crépinien, comme des patrons de ce jour. Mais en août 1421 , Henri V vint rendre grâces de sa victoire devant la châsse du saint anglo-saxon à Beverley.
5. On y vit à la fols un monastère do bénédictins, une collégiale
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H'm. INFLlE.NCr, SOCIAU' KT IM)LITI0|K
Whilby, sons la grande abbcsse llilda, puis évèqiic successivement à Hexham el à York. Disciple de i'arclievêqnc' Théodore, ce Ail lui qui eut l'honneur de conférer le diaconat e( la préirise au Vénéi'ahle Bede. Enlre ces deux grandes lumières de l'Église anglo-saxonne, il brilla lui-même, peudanl ses trente-deux années d'épiscopal, d'un ('clat doux el pur, grâce à sa tendre sollicitude pour tous les besoins spirituels et temporels de ses ouailles, grâce surtout aux secours surnaturels (pi' il leui' apportait dans leurs maladies et leurs douleurs. Bed(^ lui a cojîsacré plusieurs chapitres j)leins d'inléi'èt. 11 nous le montre usant des plus minutieuses oX des j)lus alfeclueuses précautions j)om" guérir un j)auvre jeune homme esli'opié, teigneux et muet, de toutes ses infirmités, mais siutout de son mutisme, en lui apprenant avi^c h' secoui's d'en haut à parler et à lire, en commençant par l'alphabel, comme le j^lus humble des instituteurs'.
Mais ce qui louche de plus près fi notre sujet, c'est de voii' loul un groupe de jeunes gens, les uns ecclésiastiques, les auli'es, el en plus grand nombre,
de chanoines et un couvent de religieuses. L'église, dabortl construite par saint Jean, détruite par les Danois, rétablie par Atlielstane, respectée par Guillaume le Conquérant, et reconstruite avec niagnifieence au treizième siècle, est un des plus beaux monuments de rnirliitecture auglaise.
1. Jussit ad se intrare pauperem. ingresso eo, linguani prolerre ex oi-e ac sibi ostendei-ejussil ., DIcito. inquiens, aJiqiuuI verlnnn. Oicito
•Iicv;iux.
l)i:S ^lOfNKS. 1li7
laïniics, (inc ce moine (levc^nii évèiiiic (ni'm«ii( A le^
1 ' . ' écoliers
rrliide (M n la musique, et cela sans éloulTei' en monasiiquos
. ol les coursos
eux le ^oùl (les exercices violents, inliéreul, <\v> wo
lois comme aujourd'hui, à la race anglo-saxoime. ('es étudiants suivaient à cheval leur maître pendant ses courses pastorales, et lorsqu'ils se li'cmvaienl en rase ('ampagne, ils profitaienl de l'occasion pour se provoquer à la course, au risque de se casser la tête, comme cela arriva h un jeune moine, devenu depuis ahhé de Tynemouth et qui a racon(('' lous ces détails au Vénérable Bede. L'élan joyeux de ces jeunes cavaliers, leurs efforts auprès de l'évêque pour obtenir la permission de courir sous ses yeux ; son consentement enlin arraché, mais à la condition de garder auprès de lui celui des jeunes gens qu'il aimait leplus ; l'impossibilité où se tTouv(» ce favori de résister à l'impulsion, à l'exemple de ses camarades ; sa course à fond de train pour rejoindre les autres, sou accident, son évanouissement, ])uis la tendre anxiété du bon prélat, les soins qu'il prodigue au jeune imprudent en passant toute la nuit en prières auprès de lui, jusqu'à ce qu'enfin le moribond ouvre It^s yeux et dit : a Je vous reconnan, vous êtes mon érêque que faime; » — (ont cela forme un des lableaux les plus complets et les plus attrayanis
tiiH... Addidit episiopus uoiniiia litlcraruiii : Dicito A : dixit illc A. Dicito B. : dixit ille et hoc... Neque ultra cessavit Iota die ac nocle sequente, quantum vigilare potuit... loqui aliquid. et arcana suîo cogitationis ac voluntatis. quod nuinquaiii autea poliiit. nlii^ osloiidt'i«\ mt. écries.. \.'l.
l'aa^ri culture
pariTii ceux qui abondent . dans les pages du grand historien monastique \
Il faut s'en tenir là pour ne pas recommencer, comme nous aurons trop souvent à le faire, des récits aussi édifiants que monotones sur l'ardeur studieuse des maîtres et des élèves dans les écoles monastiques.
serviow; ^fais il est impossible de ne pas revenir briève-
ment sur ce que les moines ont fait en Angleterre pour l'agriculture ; impossible de ne pas rappeler le parti qu'ils ont su tirer de tant d'immenses régions incultes et inhabitées, couvertes de forêts ou entourées de marécages. C'était là, on ne doit jamais l'oublier, la vraie nature des vastes territoires abandonnés aux moines, et qui avaient ainsi le double avantage d'offrir aux communautés une retraite plus longtemps inaccessible qu'ailleurs, et d'imposer de moindres sacrifices à la munificence (l(^s donateurs. Ainsi placés en face de toutes los difficultés de la mise en culture d'un pays
1. Ciim in priinrevo ndolesccntiîc tompore in clero illiiis degerem legendi canendique stiidiis traditiis .. oontigit. nos iter agentes cum illo devenisse in \iam planam et amplam aptamque cursui equoriim : cœperuntquo juvenes, maxime laici, postulare episcopum ut cursu majore eqiios suos invicem probare liceret. At ille primo negavit... sed ad ultimiim multoriim unanima intentione dovictvis : Facite, inqnit. ut vuUis... Ipse diligentius obsecrans, ut et mihi certandi cum illis copia daretur... Cnm s?epius, spectante me et episcopo. concitatis in cursnm equis revert erentur, ipse lascivo animo non me potui cohibere, sod, prohibente licet illo, ludentibus me miscni... Andivi illum post tergum mihi cum gemitu dicentem : 0 qunm magnam vac facia mihi sic equitando... Dum fprvens equus quoddnm ilineri? con-
nonvoaii, ils les surmontèrent toutes : les forets (léfrichées, les marais assainis ou desséchés, le sol irrigué ou drainé, selon les besoins de chaque localité, les ponts, les chemins, les digues, les ports, les phares créés partout où s'étendait leur patrimoine ou leur influence, témoignaient de leur infatigable et vigilante ardeur. La moitié au moins de la vaste Northumbrie était envahie par des landes et des bruyères stériles; la moitié de l'Est-A^nglie et ime portion considérable de la Mercie étaient couvertes par ces marais si difficiles d'accès, où le futur roi Éthelbald avait trouvé un refuge auprès du solitaire Guthlac : là comme ici, les moines substituèrent h ces déserts inhabités de gras pâturages et d'abondantes moissons ' .
Cette région, dont le nom actuel {the Fem) rap pelle seul encore la nature marécageuse et malsaine, devint le principal théâtre des triomphes de l'industrie agricole des moines. Medehamstede-, Ely, Croyland,Thorney, Ramsey, furent les premiers champs de bataillede ces vainqueurs de la nature, de ces moines laboureurs, éleveurs et nourrisseurs, qui furent les véritables pères de l'agriculture anglaise, devenue et demeurée, grâce à leurs traditions et à
cavum valontiore impelu transiliret, lapsus decidi, sensum perdidi... Evenit ut., infracto pollice capitis quoque junctura solvoretur... Vomebam sanguinem... At ego aperiens oculos aio : Etiam ; tu es antistes amatus... Bede, V, 6.