‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 5)Chapitre 57 sur 110 · Kemble, t. II, p. 514 à · texte numérisé non relu

Kemble, t. II, p. 514 à

188 INFLUENCE SOCTALE ET POLITTQUE

sociale, pour les esclaves. Au débul de ce récit, le fameux trait des Angles rachetés sur le marché de Home par saint Grégoire nous a montré que les fils mêmes delà race conquérante n'étaient pas exempts de ce comble de misère. Mais sous l'action progressive de la foi prêchée par les missionnaires du pape Grégoire et leurs successeurs, le nombre des esclaves alla toujours décroissante Malgré les prohibitions cent fois répétées et trop souvent éludées des lois et des conciles, on en faisait encore volontiers le commerce-, mais on n'en gardait que peu dans l'intérieur du pays. Ils ne formaient pas d'ailleurs une race à part, issue soit des conquérants saxons ou des Bretons vaincus : ils provenaient soit de la descendance des esclaves romains, soit des prisonniers de guerre qui n'avaient pas pu payer de rançon, soit des délinquants condamnés à une servitude pénale. Les moines s'appliquèrent de leur mieux à réduire encore ce nombre. L'exemple du noble Wilfrid qui affranchit du premier coup les 250 serfs ou esclaves qui lui avaient été donnés par le roi des Saxons du Sud , avec le territoire destiné à son monastère épiscopal, prouve assez qu'ils savaient servir

1. Kemele, I, '•220; I>appe\cerg, I, 575 ; Palgrave, 1. 20. — A la lin de la période anglo-saxonne, il n'y en a\ait que 25,000 en Angleterre, d'après le recensement fondé sur le Doniesdcnj Bool;, qni comportait 275,000 propriétaires.

2. Il était cependant défendn de les vendre aux païens : les lois d'Éthelred et de Canut contiennent des proliibitions formelles à cet égard.

DKS MOINKS. 180

la liberlé de leiii's semblables à leurs j)i'o[)res dépens.

L'austère vérité nous contraint d'avouer qu'il n'en était peut-être pas de même partout. La [)lume intègre des collectionneurs monastiques a conservé le texte de la lettre d'un moine du sang royal de Mercie, Britliwald, devenu archevêque de Cantorbéry en 695, où il insiste sur la délivrance d'une jeune esclave que l'abbé de Glastonbury tenait en captivité. c< Puisque j'ai échoué, » écrit-il àl'évêque de Sherborne, a dans la première supplication que je lui ai adressée de vive voix en votre présence, je crois devoir vous envoyer cette lettre par le frère de la jeune fille, et je vous conjure d'obtenir de cet abbé qu'il accepte trois cenis sols que le porteur vous remettra pour la rançon de cette fille, et qu'il nous la renvoie, alin qu'elle puisse passer le reste de sa vie avec ses proches, non dans la tristesse de la servitude, mais dans les joies de la liberté. 11 ne perdra ainsi rien du droit qu'il peut avoir sur elle^ »

C'est l'unique exemple que j'ai pu découvrir d'un

1. Ouomodo pclitio iiica, qiia precatus suin corani te vciierabileni Dcornvalduiu abbatom de concedenda uiiius captivic puelhe... redciuplione, in iiTitum, contra qnod cndidi, ccssit... obsecro ut ipsc omnino obtineas a prœdicto abl)at(?, quatenus... tradas illam liuc nsque perduccndam, quod possit reliquuni vitœ suœ spatiuiri cuni consanguineis suis, non in servitutis tristitia, sed in libertatis transigere helitia... Frater noster Bcornwaldus niliil, ut jestiino, de eo quod in ca juste posscdit, amittit. Inter epist.S. Bouifacii,n. 7, éd. JafTé, — On a déjà \u que l'archevêque BrithAvald avait été élevé à Glastonbury. avant d'être élu abbé du monaslère royal de Reculver. Cf. Bedc. Y, 8, et llook, Ijves of the archbishops., t. T, p. 178 et 188.

