Cum (lucibus ac ministris luis... MU liiynem Ealdormannum
DE CAxNTORBÉRY. 465
« neige et vente au dehors, un passereau enlre par « une porte et sort à lire-d'aile par l'autre ; pence danl ce rapide trajet, il est à l'abri de la pluie et a des frimas; mais après ce court et doux instant il a disparaît, et de l'hiver il retourne à l'hiver. Telle c( me semble la vie de l'homme, et son cours d'un « moment, entre ce qui la précède et ce qui la suit, c( et dont nous ne savons rien ; si donc la nouvelle « doctrine peut nous en apprendre quelque chose de c( certain, elle mérite d'être suivie '. »
Après beaucoup de discours dans le même sens, car l'assemblée paraît avoir été unanime, le grand prêtre Coïfi tmt une meilleure inspiration que celle de ses premières paroles. Il témoigna le désir d'entendre Paulin parler du Dieu dont il se disait l'envoyé. L'évêque prit la parole, avec la permission du roi. Quand il eut fini, le grand prêtre s'écria : a Dece puis longtemps j'avais compris le néant de ce que ce nous adorions, car plus je m'efforçais d'y chercher ce la vérité, moins je l'y trouvais. Or maintenant ce je déclare tout haut que dans cette prédication je ce vois briller la vérité qui donne la vie, le salut et le ce bonheur éternel. Ainsi donc je vote pour que nous ce livrions sur-le-champ au feu et à la malédiction
imd Thegnum, dit la traduction de Bede faite en anglo-saxon par le roi Alfred.
1. Alius optiniatum régis subdidit ; Talis mihi videtur, rex, vita hominum... qualecum te résidente ad cœnam accenso foco in média et calido effecto cœnaculo. . . adveniens unus passeruni doniuni citissinic pervolaverit... mox dehienieinliienieni regrediens. JJede, II, 13.
c( les autels que nous avons si inutilement consac( Clés \ » Aussitôt le roi déclara publiquement qu'il adhérait à l'évangile prêché par Paulin, qu'il renonçait à l'idolâtrieet qu'il adoptaitla foi du Christ, a Mais qui, » demanda le roi, « voudra le premier « renverser les autels des anciens dieux, et profaner «leurs enceintes sacrées? — Moi, » répondit le grand prêtre ; sur quoi il pria le roi de lui donner des armes et un étalon, pour mieux violer la règle de son ordre, qui lui interdisait le port d'armes et toute autre monture qu'une cavale. Monté sur le cheval du roi, ceint d'une épée, et la lance à la main, il galopa vers les idoles, et à la vue du peuple qui le croyaitfou,iljeta sa lance dans l'intérieur du temple. Le fer profanateur s'enfonça dans le mur ; à la surprise des spectateurs, les dieux se turent et le sacrilège demeura impuni. Alors ils obéirent aux exhortations du grand prêtre, qui leur ordonna d'abaltre le temple et de le brûler'.
Bapt ir.e (Jes clioscs sc passaiciit en la onzième année du
du roi E Iwiii a
^^ règne d'Edwin . Toute la noblesse northumbrienne et
de la noblesse. ^
une grande partie du peuple suivirent l'exemple du roi, qui se fît baptiser solennellement le jour de 12 avril. Pâques (627) par Paulin, à York, dans une église en bois, bâtie à la hâte pendant qu'on le préparaitau bap-
1. Unde suggero, orcx, ulteiiiplaet altaria quœ siiiefructu utililatis sacraviinus ocius anatheniati et igni contra clainus. Bêle, II, 15.
'1 Ille respondit : Ego... Rogavit sibi regem arma dare et equuiii einissarium quem asceiidens... pergebat ad idola. Jl?id. Cf. la version saxonne citée par I.iiigard, T, 30.
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lême ^ Aussitôt après, il lit construire autour de ce sanctuaire improvisé une grande église en pierre qu'il n'eut pas le temps d'achever, mais qui est devenue depuis l'admirable Minsler d'York et la métropole du nord de l'Angleterre. Cette ville d'York avait déjà été célèbre du temps des Romains. L'empereur Sévère et le père de Constantin y étaient morts. Les Northumbriens en avaient fait leur capitale ; et Edwin y constitua le siège de l'épiscopat dont son maître Paulin était revêtu. Ainsi se trouva réalisé le grand dessein de Grégoire qui, trente ans auparavant, dès le début de la mission anglaise, avait prescrit à Augustin d'envoyer un évêque à York et de lui conférer le caractère de métropolitain des douze évêchés suffragants dont il rêvait déjà la fondation dans le nord du pays conquis par les Anglo-Saxons^.
Pendant six années, le roi et l'évêque travaillèrent de concert à la conversion du peuple northumbrien et même de la population anglaise des régions voisines. Les chefs de la noblesse et les principaux serviteurs du roi se firent baptiser les premiers, avec les fils du premier mariage d'Edwin. L'exemple d'un roi était d'ailleurs loin de suffire, chez les Anglo-
1. Accepit rex cum cunctis geiitis siuc nobilibus ac plèbe perpluriiiia fjclein et lavacruin... Ipse doctori et antistiti suo Pauline sedem episcopatus donavit... Baplizatus est ibi sed cl alii nobiles etregiiviri non pauci... Bede, II, 14.
2. Qui tuse subjaceant ditioni... ita duntaxat ut si cadeui civitas cum finitimis locis verbum Del receperit, ipse quoque XII episcopos ordinet, metropolitani honore perfruatur.BEDE, I, 29.
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Saxons, pour déterminer la conversion de tout un peuple, et, pas plus qu'Ethelbert et Augustin, le premier roi chrétien et le premier évèque desNorthumbriens ne songèrent à employer la contrainte. Il leur fallut sans doute plus d'un effort pour surmonter la rudesse, l'ignorance ou l'indifférence des Saxons Leroi Edwin païeus. Mais les cousolatious aussi abondaient, car
et
lévêque Paulin la fcrvcur dc ce pauvre peuple et sa soif du baptême
travaillent , . i • • t. i • ,
de concert étaient souveut prodigicuscs. Paulm étant venu avec le la conversion roi ct la rciuc, qui l'accompagnaient maintes fois pen-
(les
-Northumbriens. daut SCS missious, dans une certaine villa royale, tout à fait au nord, ils durent tous les trois y demeurer trente-six jours de suite, et pendant tout ce temps l'évêque ne faisait autre chose du matin au soir que de catéchiser la foule qui affluait de tous les villages Baptême d'alcutour, puis de la baptiser dans la rivière qui masse coulait tout auprès. A l'extrémité opposée du pays,
par uuiucrsiou. au midi, OU douuc encore de nos jours le nom de Jourdain à une portion du cours de la Derwent, près du vieux gué romain de Malton, en souvenir des nombreux sujets d'Edwin que le missionnaire romain y baptisa \ Partout il baptisait dans les rivières ou dans les fleuves, car le temps manquait pour construire des églises \ Cependant il bâtit auprès du principal palais d'Edwin une église de pierre, dont