Voir le premier chapitre d'Ivanhoe
2. In derelicto porcorum mapali liœdera obdiicto delituit... Nec latibulum latere potuit amautem, nec cordis desidia obfuit, quin perseqiieretur fngitantem... Ille viagère int.endit. .. Lenonum Indibrio pollnenda... Pnella jam de fuga desperans simubpie pro lassitndiiie inis(|iiam progredi ])oton«;... Ilinc innatus est borror rogib\is Angliio.
puis, avec le consentement de son jjère, et après quelques années passées dans la solitude, elle voulut fonder, au lieu même de sa délivrance, près d'Oxford , un monastère, où une grande affïuence de vierges saxonnes vint se ranger sous son autorité et où elle acheva sa vie en la même année que le vénérable 755. Bede, consolée pendant son agonie par l'apparilion des deux vierges martyres, sainte Cécile et sainte Catherine, qu'elle avait naguère invoquées avec tant de succès.
La tombe de Frideswida, la chapelle érigée par elle au fond du bois où elle s'était cachée, la fontaine qu'elle y avait fait jailhr par ses prières, attirèrent jusqu'au treizième siècle une foule de pèlerins amenés par la renommée des guérisons surnaturelles Kiie donne un qu'ou y obtcuait. Mais de tons les miracles recueil-
)ai<;er au jeune ,. , ^
lépreux. lis après sa mort, aucun ne nous touche à l'égal de celui qui, raconté pendant sa vie, contribua surtout à grandir le renom de sainteté dont elle fut promptement entourée. Il arriva un jour qu'un malheureux jeune homme, atteint de la lèpre, se rencontra sur son chemin: dès qu'il l'aperçut; de loin, il s'écria : c< Je vous conjure, vierge Frideswida, par le Dieu ce tout-puissant, de me donner un baiser au nom « de Jésus-Christ, son fils unique. » La jeune fdle,
ut nec iinus profecto successorum ejus Oxenfordiam prsesuniatur intrare... Lei.and, Collectanea ap. Dhgdai.e, t. 1, p. 175. Cf. Bom.and., t. Mil Octobr., p. 555 à 508. — Henri lit fut le premier des rois anglais qui se mit au-dessus de ce préjugé en visitant Oxford, et on nttribunit à cette présomption les malheurs de son règne.
surinoiilaiil l'Iioireur (|ii'inspirait à tous celle hideuse maladie, s'approcha de lui, el, après l'avoir marqué du signe de la croix, elle imprima sur ses lèvres un baiser fraternel. Peu après les écailles de la peau du lépreux tombèrent, et son corps redevint sain et frais comme celui d'un enfant '.
L'église où reposait le corps de Frideswida et le monastère qu'elle avait fondé furent l'objet de la vénération publique et des largesses de divers l'ois pendant tout le moyen âge. Il serait trop long de l'aconter comment ce monastère passa aux chanoines léguliers et devint l'un des berceaux de la célèbre université d'Oxford. Toujours est-il que la première école authentiquement reconnue dans ce lieu destiné à tant d'éclat littéraire, se rattache au sanctuaire de notre Anglo-Saxonne\ Oxford et Westminster^ les deux plus grands noms de l'histoire sociale et intellectuelle de l'Angleterre, datent donc l'un et l'autre de ces origines monastiques où plongent les racines de tout ce que la vieille Angleterre a de grand et de sacré.
Le monastère de sainte Frideswida, transformé en collège par le cardinal Wolsey, est encore aujour-
1. Ecce inter turbam... adest juvcnis immanissima lepra et puslulis toto deforatus [sic] corpore... Adjuro te, virgo Frideswilda, per Deuiii oiiuiipotentein, ut des milii osculum... At illa caritalis igné siiccensa illico accessit.. Ure virginis os leprosi tangitur, et., statim caro ojus sicut caro parvuli efficitur. Bolland., t. VIII Octob,, p. 563.
2. OzANAM, Notes inédites sur r Angleterre. 5. Voir plus haut, t. UI, p. 420
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d'hiii,sous leiiuiii de C^/'U'^67^*^/T/<,^élablisselneal ic plus considérable de l'université d'Oxford. Son église, l'econstruite au douzième siècle, sert de cathédrale à cette \ille^ Son corps, selon l'opinion commune, y repose encore, et on y montre sa châsse; mais fautil ajouter que, sous Elisabeth, et lors du triomphe définitif de la réforme anglicane, un commissaire de la reine, qui a raconté lui-même le fait dans un rapport officiel, crut devoir placer à côté des reliques de Frideswida le cadavre de la religieuse défroquée qui avait épousé un moine apostat, nommé Pietro Vermigli, lequel avait été appelé à Oxford comme réformateur et professeur de la nouvelle doctrine. Ce commissaire mêla les ossements de la sainte et ceux de la concubine de manière qu'il fût impossible de les distinguer, dans un même cercueil de pierre sur lequel il fit graver ces mots, aujourd'hui heureusement efûicés : Hic requieml / 'eliijio c um siip erHtition e ^ .
