De landibus virfjinilaiis. c. ,T
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Adieu, VOUS qui êtes les fleurs de l'Église, les perles du Christ, les bijoux du paradis, les héritières de la eélesle pairie, mnis qui eles aussi mes sœurs par la règle mouaslique, et mes élèves par les leçons que je vous ai données \ »
Les religieuses de Barking ne furent d'ailleurs pas les seules à qui Aldhelm ait adressé les effusions de sa plume infatigable et de sa muse laborieusement classique ; et l'on nous dit expressément que les œuvres qu'il leur dédiait étaient recherchées par loutes celles qui suivaient la même carrière \ Plusieurs de ses lettres et de ses poésies sont adressées h des religieuses dont il ne dit pas le nom, et dont il sollicite non-seulement l'intercession auprès de Dieu, mais la protection contre les critiques d'icibas^. Toutes ces communautés, qui étaient honorées de ses visites ou de sa correspondance, prenaient sans doute plaisir aux jeux de mots, aux acrostiches et aux logogriphes gréco-latins, dont le célèbre prélat émaillait sa prose et ses vers ;
1. Pulchrum depinxi liominem pictor fœdus, aliosque ad perfectionis litus dirigo, qui adliuc in dclictorum fhictibus versor... Valete, o flores Ecclesisc, sorores monaslica^, alumnro, scholasticrn, Christi margaritîfi, paradi:^i gemmpc et cœlestis patrifc participes. ]lnd., c. 60.
'2. Berkingensiuni qtiidem nomiui dedicata; sed omnibus eamdem profes^rionem anhelantibiis valitiua Gullclm. Mauiesb , I, 55,
5, Sed vos virgineis comit quas infula sertis,
Hoc opus adversus querulos defendite scurras, etc.
S. Ai.niir.i.Mi 0/)^;y/, p. 21', od. Giles.
IcUrt's
ù iraiilres
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et quelque insignifiaul que nous semble aujoinYl'lmi ce genre de productions, il implique néanmoins un certain degré de culture littéraire généralement répandue dans les cloîtres anglais.
Mais l'intérêt qui s'attache î\ cette révélation sur le mouvement des études chez les religieuses anglo-saxonnes ne peut que s'accroître quand on s'aperçoit que les préoccupations intellectuelles, tout intenses qu'elles fussent , étaient loin de tenir la première place dans le cœur ou l'esprit de ces aspirantes novices à la gloire littéraire. Le salut des Ames et la tendre union des cœurs l'emporte de beaucoup sur tout le reste. Dans une lettre écrite h ime abbesse, aussi distinguée par la naissance que par la science et la ])iété, pour lui envoyer une série de vers léonins sur un voyage qu'il avait entrepris en Cornouaille, Aldhelm a soin de constater qu'il est inspiré surtout par sa tendre reconnaissance envers celle d'entre toutes les femmes dont la fidèle affection lui était le mieux démontrée ^ Et à une autre, nommée Osgitlia, qu'il exhortait à une étude assidue des saintes Ecritures, il déclare qu'elle est sa sœur bien-aimée, dix fois et même cent fois, mille fois bien-aimée ^
l NuUam reperisse me istic liabitantium fcminini sexiis poisonam lideliorem... Il)iil.,p. lOi.
2. Dileclissinia^ atque amanlissimœ sorori... Saliito te diligcnter, Osgitlia, ex intimo cordis ciibiciilo... Valo ! docies diloctissima, inio, cenlies et millie?. IMd .p. 90.
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Prenons congé d'Aldhclm et de ses doctes correspondantes, en rappelant que l'un de ses actes les plus importants, celui par lequel il consentait à rester abbé de ses trois monastères après son élévation à Tépiscopat, avait été datée de Winbourne*. Or, Winbourne était la grande communauté féminine du Wessex, fondée par le roi Ina et gouvernée par sa sœur Cutbburga. Celait en même temps le monastère le plus renommé par l'activité littéraire qui y régnait. L'éducation des jeunes novices y était l'objet des soins les plus actifs et les plus scrupuleux. Les travaux intellectuels alternaient avec les ouvrages d'aiguille; mais il est dit expressément de celle dont le nom a jeté le plus de lustre sur cette communauté, de Lioba j la sainte compagne de Boniface dans son apostolat germanique, qu'elle consacrait bien plus de temps à la lecture et à l'étude de l'Écriture sainte qu'au travail manuel \ N'oublions jamais que le développement de la ferveur spirituelle par la prière et la célébration solennelle de la liturgie monastique occupaient de beaucoup la première place dans l'emploi du temps et des forces de toutes ces Ames jeunes et généreuses.