‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 5)Chapitre 52 sur 110 · I.Cf. LiNGARD. I · texte numérisé non relu

I.Cf. LiNGARD. I

2 C'est le nom primitif de Peterborough ; voir tome IV, p. 180.

170 INFI.UENr.K SOT, I AI, F. K T l'OlITIOli:

leurs exemples, la pi'eiiiière ngTiciiltiiie du monde. Le moi anglais improvement, si IVéquemmenl employi'^ el si expressif pour tout ce qui louche aux li*avaux (lu corps et de lespril, seml)le avoir été inventé à dessein pour eux. On en dirait autant de cet autre mot bien plus ancien, mais non moins usité, de land-lonJ, qui exprime, à côté du sentiment de la domination et de la possession terriloriale, cette sorte de sollicitude tutélaire et ])resque paternelle qui combine d'une si heureuse façon h^s obligations et les droits de la propriété. C'étaient les meilleurs des lancl-lordis ; tel est le témoignage rendu, par tous les observateurs attentifs et consciencieux du passé de l'Angleterre, aux moines qui furent les créateurs de la propriété ecclésiastique dans ce pays, et qui en demeurèrent longtemps les seuls titulaires. Ce n'était pas seulement par leurs largesses, parleur habile et généreuse indulgence envers leurs clients directs, qu'ils exerçaient sur les classes inférieures une action toujours bienfaisante et toujours acceptée avec reconnaissance. C'était surtout par la protection eflicace, éclairée, infatigable, qu'ils étendaient sur les pauvres et les faibles soumis à d'autres lois, à d'autres maîtres qu'à la crosse abbatiale. «Ils furent, » selon \\\\ des grands maîtres de l'érudition moderne, ce des médiateurs ])ermanents entre le riche et le pauvre, entre le fort et le faible, et, il faut le dii'e à leur éternel honneur, ils ont merveilleusement compiMs el mei-

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v(3ili(Miseiiieiit accompli les devoirs de celle Irès- \\()hU\ mission. Eux seuls eurent le droil el le moyeu d'nrrèler la rude maiu du ])ouvoir, de mitiger les justes sévérités de la loi, de montrei' uue lueur d'espérance à l'œil du serl", et de Irouver même, dès ce monde, une place et des ressources pour tous les abandonnés dont rÉlat ignorait l'existence \ »

Ainsi donc, grâce aux bénédictins anglo-saxons, Tautorité maternelle de l'Église commençait déjà à s'élendre sur toutes les faiblesses et toutes les souffrances. Elle grandissait à vue d'œil en intervenaiil déjà, (pinnd il le fallait, contre toules les violences el toutes les lyraimies.

Conmient fut-il donné aux abbés, aux religieux éminents, aux évéques sortis des rangs monastiques, de remplir, dès les débuts du christianisme en Angleterre, ce rôle à la fois si tutélaire et si glorieux'.^ L'influence de la loi et les mœurs chrétiennes, dont ils étaient les interprètes et les gardiens, y contribuèrent plus que toute autre raison. Mais il serait injuste de méconnaître une autre cause, presque aussi efficace : l'union intime et durable entre l'ordre monastique et l'aristocratie auglo-saxonne.

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