1. Guy admire surtout le chœur avec ses arcades superposées, la tombe de Guitinond, premier prieur du monastère restauré en 1549, celle de sir Henry de Hath, justicier d'Angleterre en 1251 ; puis la très-élégante salle capitulaire du treizième siècle. — C'est à Christ- Church que réside le célèbre docteiu' Pusey, chanoine de cette cathédrale.
2. Voir l'article si savant et si complet du P. Bossue sur ' sainte Frideswida, ap, Bolland., t. VIIl Octobr., p. 555-556.
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On puLirrail s'étonner de ce que rien dans la légende de sainte Frideswida, ni dans les souvenirs des premiers temps de sa fondation, ne se rapporte aux traditions incontestables qui constatent ce développement intellectuel et littéraire des grandes abbayes de femmes en Angleterre dont on a déjà dit quelques mots. 11 importe d'y revenir, ne fût-ce qu'en passant et en nous réservant d'y insister de nouveau (juand il sera question des essaims des savantes religieuses qui, sorties de ces ruches insulaires, prêtèrent un concours si efficace à saint Boniface et aux autres missionnaires anglo-saxons de la Germanie.
11 est constant, d'après des témoignages nombreux et avérés, que les études littéraires étaient cultivées, au septième et au huitième siècle, dans les monastères de femmes avec non moins de soin et de persévérance que dans les communautés d'hommes, et peut-être avec plus d'entraînement encore. Etait-ce là, comme on l'a dit, une conséquence de r esprit nouveau que l'archevêque Théodore avait apporté de Grèce et d'Italie, et qu'il avait inspiré à toute l'Eglise monastique d'Angleterre? Ou ne fut-ce
pas plutôt une tradition venue de la Gaule iranque, où les premières religieuses anglo-saxonnes avaient été formées, et où l'exemple de Radegonde et de ses compagnes nous montre à quel point les habitudes et les réminiscences classiques trouvaient de l'écho dans les cloîtres de femmes ^ ?
Toujours est-il que les religieuses anglo-saxonnes interprétaient surtout par l'étude l'obligation du travail qui leur était imposé par la règle, pour occuper le temps qui leur restait après l'accomplissement de leurs devoirs liturgiques. Elles ne négligeaient pas les occupations propres à leur sexe, comme on le voit par l'exemple des vêtements sacerdotaux brodés pour saint Cuthbert, par TabbesscreineEtheldreda. Elles poussaient même si loin l'art de la broderie des étoffes d'or et d'argent, ou garnies de perles et de pierreries, à l'usage du clergé et des églises, que le terme « d'ouvrage anglais » [oims Àtigliciim) fut longtemps consacré à ce genre de travail. Mais le travail des mains était loin de leur suffire. Elles quittaient volontiers la quenouille et l'aiguille, non-seulement pour transcrire des manuscrits et les orner de miniatures, dans le goût de leur temps, mais surtout pour lire et étudier les livres saints, les Pères de l'Eglise et même les auteurs classiques. Toutes, ou à peu près toutes, devaient savoir le latin. Elles s'écrivaient de couvent à couvent
1 Voir t. II, p. 345.
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en cette langue. Quelques-unes s'étaient familiarisées avec le grec. Les unes s'enthousiasmaient pour la poésie, la grammaire et tout ce qu'on décorait alors du nom de science. Les autres se dévouaient plus volontiers à l'étude du Pentateuque, des Prophètes, du Nouveau Testament, en prenant pour guides les commentaires des anciens docteurs, et en recherchant les interprétations historiques, allégoriques ou mystiques des textes les plus obscurs \ On a vu par ce que nous avons raconté du bouvier Ceadmon, transformé en poëte et en traducteur de l'Ecriture sainte, jusqu'à quel point l'étude des textes bibliques était cultivée à Whitby, sous le règne de la grande abbesse Hilda \
Chaque communauté de femmes était donc à la fois une école et un atelier, et l'on ne voit aucune fondation monastique qui ne fût, pour les religieuses comme pour les moines, une maison d'éducation, d'abord pour les adultes qui en composaient le premier noyau, puis pour la jeunesse qui s'y groupait à l'envia Ainsi se formèrent ces religieuses si bien
1. Mabillox, Annal. Bened., t. 11, p. Ii3; Lingaud, Antiqnilies. t. II, p. 193, et surtout Karl Zell, qui, dans un ouvrage récent : lAoba und die fromjnen Angelsàchsischen Frauen (Fribourg, 1860), a trcs-consciencieuscment traité tout ce qui touche aux études et à tout le reste de la vie des religieuses anglo-saxonnes.