‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint BernardChapitre 124 sur 134 · HooK, Lires ofthe Archbishops, p. 53 et · texte numérisé non relu

HooK, Lires ofthe Archbishops, p. 53 et

2. Dilectissimo fralri llonorio Honorius ., Exoranius ut vesiram

el

bienfaits ci VI

d'Ed\vin.

Ce même pape écrivit au roi Edwin [loiir le féliciter de sa conversion, ainsi que de l'ardeur et de la sincérité de sa foi, et pour l'exhorter à beaucoup lire les œuvres de saint Grégoire, qu'il appelle le prédicateur des Anglais et qu'il recommande au roi de prendre pour perpétuel intercesseur auprès de Dieu ^ Mais quand cette lettre arriva en Angleterre, Edwin n'était déjà plus.

Les six années qui s'écoulèrent depuis sa conver- Prospérité sion jusqu'à sa mort comptent assurément parmi les plus glorieuses et les plus heureuses qu'il ait été donné à aucun prince anglo-saxon de connaître. Il plaça rapidement la Northumbrie à la tête de l'Heptarchie. Au midi, son zèle ardent pour la foi qu'il avait embrassée après de si mûres réflexions débordait jusque sur les populations qui, sans être soumises à son autorité directe, appartenaient à la même race que ses sujets. Les Est- Angles ou Anglais

dilectionem in prsedicatione Evangeli laborantem et fructificantem sectantemque magistri et capitis sui sancti Gregorii regulam perpeti slabilitate conlirmet (redemptor)... ut fi de et opère, in timoré Dei et caritate, vestra adquisitio decessorumque vestrorum quœ per Domini Gregorii exordia puUulata convalescendo amplius extendatur... loiiga terrarum marisque intervilla, quse inter nos ac vos obsistunt, ac et nos cdndescendere coegerunt, ut nulla possit ecclesiarum vestrarum jactura per cujuslibel occasionis obtentum quoque modo provenire : sed potius commissi vobis populi devotionem plenius propagare. Ap Bedam,1I, 18.

1. Prsedicatores vestri... Gregorii fréquenter lectione occupati prse oculis affectum doctrinse ipsius, quam pro vestris animabus libenter exercuit, habetote : quatenus ejus oratio, et regnum vestrum populumque augeat, et vos omnipotenli Deo irreprehensibiles repra:>i^eniet.lbid.Al, 17.

Conversion orientaux, comme on l'a vu, lui avaient offert de

des

Est-Angiiens. régner sur eux et il avait refusé. Mais il usa de son ascendant sur le jeune roi, qui lui devait sa couronne, pour le déterminer à embrasser la religion chrétienne avec tout son pays. Eorpwald expiait ainsi l'apostasie de son père, et Edwin payait ainsi la rançon de la généreuse pitié que la royauté est-anglienne avait prodiguée à sa jeunesse et à son exil.

Au nord, il étendit et consolida la domination anglo-saxonne jusqu'à l'isthme qui séparait la Calédonie de la Bretagne. Il a laissé une trace ineffaçable de son règne dans le nom de la forteresse construite par lui sur le rocher qui dominait dès lors l'embouchure du Forth et qui dresse encore ses flancs sombres et alpestres, véritable Acropole du nord barbare, au sein de la grande et pittoresque ville d'Edimbourg (Edicm's burgh).

A l'ouest, il continua, avec moins de férocité qu'Ethelfrid, mais avec non moins de bravoure et de succès, la lutte contre les Bretons de Cambrie ; il les poursuivit jusque dans les îles du détroit qui sépare la Grande-Bretagne de l'Irlande ; il s'empara de Elle de Man et de cette autre île qui avait été le dernier abri des Druides contre la domination romaine, et qui, à partir delà conquête d'Edwin, prit le nom de la race victorieuse des Angles, Angles-ey.

A l'intérieur de ses Etats, il fit régner une paix et une sécurité si inconnue avant et après son règne qu'elle passa en proverbe, car on se disait que, du

DE CANTORBÉIU. 471

temps d'Edwin, une femme avec son enfant nouveau-né aurait pu Iraverser l'Angleterre de la mer d'Irlande à la mer du Nord sans rencontrer quelqu'un qui lui fît le moindre tort. On lui savait gré de ce soin si minutieux du bien-être de ses sujets, qui le portait h faire suspendre auprès des fontaines sur les grands chemins des coupes en cuivre pour que les passants pussent boire à leur aise, sans que personne songeât h les voler, soit par crainte, soit par amour du roi. Aussi personne ne lui reprochait la pompe inusitée qui signalait son cortège, non-seulement quand il allait à la guerre, mais lorsqu'il chevauchait paisiblement à travers les villes et les provinces, en faisant porter au-devant de lui et au milieu des bannières militaires la lance surmontée d'une grande touffe de plumes que les Saxons avaient empruntée aux légions romaines et dont ils avaient fait l'étendard sacré du Bretwalda et le signe de la domination suprême dans leur confédération \

Mais toute cette grandeur et cette prospérité allaient s'engloutir dans une catastrophe subite.