190 INFLLK.NCK SOCIALE ET POLITIOLE

fait de ce genre, et heureusement la prompte et généreuse réparation du mal s'y trouve à côté du mal lui-même. S'il en eût été autrement, avec quelle autorité les moines auraient-ils pu travailler si constamment à l'extinction de ce fléau? Ils ne négligeaient d'ailleurs aucune occasion de restreindre les cas où la servitude pouvait être légalisée ou tolérée. L'émancipation ou le rachat des esclaves était l'œuvre de charité qu'ils recommandaient, qu'ils imposaient avec le plus d'insistance. Grâce à leur présence dans les assemblées politiques, ils firent introduire dans les lois ces dispositions qui affj'anchissaient de droit l'esclave dont les forces auraient été abusivement exploitées par son maître, ou qui aurait été contraint de travailler le dimanche \ (irâce à leur présence au lit de mort de tant de pécheurs pénitents, ils purent introduire dans les testaments ces clauses qui pourvoyaient au salut de l'àme du moribond en accordant la liberté aux survivants. Rien de plus fréquent dans le Codex diplomaticus de Tépoque anglo-saxonne que les actes de manumission; et tous, ou presque tous, constatent les motifs religieux qui ont provoqué ces actes et les garanties religieuses qui les sanctionnent. C'était

1. Voir nolanmieiil la loi rendue par Iiia, de l'avis des deux évè(iues moines, Hedda et Erconwald : Si servus operetur dominica die per prœceptum domini siii. .sit liber. — Le concile de Bcrkliampslead condamnait à quatre-vingts sous d'amende le maître qui faisait travailler son sertie dimanche. — De là le nom de Freolsdaij, ou jour de liberté, donne au dimanclie. Lingap.h. I, 310.

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devant Taulel de l'église la plus voisine que l'esclave affranchi élait offert à Dieu, puis déclare libre en présence des religieux et de la congrégation des fidèles. C'était sur les pages blanches des Évangéliaires ou de quelque autre livre d'éghse que l'on enregistrait le diplôme d'affranchissement ^ Les premières revendications de la liberté individuelle et civile nous sont ainsi parvenues, inscrites sur la marge des missels monastiques, comme on retrouve les premiers indices du régime parlementaire dans les donations faites aux monastères sous la garantie desWilans assemblés.

Ces glorieux et persévérants apôtres des droits de Dieu ne méprisaient, ne négligeaient aucun des droits de l'homme. L'honneur et la justice, l'humanité et la pitié, la science et la raison, étaient placées, en même temps que la foi nouvelle et les mœurs chrétiennes, sous la sauvegarde de leurs préceptes, de leurs exemples et de leur infatigable vigilance. Toutes ces choses belles et splendides, douces et chères, que l'homme a le droit d'aimer et de vouloir, après sa conversion conmie avant, et bien plus encore quand il est vraiment chrétien que lorsqu'il ne l'est pas ; toutes les vertus naturelles, toutes les aspirations légitimes des enfants d'Adam, ont été appréciées, réclamées, défendues, sous les seules formes accessibles ou possibles en ces jouis

l. Kehuli:, Sa j:ohs in Enr/laiu/, t. I p. "l'-lh.

si loin de nous, par les apôtres monastiques de la Grande-Bretagne, avec une énergie, une vigilance, un courage dont il existe peu d'exemples dans l'histoire.

