Kkmfîik, t. I. cil. XI, p
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WeariTioiilIi et de Yarrow, avait reçu du roi Oswy un territoire convenable à son rang, qu'il n'hésila point à restiluer au roi quand il se lit moine\ Ces concessions territoriales, faites soit aux laïques à titre héréditaire, soit aux communautés religieuses, ne pouvaient l'être que par le roi d'accord avec ses witan^ et en vertu d'une charte, d'un diplôme, qui ressemblait à un livre, d'où le nom de boc-land^ ou terre donnée par livre. Toutes les propriétés qui ne restaient pas dans le folc-land étaient ainsi désignées. Toutes les donations foncières faites à l'Eglise, c'està-dire aux monastères, prenaient ce nom et cette forme. Les sujets n'en pouvaient pas faire d'autres, puisque ce boc-land seul était à leur disposition. Les rois pouvaient détacher un domaine de leur bocland particulier, pour en faire l'objet d'une donation, comme celle d'Egfrid à Benoît Biscop^; mais il fallait le consentement des witan pour transformer en patrimoine héréditaire ou perpétuel une portion du folc-land \
Les terres ainsi données aux monastères étaient tout naturellement dérobées aux obligations relatives au service militaire, qui pesaient sur les proprié-
1 . Cum essetOswii régis minister, et possessionem terrœ suo gradni competentem, illo douante perciperet, despexit militiam cum corruptibili donativo terrestrem. Bedk, Vita S. Bened., ^ i, ap. op. min., 11,140.
'2, Ut confestim ei terram septuaginta familiarum de suo largitns, monasterium inibi prfeciperet facere. Bede, Hist. abhaf., c. \.
7>. ï;TNr,ARi). t. T,p. 2.'iO. et note K. p. 407-411.
I aires de tous les domaines fonciers, ainsi qu'on le voit d'après les expressions dont se sert Bede en racontant la donation faite par le roi Oswy lorsqu'il consacra sa fille Ellleda à la vie religieuse. On Ire sa fille, dit Thislorien, il donna à Dieu douze domaines de dix familles chacun, qui furent déchargés du devoir de la milice terrestre, afin de fournir à des moines les moyens de se dévouer à la milice céleste, en priant pour la paix éternelle de la nation \
Cette substitution des combats spirituels de la milice céleste aux obligations militaires des autres j^ropriétaires anglo-saxons fut suivie ou accompagnée d'un privilège encore plus important, conféré aux nouveaux propriétaires monastiques. Les terres du folc-land ou domaine public, transformées en alleux ou boc-lands, c'est-à-dire en propriétés individuelles, demeuraient assujetties à toutes les redevances d'intérêt public ou particulier qui pesaient sur ce domaine, en même temps qu'elles devenaient sujettes aux impôts ordinaires, lorsque ces concessions étaient accordées à des laïques. Mais lorsqu'elles
l.Donatis iiisuper duodecim possissiiineulis terrarum, in quibus nblalo studio militia; terrestris ad exercendam inilitiam cœlestem, snpplicandiimque pro pace gcnlis ejus alterna, dcvotioiii scdulro mo- Tiachoriim locus facultasqiie suppeteret. Bede, TU, 24. — Kcmble et Lingard n'hésitent pas à supposer que les douze domaines furent pris sur le /<?/c-/ff»f/, et transfoimés en boc-lands au prolit des nouveaux monastères. — Dans la traduction anglo-saxonne, atlribu(''e au roi AlCred, le mot posscssiKurnla est rendu par boc-Unnl.
avaient pour objet des monastères, elles en étaient exemptées; et lorsque eette exemption n'avait point été stipulée dans la donation originelle, elle devenait Tobjet de privilèges ultérieurs que la pieuse munilicence des générations subséquentes se faisait un devoir et un plaisir de conférer aux églises monastiques ^ On a vu plus haut que, dès la fin du seplième siècle, un concile avait reconnu comme une loi générale cette exemption de charges et d'impôts, assurée aux monastères, à la seule exception des trois tributs ou obligations dont personne n'était dispensé % et qui avait pour objet les frais des expéditions militaires, l'entretien des ponts et des forteresses.
Le nombre croissant des fondations monastiques et la vaste étendue des donations territoriales dont elles furent l'objet produisirent, au bout d'un siècle environ, un résultat alarmant: la diminution des ressources militaires du pays. Ce n'est pas, quoi qu'on en ait dit, que la nation fût devenue moins belliqueuse, ou que le souci trop exclusif des choses de l'àme eût détourné les rois et les peuples de THeptarchie de leurs devoirs publics. Mais le nombre des propriétaires astreints au service militaire
1. Le Codex diplomaticns- contient d'innombrables dipUnnes qui rendaient la terre liberam ab omnibus terrenis difficultatibus, sive a pastu régis, principis, exactoris... a pastii et refectione omnium accipilnim cifalconum in terra Mercensiiim, etc.
2. C'était ce que les chartes appelaient trinoda nécessitas, geuerntis incommoditns, commnnis labor. Voir pins liant, p. I^O.
peisonnel allait toujours en diminuant: d'une paii, à cause de la transformation des terres laïques en possessions monastiques exemptées; et de l'autre, par suite de la quantité de vocations religieuses, vraies ou fausses, qui se produisaient au sein de la noblesse militaire. Le prince des moines anglosaxons, l'illustre Bede, fut le premier à signaler ce danger, avec la franchise qui lui était habituelle : (c Au milieu de la paix et de la sécurité dont nous iouissons, » écrivait-il en 751, « beaucoup de Northumbriens, les uns nobles, les autres simples particuliers, mettent de côté les armes, se font couper les cheveux et s'empressent de s'enrôler dans les rangs monastiques, au lieu de s'exercer aux devoirs militaires. L'avenir dira quel est le bien qui en résulterai »
Quatre ans plus tard, en 755, dans sa fameuse lettre à l'archevêque d'York, que nous avons longuement citée^, il exprime une réprobation beaucoup plus énergique ; il dévoile en même temps la vraie cause du mal ; il déclare sans détour que la défense du pays est compromise faute de bras militaires, faute aussi de domaines publics restant disponibles pour être donnés en fiefs aux nobles ou aux vétérans.
1. Qua arridentc pace et serenitate iemporum, plures in genlo Nortlianhumbroriim, tam nobiles quam privati, se suosque liberos, (lepositis armis, satagunt magis, accepta tonsura, monasterialibus ascribere votis, quam bellicis exercere studiis. Qupe rcs quoin sit liabitura finem, posterior jetas videbit Hist., V, 25.