Il y avait d'autres Angles que ceux de Northumbrie et d'Est-Anglie déjà adoucis ou entamés par l'influence chrétienne ; il y avait les Angles de la Mercie, c'est-à-dire de la grande région centralequi s'étendait

1. Sicut usque hodie in proverbio dicitur, etiamsi mulier una cum recens nato parvulo vellet totam perambulare insulam a mari ad mare, nullo se liedente valeret... Erectis stipitibus a'ieos caucos suspend! juberet... liUid genus vexilli quod Romani Tufam, Angli vero 7'wM/"appellant. Bede, II, 10.

Ligue

des

Merciens

païens

et

des Bretons

chréliens

contre

Edwin,

sous l'enda,

65ô-6or),

de l'Humber à la Tamise. Le royaume de Mercie était le dernier Etat né de la conquête anglo-saxonne ; il avait été fondé par ceux des envahisseurs qui. trouvant toutes les places prises sur le littoral oriental et méridional de l'île, s'étaient trouvés contraints de s'enfoncer dans l'intérieur. Il devînt le centre de la résistance païenne et de ses retours offensifs contre la propagande chrétienne qui aura désormais son foyer principal en Northumbrie. Les païens de Mercie trouvèrent un chef formidable dans la personne de Penda, issu de race royale, ou, comme on le croyait alors, du sang d'Odin, et roi lui-même pendant vingtdeux ans, mais enflammé de toutes les passions de la barbarie et surtout dévoré de jalousie contre la fortune d'Edwin et la puissance desNorthumbriens. Depuis la conversion d'Edwin, ces instincts farouches s'étaient renforcés par le fanatisme. Penda et les Merciens restaient fidèles au culte d'Odin dont tous les rois saxons se croyaient les descendants. Edwin et les Northumbriens n'étaient plus à leurs yeux que des traîtres et des apostats. Mais chose plus surprenante, les habitants primitifs de l'île, les Bretons chrétiens, plus nombreux en Mercie que dans tout autre royaume anglo-saxon, partageaient et excitaient la haine des païens saxons contre les néophytes de la même race. Ces vieux chrétiens, on ne saurait assez le redire, toujours exaspérés contre les envahisseurs de leur île, ne tenaient aucun compte de la foi des Angles convertis et ne voulaient à aucun

lilre entrer en communion avec eux\ Les Bretons de Cambrie, restés indépendants, mais toujours menacés, vaincus et humiliés depuis près d'un siècle par Ida, Ethelfrid et Edwin, professaient et nourrissaient leur antipathie avec encore plus de fureur que les au(res\ Leur chef, Ceadwalla ouCadwallon, le et

dernier héros delà race celtique en Bretagne, d'abord vaincu par Edwin et forcé de se réfugier en Irlande et en Armorique", en était revenu avec un redoublement de rage et des auxiliaires de race celtique La

Northumhrie

pour reprendre la lutte contre les Northumbriens. esi

n/ • V p . i|. rv 1 T • envahie,

réussit a taire alliance avec Penda contre 1 ennemi

commun. Sous ces deux chefs, une immense armée,

où les Bretons chrétiens de Cambrie coudoyaient

les païens de Mercie, envahit la Northumhrie. Edwin Edwin

est

les attendait à Hatfield, sur la frontière méridionale ' tué. de son royaume. Il y fut écrasé. Il périt glorieuse- ii octobre ment les armes à la main, à peine âgé de quarantehuit ans, d'une mort qui lui a mérité d'être compté parmi les martyrs *. L'aîné de ses fils périt avec lui ; l'autre, prisonnier de Penda, qui lui avait promis la vie sous serment, fut égorgé par ce parjure. La Northumhrie fut mise à feu et à sang, et la nouvelle chrétienté complètement anéantie. Le plus barbare des persécuteurs ne fut pas l'idolâtre Penda,

Page 1