J'ai recherché avec une laborieuse attention, et raconté avec une scrupuleuse véracité tout ce qui pouvait élucider l'action du christianisme, prêché par les moines, sur les origines du peuple anglais. J'y ai reconnu que, alors comme partout, comme toujours, cette religion divine est demeurée trop souvent impuissante et désarmée devant les penchants grossiers ou pervers de l'humanité déchue. Mais, grâce à elle, j'ai rencontré à chaque pas les victoires éclatantes du dévouement et de la foi, du désintéressement et de la pureté, de la vraie grandeur, du vrai courage, de la plus magnanime charité. Ce qui est plus merveilleux et plus consolant encore, et ce qui ne se rencontre pas au même degré dans des temps et des milieux plus vantés, c'est l'absence totale de tout ce qui altère ou compromet la religion chez ceux qui l'enseignent et la îeprésentent. Je constate avec bonheur que dans la vie de tant d'apôtres et de ministi'es de la céleste vérité je n'ai pas démêlé un seul trait de fanatisme, d'égoïsme, de bassesse, de dureté ou de béate indifférence à l'endroit des souffrances humaines. On aura beau les fouiller, ces vies trop oubliées, on n'y rencontreia rien d'étroit, de sombre, d'inexorable ; rien qui puisse asservir ou énerver le cœur hu-

main ; rien qui puisse blesser le bon sens, la raison ou la justice; rien qui sente ce pharisaïsme arrogant et cruel dont tous les sacerdoces sont atteints ou menacés; rien enfin qui ne respire le respect de la liberté des âmes et l'hoimeur le plus exquis dans les choses de Dieu.

Mais il est un autre résultat dont il laut leui ns

lieilcctioiiuenl

savoir un oré immortel. En transformant les mœurs ^^

^ caiactéie

et les croyances des conquérants anglo-saxons, les »ationai missionnaires monastiques n'altérèrent en rien le l'aiiévei. génie natif de cette race germanique.

Ils surent faire une nation de chrétiens, plus fervents > plus aumôniers, plus soumis et plus attachés à l'Eglise , plus magnifique dans ses munificences envers -les monastères, plus féconde en saints et en saintes^ qu'aucune autre nation contemporaine ; mais ils ne lui dérobèrent aucune de ses vertus publiques, aucun de ses rudes et énergiques instincts; ils ne retranchèrent pas un atome de sa nature virile, ils n'entamèrent en rien l'indépendance

1 . Sans parler des saints évêqnes, abbés, moines, solitaires, etc., on compte, du septième au onzième siècle, vingt-trois rois et soixante reines, princes ou princesses issus des diverses dynasties anglosaxonnes parmi les saints reconnus par l'Église. Aucune autre nation n'a jamais fourni un contingent pareil.

MOINKS H'CCC. V. 15

VM INFLUENCE SOCIALE ET IMjLlTlnCE

cl l'audace qui sont restées jusqu'à nos jours les traits distinctifs de l'Anglais.

Jamais aussi l'action d'une foi nouvelle ne res- ])ecta plus scrupuleusement l'unité, l'indépendance, l'originalité puissante de la race convertie, de sa langue, de ses mœurs, de ses institutions, de son vieux droit et de son esprit national \

Augustin et Paulin , Wilfrid et Théodore , ces cmissaires de Rome^ comme les appellent certains historiens, et qui furent bien en réalité les agents les plus directement, les plus immédiatement émanés du Saint-Siège qu'on eût encore vus dans la chrétienté, n'ont introduit ni même tenté d'introduire aucun changement essentiel dans les institutions j)olitiques et sociales, si différentes de celles du monde romain, que le peuple anglo-saxon avait apportées des plages de la Germanie ou retrouvées dans les ruines fumantes de la Bretagne. Satisfails d'avoir déposé dans ces braves cœurs le secret de l'éternité, la règle de la vie morale, la force de lutter contre la corruption naturelle de tout homme né de la femme, ils laissèrent intact le fujid de la race, et, sous l'écorce chrétienne, le vieux Germain resta del)out et entier.

Mainte fois déjà, et après bien d'autres, nous

1. C'est ce que reconnail loyalement le prolestanl allemand Laj)- })enberg (t. 1, p. 152, 141, 029), à rencontre des déclamations surannées de Hume, de Henry, de Soames et du serviim pecua de leurs copistes en Angleterre et en France.

avons relève clans ce récit la singulière immulabilité du caractère anglo-saxon. Mœurs, vices, vertus, lois, coutumes, droits, noms, titres, goûts, langue, esprit, et jusqu'aux jeux et aux exercices violents, tout ce que le monde moderne admire ou redoute, recherche ou repousse dans TAngleterre d'aujourd'hui; tout cela se retrouve en germe ou en Heur dans l'Angleterre d'il y a douze siècles \ Jamais nation n'a été moins entamée par le temps ou par la conquête.

