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vre exilé gormaniqiio. Lui qui doil ])ar('Ourii' les recoins les plus ténébreux de ces nations germaines ne pourrait que tomber dans les embûches de la mort s'il n'avait pas la parole de Dieu pour éclairer ses pas... Priez, priez toujours pour que Celui qui du haut des cieux regarde tout ce qu'il va de plus humble ici-bas, me pardonne mes péchés et me donne, quand j'ojivre la bouche, l'éloquence nécessaire pour (pie l'Evangile de la gloire du ChrisI coure et brille comme une flamme parmi les nations païennes ^))
Il écrivait, avec non moins d'effusion et de tendresse, à Tabbesse Bugga% elle aussi accablée d'épreuves dans le gouvernement de son double mo-
1. Diiectissinrice sorori et jamdudum spirilalis clientel?e propinquitateconnexse... Aureo spiritalis amoris vinculo amplectendre et diviiio :ic virgiiieo caritatis osculo stringendo sorori Eadburgse abbatissîo... (indique labor, undique mœror... Carissimam sororem remunerator reternus... Isetificet .. quœ, sanctorum libroruni munera transmittendo, exulem Germanicum... consoluta est... Qui tenebrosos niigidos (iermanicarum gentium lustrare débet... Epist. 75, 75, éd. .laffé. — ... Ut praestet mihi verbum in apertione oris mei [Ephes., vi, 19); ut currat etclarificetur inter gentes Evangeiium gloripe Chrisli(II Tlifssal., m, 1).
2, Cette Bugga s'appelait aussi Eadburga. Est-ce bien, comme on l'a souvent dit, la- même que la Heaburg cognomento Bugga, qui iigure dans l'intitulé de l'épître 14, éd. Jatïé; 38, éd. Serrarius; 50, éd. Giles? Rien n'est plus douteux, à notre sens; mais la force et le temps nous mancjuent pour discuter cette question d'ailleurs peu importante. Cet usage anglo-saxon de porter deux noms, que nous avons déjà rencontré chez Domneva ou Ermenberga, fondatrice de Minster, chez Winefrid ou Boniface, etc., ajoute à la confusion et à la difliculté, souvent inextricable, des éludes sur les premiers temps de l'Église anglo-saxonne.
nastère, qui avait cherché auprès de lui des consolations, et qui désirait achever sa vie par un pèlerinage à Rome. « A ma hien-aimée dame et à la soeur que j'aime dans l'amour du Christ, mieux que toutes les autres créatures du sexe féminin, le petit Boniface, évêque indigne... Ah! très-chère sœur, depuis que la crainte de Dieu et l'amour des voyages ont mis entre nous tant de terres et tant de mers, j'ai appris de plusieurs quelles tempêtes de tribulations ont assailli votre vieillesse. J'en suis profondément attristé, et j'ai gémi de ce que, après avoir écarté les principales sollicitudes du gouvernement de vos monastères, par amour de la vie contemplative, vous ayez rencontré des croix plus fréquentes et plus douloureuses encore. Or donc, sœur vénérable, plein de compassion pour vos maux, plein aussi du souvenir de vos bienfaits et de notre ancienne amitié, je vous écris pour vous exhorter et vous consoler, comme un frère... Je veux que vous soyez toujours heureuse et joyeuse dans cette espérance dont parle l'apôtre, qui est enfantée par l'épreuve et qui ne trompe jamais. Je veux que vous méprisiez de toutes vos forces les tribulations mondaines, comme les ont toujours méprisées les soldats du Christ de l'un et de l'autre sexe... Au printemps de votre jeunesse, le père et l'amant de votre chaste virginité vous a appelée à lui, avec l'accent irrésistible de l'amour paternel : c'est celui-là même qui, aujourd'hui que vous êtes vieille, veut accroître el
orner la beauté de votre âme par tant de labeurs et d'épreuves. Opposez donc, très-chère, à toutes les souffrances du cœur et du corps le bouclier de la foi et de la patience, afin d'achever dans votre belle vieillesse l'œuvre commencée dans la fleur de votre jeunesse. Cependant, je vous en conjure, souvenezvous toujours de votre ancienne promesse, et ne cessez jamais de prier le Seigneur pour qu'il délivre mon âme de tous ses périls. . . Adieu, et sachez bien ([lie la foi que nous nous sommes jurée l'un A l'aulre ne faillira jamais ^ »
Quant au projet de pèlerinage à Rome, il ne veut seprononcer ni pour ni contre; mais il l'engage à attendre l'avis que lui transmettrait, de Rome même, leur amie commune, une abbesse nommée VVethburga, qui y était allée chercher la paix de la
1. 0 soror carissima, postquam nos timor Christi et amor peregrinationis longa et lata terrarum ac maris intercapedine separavit... Nunc autem... beneficiorum tuorum et antiquarum amicitiarum memor... Epist. 86, éd. Jaffé. — Quia omnes milites Christi utriusqiie sexus tempestates et tribulationes infirmitatesque liujus sœculi despexerunt... Qui pateret amator castse virginitatis tuse, qui te primevo ttMiipore juventutis tuée... Ut quod in bona juventute cœpisti, in scnectute bella ad gloriam Dei perficias... Dominae dilectissimœ et inamore Christi omnibus cteteris feminiiii sexus prœferendfe sorori... Bonifacius exiguus... Fidem antiquam inter nos nunquam deficere scias. Epist. 86, 88, éd. JafCé.
Cette abbesse Bugga, qu'il ne faut pas confondre avec celle dont on a cité un passage plus haut, survécut à Boniface; elle est qualiliée iVhonorabiiis abbatissa dans une lettre de l'archevêque de Cantorbéry au successeur de Boniface (£p. 415, éd. Jaffé). C'est probablement la même qui alla en pèlerinage à Borne, et dont il sera question plus loin.