BoLLAND., t. II Januar., p
Milhurs^a
comme tant de ses pareilles, aux poursuites d'un prince voisin qui, voulant absolument l'épouser, essaya de s'emparer, à main armée, de sa personne. Comme elle fuyait devant cette troupe sacrilège, une rivière qu'elle venait de franchir s'enfla tout à coup et opposa un obstacle insurmontable au trop amoureux prétendant, qui renonça désormais à la poursuivre. Un autre miracle, qui lui est attribué, rappelle le plus touchant de ceux dont il est question dans la vie de Wilfrid. Une pauvre veuve vint la trouver un jour qu'elle était seule dans son oratoire et, se jetant à genoux, toute en pleurs, devant elle, la supplia de ressusciter son enfant mort dont elle lui apportait le pauvre petit cadavre. — Milburga lui de- oi i eniam mort. manda si elle était folle, a Allez, » lui dit-elle, « ence terrez votre. fils et préparez-vous à mourir vous- « même, comme votre enfant; car nous ne naissons « tous que pour mourir. — Non, non, » reprit la veuve, c( je ne vous quitterai pas jusqu'à ce que ce vous m'ayez rendu mon fils vivant. » — Alors l'abbesse se mit en oraison auprès du cadavre, et aussitôt elle parut à la pauvre mère toute enveloppée d'une flamme descendue du ciel, emblème vivant de l'ardeur de sa prière. Au bout d'un instant, l'enfant revint à la vie. Quand Milburga fut arrivée au terme de sa propre vie, toute parfumée de charité et de chasteté, elle réunit autour de son lit de mort toute sa communauté, ce Sœurs bien-aimées, » leur ditelle, c( je vous ai toujours aimées comme mon âme,
« et j'ai veillé sur vous comme une mère. Me voici « au terme de mon pèlerinage; je vous laisse à Dieu « et à la bienheureuse vierge Marie. » Sur quoi elle •25 février 722. expira. Quatro cents ans après sa mort, son monastère, dévasté par les Danois, fut rétabli par une colonie de moines de Cluny : pendant qu'ils reconstruisaient l'église, un parfum céleste trahit le lieu de la sépulture de Milburga. Ses reliques furent exposées à la vénération publique ; une foule innombrable y accourut; vieux et jeunes, riches et pauvres, y arrivaient ATenvi. Tout le pays environnant était recouvert par les flots de pèlerins, tant était grande encore, malgré la double invasion des Danois et des Normands, malgré les siècles écoulés, la fidélité du peuple anglais à la mémoire des premiers saints de
Ces Pour ne pas séparer ces trois sœurs de leur mère,
nous en avons parlé à la suite des saintes religieuses
Irois sœurs
étaient petiles-filles
du de la dynastie de Hengist et d'Elhelbert, dont elles étaient issues du cote maternel. Mais par leur père, qui appartenait à la famille régnante en Mercie, elles étaient les propres petites-filles de Penda, le plus terrible ennemi du nom chrétien \
En effet, une transformation encore plus subite et
1. Non a te recedam, nisi prolem meam restituas vivam... Vos hacteniis, dilectissimre sorores, siciit animœ mefc viscera dilexi... CAPfiFîAVE, ap. BoLLANT)., t. III Fcbmiar., p. 590. — Vix patuli campi capieLant agmina viatorum... ciinctos in commune prrocipilante fide, Guii-L. Malmesbiiry, De gest. reg., lib. II. c. 15.