Toutes les villes et la plupart des villages de l'Angleterre moderne semblent avoir existé du temps des Saxons : les noms, les limites actuelles des paroisses, des comtés ou shires^ avec leurs subdivisions, avec leur mécanisme judiciaire et politique, avec leur vie propre, religieuse et civile, tout cela date du septième au dixième siècle.

Mais ce ne sont pas seulement les noms et les l'ormes extérieures qui ont duré, c'est l'Ame, la glorieuse et virile àme du Saxon converti qui se révèle dans l'Anglais moderne. Des vertus civiles, lout à lait inconnues aux chrétiens asservis de Home et de

1. « L'Anglais moderne est déjà tout entier dans ce Saxon... Cliacnii chez soi, maître de soi, debout et entier, sans qnc rien le courbe on l'entame. » Taine, Histoire de la littérature anglaise. — — Quiconque voudra lire le tableau le plus fidèle et le plus complet que je connaisse de l'organisation politique et sociale de l'Angleterre moderne, tel qu'il est tracé par M. Le Play, dans son admirable ouvrage : la Réforme sociale, t. 11, c. iv, §§54 àGl, sera frappé de la persistance des traits distinctifs du caractère et des institutions britanniques, tels qu'on les retrouve chez les Saxons.

190 liNFLUENCE SOCIALE ET POLITIOUE

Byzance, et par-dessus tout ce très-haut sentiment de soi-même, chez certains hommes ou certaines classes, qui est le berceau de toute liberté, se développent à l'ombre de ces merveilles d'humilité, d'abnégation, de charité, de piété dont nous avons tant parlé, et servent de base à cet esprit public, à ce droit public qui n'ont cessé de grandir à travers les éclipses et les tempêtes. Le self-govermnent, c'est-à-dire la lîère indépendance de l'homme libre, avec ses associés, sa communauté, et le régime parlementaire^ c'està-dire le partage inégal de la souveraineté entre la royauté et les assemblées nationales, sont déjà là dans leurs éléments essentiels. Quand il le faut, par une éclosion naturelle, bien que trop souvent éphémère, la liberté publique sort armée et invincible de la garantie collective des libertés individuelles et locales. Le droit coutumier des Anglais, la common laWy cette loi traditionnelle et non écrite, c( dont les sources sont aussi inconnues que celles du Nil', » plonge ses racines dans les vieux usages saxons, reconnus, sanctionnés et publiés dans les assemblées qu'inspiraient et que peuplaient nos moines ; et toutes les chartes, comme toutes les révolutions ultérieures, n'ont servi qu'à définir ou à confirmer cette base antique et inébranlable de la liberté anglaise \

A des cœurs ainsi trempés, à une i*ace ainsi régie,

1. Expression du célèbre lord Cliief Justice Haies. '2. Cf. FiscHEL, Die Verfassuuy Eiiglanch, p. 25.

rinsliliit monastique, sous la forme qu'il avait re- confoimué vêtue en Ancleterre, devait plaire et convenir en nnstitm

" ^ ^ ^ ^ monastique

dehors même de la relidon dont il était le pro- avec

^ \ l'esprit

duit et l'instrument. Les monastères offraient des institut ions

anglo-saxonnes.

le type de ces grandes existences, à la fois individuelles et collectives, fondées par une grande idée morale, mais appuyées sur une grande propriété foncière, qui sont encore aujourd'hui un des caractères distinctifs du mécanisme social des Anglais; qui ont été partout une des conditions essentielles de la liberté publique ; qui paraissent aussi naturelles au mâle et actif génie des races germaniques d'autrefois qu'antipathiques à la centralisation moderne et incompatibles avec le césarisme. De là devait naître chez nos Anglo-Saxons une prédilection naturelle en faveur des monastères dont les premiers fondateurs apportaient, du sein même de la servitude romaine, un système de garanties communes, d'indépendance spontanée, de fonctions électives tout à fait conformes aux instincts et aux habitudes des peuples germaniques.

De là, sans doute, cette munificence inépuisable, cette sorte de prodigalité que déploya pendant si longtemps l'aristocratie comme la royauté anglosaxonne dans ses relations avec l'ordre monastique. Chaque jour voyait s'accroître le patrimoine de l'Eglise, qui n'était guère autre chose alors que le patrimoine des monastères, par des fondations nouvelles ou par des libéralités ajoutées aux fondations

Munificence

prodigalité

de

l'aristocratie.

des donations

198 IJNFLUEiSCE SOCIALE ET POLITIQUE

antérieures. Nous en avons signalé plus d'une fois les motifs tels qu'ils sont exprimés dans les diplômes du temps, ou tels qu'ils résultent de l'étude des circonstances et des dispositions qui accompagnaient ces actes.

Motifs Le sentiment intime de l'instabilité, de la cadu-

cité de toute chose humaine, et surtout de la richesse matérielle^;

L'humble reconnaissance envers le Dieu dont on tenait tout et à qui l'on croyait ne restituer qu'une partie de ses faveurs, en améliorant le sort de ses ministres-;

Le désir et l'espoir d'expier les fautes d'une vie agitée, de racheter les chutes de la fragilité humaine ou de restituer le bien mal acquis, soit en garantissant l'existence d'une classe d'hommes exclusivement vouée au service de Dieu et à la pratique de la vertu % soit en assurant des secours obligatoires

1. Nihil inlulimus in liunc iiiiindum, veriim ncc auferre quid possumiis : iccii'co terrenis ac caducis œterna cœlestis patriee prîcmia inercanda sunt. Quapropter, etc. Diplôme d'Aldraed, prince des Hwiccas, en 759, ap. Codex diplomat. xvi Saxonici, t. I. — Universa quippe qu;e hic in prœsentia nisil)ns humanis corporaliter contemplantur, nihil esse nisi \ana, caduca, transitoriaque, ex sacrorum volumlnum testimoniis certissime verum patet ; et tamen cum ist.s, œternalifer sine fine mansnra alta polornm régna et vigiter llorenlis paradisi amœnilas mercari a lidelibus qneunt. Quapropter, etc. Diplôme d'Ofla , roi de Mercie, en 119. Ibid.

2. Quotiens sanctis ac venerabilibus locis vestris aliquid offerre videmur, vestra nobis reddimus, non nostra largimur. Quapropter, etc. Diplôme d'Éthelred, roi d'Essex, G'.i2-G9r). lOid.

T). ïiINGARIt,, t. I, p. 251.

DES MOINES. lOî)

ot des ressourcos permanentes nnx panvrcs, aux malades, aux délaissés;

En l'absence d'héritiers naturels, l'espoir de sc» créer nne sorte de postérité spirituelle astreinle à prier toujours pour l'ame des bienfaiteurs ;

Quelquefois comme chez le Cliton Ethelbald, proscrit avant d'être roi \ un souvenir et un témoignage de gratitude pour les bienfaits reçus, pour l'asile accordé par le sanctuaire monastique ; plus souvent encore le soin de créer pour soi et hs siens une sépulture protégée par des lieux saints et de saintes gens, et servant elle-même de pi"otection à une communauté religieuse contre l'ingratitude et la rapacité de l'avenir^; enfin et toujours la certitude de disposer de ses terres au profit des hommes les plus laborieux, les plus utiles, les plus charitables qu'on pût alors rencontrer :

Telles sont les causes aussi légitimes que franchement avouées, qui portèrent tant de princes, de seigneurs et de riches anglo-saxons à se dépouiller au profit des monastères. Elles peuvent toutes se résumer dans le beau texte que l'Eglise propose encore chaque année à nos méditations : Condudemm eleemosynam in sinv paupem et ipsa exorabit pro nobis'\

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